jeudi 29 janvier 2009
Bordel humiliant
Mamadou Billo Sy Savané

LA GUINEE ! Attention aux  Affairistes !

Nous avons été informés de l’envoi à Conakry d’une délégation ou d’un envoyé spécial de notre cher « papa » Wade !

S’il s’agit de Pierre Goudiaby ATEPA « le richissime » architecte qui a  navigué de Moboutou à Senghor, Diouf et Wade en passant par Obiang Nguema, nous vous invitons à relire l’article fort opportun, à l’époque publié par notre frère Sy Savane de Rouen, au titre évocateur de « bordel humiliant ». C’était sous Kouyaté. Que Komara se le tienne pour dit et nous espérons que le jeune Barry nouveau ministre d’Etat sera protégé pour éviter d’être avalé par des requins qui ne nagent que dans des eaux troubles.

Nous y veillons, la Guinée s’en sortira sans la « précieuse assistance des conseillers trop spéciaux »  aux multiples facettes.

Comme si la Guinée n’avait pas assez de ces PREDATEURS ?


Rédaction de www.guineeactu.com

Au seuil du nouvel an, j’ai un seul vœu à formuler : que notre Patrie soit débarrassée de cet humiliant « bordel »

Première partie : Un PM inconstitutionnel, procureur de son «président « élu ».

La Guinée-Conakry est un drôle de pays. Mais d’une drôlerie triste, humiliante et suicidaire. Il y a à peine douze mois, le pays dans sa totalité, s’insurgeait contre un pouvoir ILLÉGITIME, IMMORAL et ILLÉGAL.

Les causes de l’insurrection ?

La misère organisée comme mode de gouvernement et l’illégitimité du général Président autoproclamé.

Le but de l’insurrection ?

-– Le départ de Lansana Conté, la fin de son régime, et la mise à l’écart du système Pdgiste et de ses héritiers, toutes générations confondues.

Le pays, notamment la Jeunesse avait une claire vision de ce que doit être un Etat Digne, s’il était dirigé par une équipe de Patriotes déterminés, compétents, respectés parce que respectables. L’objectif était donc clairement identifié. La Victoire du mouvement populaire était à portée de mains, même si un prétendu « conseiller » en communication de Lansana Conté enfourchait déjà la théorie de « conspiration étrangère », thème éculé, si abondamment utilisé par Sékou Touré par le passé, pour commettre ses ignobles crimes.

Les Dignitaires gouvernementaux, tous fils spirituels du P.D.G. (quand ils n’étaient pas les alliés, ou enfants naturels de Sékou Touré), réalisaient enfin, que le pouvoir tyrannique et corrompu avait peut être épuisé ses dernières ressources, en terme de capacité d’intimidation et d’exaction. D’où, selon moi, le recours à certains « syndicalistes» administrativement proclamés « leaders » syndicaux. Surprenant dans un pays où le salariat est tout à fait marginal, presque inexistant. Le manque de visibilité offensive et déterminée d’hommes politiques vigoureux sur le terrain, a rendu possible le détournement de sens du mouvement populaire.

Des « syndicalistes » salariés par le gouvernement pouvaient alors, sans difficulté, s’auto-désigner représentants du peuple. L’insurrection générale est récupérée, vidée de son sens. C’est alors que le but initial du mouvement populaire change de nature. À l’insu de la Jeunesse, quelques « syndicalistes » très perméables à la moindre douceur monétaire en euros ou dollars, intronisés par la famille du général autodésigné, substituent l’objectif fondamental de destitution de Lansana Conté, à la nomination d’un Premier ministre. Il en sortira Lansinè Kouyaté, d’ailleurs choisi depuis fort longtemps par Mme Henriette Conté. Ironie de l’histoire : M. Kouyaté dont l’incompétence est désormais avérée, s’active maintenant à discréditer son employeur. Selon lui, M. Lansana Conté aurait falsifié le décret de restructuration des différents départements ministériels. Au fond, il prétend remettre en cause celui dont il tient sa fonction, au demeurant inconstitutionnelle. Un PM illégal qui se fait procureur de son Président « élu ». La Guinée est un drôle de pays. Comprenne qui pourra !

