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En récupérant, le 11 mars, la convention dont bénéficiait son concurrent Necotrans /Getma depuis 2008 (LC n°608), Bolloré n'a pas seulement obtenu la gestion du terminal à conteneurs du Port autonome de Conakry (PAC). Il met la main sur quasiment tout le port ! Selon les informations de La Lettre du Continent, le nouveau contrat de concession de 64 pages que le groupe français s'apprête à signer avec les autorités guinéennes lui attribue la gestion et l'extension du terminal à conteneurs, qui était le périmètre de la convention de Necotrans. Mais il lui accorde également la gestion du terminal conventionnel, l'aménagement de la zone d'extension, de la plateforme de stockage et d'un port sec de 100 000 m2.
Pendant les 25 années que doit durer cette convention, Bolloré déclinera ses investissements en trois phases : un "plan d'urgence", un "plan d'amélioration et de productivité" et un "plan de développement ultérieur". La première vise à porter la capacité annuelle du terminal à conteneurs et de la plateforme de stockage à 480 000 EVP (conteneur équivalent à vingt pieds en volume) d'ici à 2013 tout en procédant à un rallongement de 300 mètres de ce quai. Un projet qui ressemble à s'y méprendre à celui de Necotrans. Les projections de volume passeront ensuite à 720 000 EVP/an sur la période 2014-2026 puis à 1,2 million au terme de la convention (2027-2035). Au coût de la manutention d'un conteneur de 20 EVP (entre 30 et 180 €), c'est le jackpot pour Bolloré !
Il y a toutefois plusieurs subtilités dans le texte. Sur l'ensemble de cette période, l'investissement programmé est de 460 millions €, mais plus de la moitié de cette somme, soit 240 millions €, ne sera débloquée qu'à partir de la troisième phase. Soit en 2027, dans 16 ans. Autre détail : ce montant ne pourra être engagé que si le trafic atteint 600 000 EVP/an durant deux années consécutives. Enfin, Bolloré ne dit rien sur la manière dont il va procéder pour faire bondir le volume de fret à de tels sommets. A moins de détourner du fret d'Abidjan ou de sérieusement concurrencer DP World à Dakar. Il n'est pas inutile de rappeler que le port de Conakry tourne actuellement péniblement à 120 000 EVP…
Source : La Lettre du continent
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