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La Guinée serait sur le point de déployer un contingent militaire pour renforcer les troupes de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM), dont le mandat va se transformer en force d’imposition de la paix. En vue de débarrasser Mogadiscio de la menace des insurgés islamistes.
Le président de la Commission de l’Union Africaine (UA) Jean Ping a annoncé à la veille de l’ouverture du Sommet des chefs d’Etat africains qui a ouvert ses travaux à Kampala (Ouganda) le samedi dernier, l’envoie prochain d’un contingent militaire guinéen en renfort en Somalie, où les 6000 hommes de l’AMISOM ont du mal à contrer la menace islamiste.
La question de la sécurisation de la Somalie est au cœur des discussions de ce Sommet, occultant même le thème central des travaux qui est axé sur la santé de la « Mère et de l’enfant africain ». La Somalie on le sait est plongée dans une spirale de violences depuis près de deux décennies maintenant et la communauté internationale affiche presque une indifférence à cette situation de chaos dans laquelle vivent les populations civiles, prises entre les feux des milices islamistes radicaux et le gouvernement central qui se disputent le contrôle de la capitale.
Un gouvernement central qui doit sa survie à la présence des troupes déployées par l’Union Africaine. Bien que leur mandat les contraints à ne prendre part au combat qu’en cas d’attaques. Cette force d’interposition a déjà perdu des hommes, victimes de tirs de la part des chabaab. Qui sont lourdement armés, s’illustrant par des attentats meurtriers.
L’AMISOM a été créée en 2007 par l’UA. Elle est composée actuellement de 6000 hommes dont 3500 Ougandais et 2500 Burundais.
Jean Ping voudrait que le mandat de cette force soit modifiée, afin qu’elle puisse imposer la paix en Somalie. Dans la foulée, il est question de déployer des renforts, qui viendront contribuer à combattre les insurgés. La Guinée se dit prête à envoyer un bataillon.
Le président de la Commission de l’UA a fait cette révélation à la veille de l’ouverture du 15e Sommet de l’organisation qui se tient à Kampala depuis le samedi dernier.
Une mission d’experts militaires guinéens se rendra d’abord à Addis-Abeba, pour prendre langue avec l’UA sur le rôle que nos soldats auront à jouer sur le terrain. Puis, cette mission exprimera les besoins nécessitant un tel déploiement, selon Jean Ping.
Après cette étape, le bataillon sera acheminé sur Mogadiscio. « La Guinée qui est prête à nous envoyer immédiatement un contingent, nous devons envoyer d’abord une équipe de militaires guinéens pour un briefing à Addis-Abeba (Ethiopie). Ensuite, ils vont se rendre à Mogadiscio (Somalie) pour voir les conditions dans lesquelles leurs troupes vont travailler. Puis nous leur demanderons leur besoin en terme d’équipements avant de les transporter vers la Somalie », a expliqué Jean Ping.
Cette sollicitation de l’armée guinéenne pour contribuer à pacifier la Somalie est loin d’être un fait du hasard. Il faut noter que le président de la Commission de l’UA était récemment en Guinée. Jean Ping était venu féliciter et encourager le chef de la Transition guinéenne pour le respect des engagements pris et en même temps le dissuader de jeter l’éponge, comme celui-ci menaçait de le faire. Après avoir essuyé de vives critiques de la part de l’UFR, au lendemain de la publication des résultats du premier tour de la présidentielle.
Il ressort ainsi qu’au cours de son audience avec le Général Sékouba Konaté, l’homme en a profité pour demander une participation de la Guinée à la Mission de paix en Somalie.
L’armée guinéenne qui est connue pour avoir pris part à des missions d’interposition et d’imposition de la paix au Liberia et en Sierra Leone va se retrouver cette fois sur un autre terrain, celui des insurgés islamistes Chabaab. Qui sont de véritables bombes humaines, prêtes à exploser à tout moment et partout.
Comme récemment dans la capitale ougandaise, où des attentats ont fait 73 morts. C’était le 11 juillet dernier lors de la finale de la Coupe de monde de football.
Les victimes étaient entrain de suivre la rencontre entre l’Espagne et la Hollande lorsqu’elles ont été la cible des islamistes Al-Chabasb. Qui ont revendiqué ces tueries, perpétrées pour faire payer au pays de Yoweri Museveni, le déploiement d’un important contingent en Somalie.
La Guinée aussi va sans doute se retrouver sur la liste noire de ces fous de Dieu, devenus une menace pour la terre entière.
Samory Keita Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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