À ce sujet, qu’on se rappelle les proclamations « d’amitiés » pour Mme Henriette Conté, claironnées ici ou là, par tel ou tel « syndicaliste ». Comme si cette amitié devait prévaloir sur la vie de centaines de jeunes Guinéens assassinés par Mr. Lansana Conté. Nos compatriotes se demandent encore aujourd’hui, par quelle opération du Saint-Esprit cette dame a-t-elle été transformée en « institution républicaine » autorisée à négocier. Quoi qu’il en soit, M. Lansinè Kouyaté en a été l’heureux bénéficiaire et la Jeunesse, la malheureuse victime, comme d’habitude.

Pourtant, éluder la question du renvoi de M. Lansana Conté équivaut à sacrifier la vie de deux générations de Guinéens. Si le général autodésigné peut aller jusqu’au bout d’un mandat que le pays ne lui a jamais donné, alors, dans le futur, tous les autres aventuriers de son extraction, peuvent s’autoriser à s’emparer du pouvoir et à s’y maintenir par tous les moyens. C’est très exactement la Zaïrisation du pays que Lansana Conté prépare subrepticement. D’après nos estimations (à mes amis et moi-même), chaque année passée au pouvoir par le général autodésigné, équivaut à cinq ou six ans de retard pour le pays, sur tous les plans. Quand on est attaché à la Terre de ses Ancêtres, on ne peut pas se résigner à cela. Je ne m’y résigne pas. J’ai la certitude de n’être pas seul dans cette disposition d’esprit.

2e Partie : les relations d’affaires douteuses de M. Kouyaté

Il n’est pas utile de revenir sur les conditions financières et politiques du surgissement de notre fameux PM. Je m’en suis souvent et longuement expliqué, sans jamais être démenti ni par M. Kouyaté, ni par le clan Lansana Conté.

En auront-ils un jour le courage ?

Je l’espère, même si j’en doute. Pourtant, ce serait pour l’un et l’autre, l’occasion de me confondre.

La saisiront-ils ?

En ce qui me concerne, je continuerai de me battre sur les faits et principes.

D’abord sur les faits actuels.

Voilà presque deux mois que le PM est parti de notre pays. Ses incessants périples dont on ignore l’utilité pour la Guinée, le conduisent invariablement aux mêmes endroits : la Libye de M. Khadafi et le golfe arabe pétrolier. Si d’aventure il se rend dans un pays Noir Africain, au Sénégal par exemple, c’est juste pour y confier l’organisation de « son cinquantenaire » à un homme d’affaires, -Pierre Goudiaby Atépa et son Groupe-, poursuivi par l’Etat Sénégalais pour Escroquerie, Détournement de biens publics et Corruption. Cette nouvelle accointance financière de Mr. Lansinè Kouyaté avec un Groupe sulfureux comme ATEPA est incongrue, mais pas fortuite. M. Pierre Goudiaby Atépa est en délicatesse avec la justice de son pays, le Sénégal, dont les juges ne sont pas tous forcément corrompus ou corruptibles.

Son nouvel allié d’affaires ne peut exclure la probabilité d’une lourde condamnation financière et peut être même doublée d’une peine de prison. On peut donc facilement imaginer que M. GOUDIABY cherche à se constituer une provision au cas fort probable où la justice de son pays aurait la main lourde. La Guinée est justement le pays des ministres corrompus comme le premier d’entre eux, dirigé par un gouvernement illégitime, incompétent et dispendieux, peu regardant sur l’utilisation des maigres ressources de la nation. Il suffit de donner une petite bicoque aux Almadies (DAKARl) à un ministre de Lansana Conté, pour qu’il vous livre immédiatement les ressources de son pays pour des dizaines d’années.

