Après avoir rejeté en bloc les récentes propositions du Chef de la Junte dans un communiqué qui n'est rien d'autre qu'un appel du médecin après la mort, les responsables de Partis politiques doivent d'urgence former un Gouvernement d'union nationale dont la mission sera essentiellement de
1) préparer les élections, mais pour qu’elles soient crédibles, il faut décrocher la C.E.N.I.de la coupe du C.N.D.D, la démembrer afin qu'elle reflète mieux la nouvelle configuration des Partis politiques, et surtout la rendre totalement indépendante du M.A.T.A.P. qui ne sera qu'une structure d'appui logistique et humain,
- démanteler l’appareil à fraudes (gouverneurs, préfets, sous-préfets, présidents de C.R.D. nommés par Lansana Conté, les maires des cinq communes de la capitale offerts à Lansana Conté,
- recenser les Guinéens venus en âge de voter depuis les dernières révisions qui datent de (2005 ?)
- recenser les 5 000 000 de Guinéens de l’Extérieur. Ce Gouvernement d’union nationale, doit exclure tout militaire (sauf la Défense), tout revenant des gouvernements qui avaient contribué à la perpétuation du système antérieur condamné par le peuple en janvier-février.
2) Ce gouvernement mettra en œuvre une politique de mesures urgentes de salut public : desserte en eau, et en électricité, résorption partielle du chômage des jeunes, lutte contre le VIH-sida, les épidémies récurrentes liées justement à ce mal du demi-siècle guinéen, l’absence d’eau potable et d’électricité telles que le choléra, et la fièvre typhoïde.
3) Il doit convoquer une conférence nationale souveraine, calée dans le déroulement d'un nouveau chronogramme, dont émanera l'organe législatif devant lequel sera responsable le futur PM et non devant un président non élu.
Cette conférence nationale n'excédera pas trente jours francs.
L'organe législatif issu de cette conférence, déterminera les conditions minimales de l’établissement de la Vérité bafouée par les deux républiques, sans oublier les récents massacres, ceux de juin 2006 et de janvier février 2007. Vérité sur les crimes de sang et les crimes économiques, quitte à transmettre l’instruction des résolutions, à une commission Justice et vérité, qui poursuivra son travail avec l’Assemblée et le Gouvernement issus des élections.
Est-il besoin de préciser que ces propositions ne seraient compréhensibles qu'en inversant l'ordre des élections, à savoir d'abord les législatives et ensuite les présidentielles ? Le chef de la Junte étant d'office disqualifié, nous aurons affaire à une transition originale, inédite, mais la seule possible dans les circonstances actuelles.
Enfin il y a l'incontournable condition : l'accord consensuel sur un Premier ministre accepté par la grande majorité des forces vives.
Saïdou Nour Bokoum
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