lundi 14 juillet 2008
Bras de fer Importateurs – Veritas : Elhadj Mamadou Sylla joue au sapeur-pompier

Le choix du Bureau Veritas depuis deux mois pour le contrôle et la vérification des marchandises à l’importation suscite en ce moment une véritable levée de bouclier au sein du secteur informel guinéen. D’où l’intervention, aujourd’hui, du président du Patronat, Elhadj Mamadou Sylla afin d’aplanir le différend entre les deux parties.

Après l’expiration du sursis d’un mois accordé par le ministre de l’Economie et des Finances, le Dr Ousmane Doré, avant le démarrage des activités de Veritas et l’échec des travaux de la commission ad hoc mise en place pour pouvoir concilier la position des uns et des autres, les commerçants frondeurs sont loin d’en démordre. Leur détermination ne fléchit guère et ils semblent être résolus à mener le combat jusqu’à la résiliation du contrat de Veritas ou sa mise à l’écart pure et simple de la chaîne du contrôle et de la vérification des marchandises importées. Aujourd’hui, leur lobbying s’appuie sur les bons offices de Elhadj Mamadou Sylla pour conjurer, comme ils le prétendent, le ‘’cataclysme’’ que représenterait l’intervention de Veritas dans les importations. C’est dans cette optique qu’une importante délégation du Conseil National du Patronat Guinéen conduite par son président, a effectué un déplacement au marché Madina ce mardi 8 juillet. En vue de s’approprier des doléances des commerçants, a-t-on par ailleurs indiqué. La rencontre qui a connu une forte mobilisation de Madina, le plus grand centre commercial du pays, a été une occasion pour l’Association du secteur informel de dénoncer ouvertement les effets de certaines mesures récemment imposées à l’importation. Au nombre de ces mesures impopulaires et décriées, leur porte-parole a entre autres, rappelé l’augmentation, depuis le mois de janvier passé, de la taxation douanière de 15% sur toutes les transactions. Selon Mamadou Aliou Bah, « l’inspection intégrale des marchandises envisagée par l’administration grâce aux services du Bureau Véritas est de nature à augmenter les charges et ralentir le volume des activités commerciales ». Parce que, a-t-il justifié, « les valeurs transactionnelles en cours en Asie et celles qui sont pratiquées en Europe ou en Amérique ne sont pas identiques ». A en croire les démonstrations du porte-parole des commerçants,  « les prix tripleront compte tenu de la multiplicité des charges ». Il ajoutera ensuite ce qui suit : « Même si cela peut paraître ambigu pour le consommateur lambda, la désapprobation des services actuels du Bureau Véritas s’inscrit essentiellement dans le cadre de la défense des consommateurs qui ont un revenu très faible ». Pour ces raisons évoquées, le secteur informel, par la voix de son porte-parole, a demandé aux autorités de surseoir au travail de Veritas en attendant que soient redéfinies ses prérogatives. Conscient et parfaitement sensibilisé de l’étouffement qui pèse sur les importateurs, d’une part, et les crises récurrentes que traverse le pays depuis 2 ans et qui vient de se doter d’un nouveau gouvernement devant bénéficier de la traditionnelle période de grâce, de l’autre, le président du patronat, tout en acceptant l’offre de médiation, a exhorté les deux parties à privilégier la voix du dialogue. Pour ce faire, Mamadou Sylla a suggéré aux commerçants de constituer une commission représentative avec laquelle il va travailler afin de pouvoir mieux répercuter leur message auprès des autorités compétentes. Comme on le constate, voilà donc un autre brasier dont le traitement permettra au peuple de pouvoir jauger l’aptitude du Premier ministre et de son cabinet à faire face aux nombreux défis qui les interpellent.

Camara Moro Amara
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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