Le Groupe ATEPA le sait, puisqu’il est poursuivi dans son pays, entre autre pour ce motif. D’autre part, le F.M.I. (Fonds monétaire International) vient de mettre à la disposition de M. Kouyaté quelques dizaines de millions de dollars. Cette somme est presque à sa discrétion. Lui et quelques ministres peuvent en faire ce qu’ils veulent. A condition de ne pas ignorer l’insatiable appétit monétaire du président autoproclamé.

Nous sommes ici dans une situation tout à fait singulière. La célébration du cinquantenaire de l’accession de notre pays à la souveraineté internationale dont on confie l’organisation à un entrepreneur étranger, de surcroît suspecté de fraudes dans son pays, mais peut être aussi ailleurs.

Question : le cinquantenaire est-il un spectacle ou moment de réflexion collective sur le passé récent des deux régimes qui se sont partagés le pouvoir dans notre pays ?

En quoi M. Pierre Goudiaby ATEPA et son Groupe sont-ils plus aptes à organiser le cinquantenaire de notre pays que nous-mêmes ?

est-il plus intéressé à l’histoire de ma Patrie que moi-même, ou que l’instituteur de Boulivel, de Lola ou de Bissikrima ?

Au fond, pour M. KOUYATE, les Guinéens seraient-ils les moins aptes à parler de leur Patrie ?

Il y a là un « mystère » que le PM et son gouvernement devraient nous expliquer.

Sur les principes :

Parlant de gouvernement illégal et illégitime, certains de nos compatriotes parfois sincères, me trouvent intransigeant avec le régime de Lansana Conté. Soit. Dans le Jeune Afrique N°2450-2451 du 23 décembre (2007) au 5janvier (2008), dans l’une des 30 pages qu’il a achetées pour sa gloire personnelle, M. Kouyaté répond à une question concernant ses relations avec son employeur. Question : « Le chef de l’Etat semble disposé à coopérer avec votre gouvernement. Comment faites-vous pour le convaincre ? ».

Réponse du PM « Si méthode il y a, elle repose sur la patience, le respect des institutions… ».

Voilà. Le respect des institutions. C’est le problème que M. Kouyaté ne perçoit pas.

La fonction même de premier ministre est inconstitutionnelle. Ce n’est pas non plus une institution. Elle ne figure dans un aucun texte fondamental régissant la vie publique guinéenne. Il s’agit d’une simple tolérance que par ignorance ou incompétence, M. Kouyaté confond avec une institution. Une institution ne peut pas être « instituée » par une personne, fût-ell e président de la république. Une institution est une œuvre collective. On en montre d’abord la pertinence, on débat ensuite de son utilité et enfin on l’inscrit dans la règle fondamentale commune, non susceptible de falsification. Il ne s’agit pas ici de juridisme que notre fameux PM semble abhorrer. On le comprend, vu le « mystère » de son intronisation et sa promptitude à piétiner la parole donnée. Voir la feuille de route. Il s’agit de crédibilité et d’efficacité.

Pourtant, il nous faut nous y faire. Pas de crédibilité sans respect de la parole donnée. Pas de pouvoir légitime, ni légal sans institution acceptée par tous et respectée par ceux qui sont au pouvoir. Pas d’Etat de Droit sans légitimité. On peut organiser, ici ou là, des forums aussi ruineux qu’inutiles sur le « développement » de la Guinée. Les possibles investisseurs sérieux savent que d’un point de vue économique, seul un Etat de Droit vrai, donc légitime, peut garantir des investissements développeurs, c’est-à-dire profitables pour les apporteurs de capitaux et le pays d’accueil. Il n’y a pas de Premier ministre, ni chef de gouvernement. Il y a un chef de bande dont le comportement est discutable. Et le fait que, une situation d’illégalité se poursuive ne la transforme pas en une situation légalement acceptable. Une tolérance n’est pas une légalité. La fonction de premier ministre est un e tolérance qui ne se justifie plus. Car, il faut bien l’admettre, c’est devenu un outil d’enrichissement pour MM. Kouyaté et Lansana Conté.

