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Bienvenue aux instances de décision
« Oh l’Amour d’une mère. Amour que nul n’oublie
Pain merveilleux que Dieu partage et multiplie
Table toujours servie au paternel foyer
Chacun en a sa part et tous l’ont tout entier »
Une paix durable dans notre chère Guinée ne peut s'instaurer aussi longtemps que quand les habitants de cette portion de la planète resteront figés, comme ils le sont aujourd'hui, dans une fraternité qui ne dépasse pas les frontières de l'ethnie, de la famille, du clan, ou d'une communauté liée à la culture, à la langue, à la religion, au parti politique…, etc.
Pour arriver à une paix durable, il faut que la fraternité devienne nationale, c'est-à-dire œuvre à l'avènement d'une société dans laquelle, l'Autre, c'est-à-dire toute personne ou tout groupe humain qui est localisé au-delà des frontières du groupe humain auquel chacun de nous appartient, sera traité comme un égal en dignité et en droits. Je veux montrer que dans cette démarche, encore peu répandue, vers une paix durable les femmes ont une longueur d'avance sur les hommes.
Le cœur d'une mère est un abîme au fond duquel se trouve le PARDON.
Les grandes enquêtes d'opinion publique réalisées depuis plus de 50 ans révèlent que, partout, dans le monde, où les femmes ont atteint un certain niveau d'éducation, elles sont beaucoup moins favorables que les hommes au règlement des conflits par la violence, aux productions et aux ventes d'armes et qu'elles estiment plus souvent qu’à ces derniers, il serait préférable de consacrer l’argent dépensé à la santé et à l'éducation. "
Appeler les femmes (le sexe faible) est une diffamation. C'est l'injustice de l'homme envers la femme. Si la non-violence est la loi de l'humanité, l’avenir appartient aux femmes". Mohandas Karamchand Mahatma Ghandi Ce gender gap (fossé entre les genres) dans les attitudes des femmes sur les hommes se retrouve dans les comportements des femmes qui révèlent que leur sensibilité (aux maux de la société) est plus développée que chez les hommes. Car non seulement, elles pensent plus souvent que la violence ne résoudra rien, mais aussi elles œuvrent plus souvent collectivement plus que les hommes pour une solution négociée en cas de conflits ou pour des mesures préventives de la guerre.
Le gender gap dans le domaine de la violence ne renvoie pas à la biologie, mais à la société et à la socialisation différentielle des garçons et des filles, des hommes et des femmes adultes. Jacques Monod, prix Nobel, l'a proclamé " il n'y a pas de gène qui détermine les hommes à être violents".
En cas de conflit déclaré, les femmes se sont toujours mobilisées collectivement plus souvent et plus durablement que les hommes pour prôner la négociation à la place de la violence. De la première grande guerre jusqu'aujourd'hui, les exemples sont innombrables.
• Ainsi en 1917 les femmes avocates, juristes, médecins et professeurs des pays en guerre ont organisé un grand Congrès à la Haye où elles ont demandé l'arrêt de la guerre et la négociation et envoyé des " ambassadrices de la paix" dans tous les Etats belligérants. Les hommes n'en ont pas fait autant, même si des voix célèbres se sont élevées contre la boucherie effroyable de la guerre 1914-1918.
• Plus récemment les "Femmes en noir" israéliennes et serbes se sont réunies toutes les semaines respectivement dans les rues de Jérusalem et de Belgrade avec les femmes qu'on leur présentait comme leurs "ennemies" pour demander avec elles la fin de la guerre et des violences en accordant satisfaction aux justes revendications des minorités opprimées. …
Souvent plus que les hommes, elles rejettent le slogan " si vis pacem para bellum " (si tu veux la paix, prépare la guerre). Elles ont montré, au contraire, que ce slogan était trompeur et conduisait à la guerre et qu'il fallait le remplacer par cette sentence : " si vis pacem para pacem" (si tu veux la paix, prépare la paix) en instaurant la justice entre les peuples et les groupes humains que leurs dirigeants jettent les uns contre les autres. Ce faisant, elles révèlent que la paix se bâtit avant tout sur la prévention par la justice, car après le début des violences de la guerre, il est difficile de les arrêter.
Qu'est-ce d'ailleurs que la prévention sinon l'application du principe de précaution ?
Les femmes ne sont ni meilleures, ni pires que les hommes, simplement, elles sont les seules à avoir bâti des mouvements sociaux, comme le mouvement féministe du 27 Août 1977, sans jamais recourir à la violence militaire ou armée pour obtenir satisfaction.
Ce mouvement des femmes du marché Mballia (communément appelé Madina), n'a-t-elle pas fait changer d'avis au gouvernement le plus coriace de l'histoire de la Guinée, à adopter des réformes visant à libéraliser l'économie?
Pour la petite histoire : « En 1975, le Président AST a prohibé tout commerce privé. En réaction au décret prévoyant que tous les produits agricoles soient livrés par des coopératives d'État, les femmes formèrent des comités pour mobiliser la population contre la cherté des produits alimentaires et l'instabilité économique.
C’est d’ailleurs, cette mesure qui a été à l'origine de la révolte des femmes du marché de Madina.
Confronté à cette révolte des femmes, plutôt enclines à l'appuyer dans le passé, le Président légalise le petit commerce en 1977.
La révolte des femmes à l’époque a marqué à cet égard un tournant pour le régime en ce qui avait trait au rôle joué par l'État dans l'économie. »
Au secours Femmes de Guinée !
Levez-vous et aidez nous, pour mettre notre chère patrie à l’abri de ce qui la guette: la dégradation. Comme le disait Balzac: « Qui peut faire appel au cœur des hommes avec plus d'efficacité que la femme ? »
Certes, il y a eu aussi des hommes qui ont refusé de bâtir la paix sur l'injustice, et sur l'impunité en Guinée. Il y en a encore, mais ce sont généralement des voix isolées. Ils n'ont pas aussi souvent comme les femmes, formé des mouvements et conduit des actions collectives avec succès.
Ce faisant, les femmes contribuent plus que les hommes à la création d'une paix durable et non pas éphémère.
Une conclusion pratique s'imposerait :
Ne peut-on pas commencer dès maintenant à exiger que les femmes soient, à parité, présentes avec les hommes à toutes les tables de négociation pour la paix ?
Puisque les femmes représentent un potentiel plus grand que les hommes pour l'avènement d'une paix durable, ne conviendrait-il pas de leur donner la priorité dans toutes les instances de décisions, politiques nationales, où elles pourraient actualiser ce potentiel, à défaut, de leur céder le fauteuil? (L’hymne de Wassolon)
Pourquoi pas, si la lumière peut venir de leur côté ?
A travers vous, je souhaite Bonne fête à toutes les mères de la planète.
Abass Pablo BANGOURA
Pour www.guineeactu.com
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