On peut imaginer que le PM voue un respect illimité pour le « Président » de la Cour Suprême. Pour une raison simple : le président de la Cour suprême est juridiquement illégal et moralement illégitime. Ce qui le rapproche du PM. D’où son admiration.

Sur le plan juridique : le président de la Cour Suprême doit être un magistrat. Son président actuel n’a jamais été magistrat, ni en Guinée, ni ailleurs. C’est un avocat. En tant que juriste, il aurait dû faire comprendre à son employeur que magistrat et avocat, ce n’est pas tout à fait la même chose.

Quelle légalité Monsieur le Président de la Cour Suprême peut-il faire respecter quand il est lui-même dans une monstrueuse illégalité ? Monsieur le PM considère-t-il que c’est de cette façon qu’il respecte les institutions ?

Sur le plan de l’éthique : l’actuel président de la cour Suprême a d’abord été le premier à occuper cette fonction à la création de son institution. Il y a rendu de grands services à Lansana Conté en avalisant les résultats d’élections arrangées au profit de ce dernier. Il sera récompensé par une nomination au poste de Premier ministre en 1998. A ce poste, il se comportera en serpillière à la grande satisfaction de son bienfaiteur. Le pays en sortira exsangue. Mais lui sera encore récompensé par un retour à la présidence de la Cour Suprême. Il s’y précipitera. Il n’est guère torturé par sa conscience. La crédibilité de son institution n’est pas son affaire. Pourtant, Mr. Lamine SIDIME, puisqu’il s’agit de lui, est un juriste ( que je ne suis pas). Question : la Cour Suprême, en principe, c’est l’instance qui, par son aval, rend légal le résultat d’une consultation électorale, entre autres tâches.

Qui peut un seul instant imaginer que son président, plusieurs fois obligé de Lansana Conté, rende une décision défavorable à celui qui reste son bienfaiteur ? Mr. le Président de la Cour Suprême a-t-il entendu une seule fois de sa vie, parler de Probité intellectuelle ?

D’un point de vue morale, Monsieur le premier ministre pense-t-il que c’est la meilleure manière de respecter les institutions ?

Au seuil du nouvel an, j’ai un seul vœu à formuler : que notre Patrie soit débarrassée de cet humiliant « bordel »

Mamadou Billo Sy Savané (France)

2.1.2008

Source : Guineaforum
partenaire de
www.guineeactu.com


 


 



 

Retour     Imprimer cet article.    

Vos commentaires
KOUROUMA, mardi 3 février 2009
Dans le cas d`espece il parle de Mouboutou.bien que il a fait allusion à plusieurs dictateurs.Les pages 243,244,245,et 246,il parle de l`architecte sénegalais TAPA GABY pourvoyeur de feticheurs et marabouts à Mouboutou.C`est exactement cela.Qui peut etre ce senegalais?TAPA GABY??suivez mon regards.Alors que DADIS FASSE GAFFE
Moussa Konate @ Toronto, Canada, mardi 3 février 2009
M Kourouma, j`ai fait une autre lecture de "En attendant le vote des betes sauvages" de A Kourouma. Au lieu d`y voir Mobutu, j`ai plutot pensé qu`il etait question de Eyadema, ce que je crois toujours. Je ne polemique pas mais j`aurai souhaité quelques temoignages de ceux qui l`auraient "devoré" puisqu`à mon avis, il est un chef d`oeuvre. Merci
kOUROUMA, dimanche 1 février 2009
Pour parler vrai,Savané est un patriote.Tout ce qu`il écrit est fondé et juste.Si vous voulez en savoir sur Goudiaby ATEPA,lisez le roman de Amadou Kourouma,"en attendant le vote des betes sauvages"il décrit clairement ATEPA aux cotés de Mobutu comme un affairiste utilisant des fétiches pour envouter mobutu et le rouler.Il n`est pas un homme d`affaires mais un homme de coups bas!
Lamine Sylla, samedi 31 janvier 2009
Monsieur Savané que le bon dieu vous protège, la jeunesse guinéenne vous aime

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
© Tous droits réservés guineeActu.com 2011