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Le Conseil national de la transition (CNT) connait un dysfonctionnement depuis l’avènement du nouveau pouvoir. Les membres du CNT qui, pourtant, auraient été gratifiés chacun d’un bonus de 300 millions de francs guinéens, ont complètement relâché. Le taux d’absentéisme élevé au sein de la structure ne permet même plus l’adoption des lois.
Que se passe-t-il au Conseil national de la transition (CNT) ? C’est là une question que se posent de nombreux observateurs, à cause de l’anarchie qui règne au sein de cet organe législatif, mis en place durant la transition, pour remplacer l’assemblée nationale dissoute par la défunte junte. En effet, la présidente du CNT a quasiment perdu la main et ne semble avoir aucune maîtrise de la situation au CNT. Les 159 membres de la structure se comportant comme bon leur semblent. Sinon comment comprendre que depuis plus d’un mois, le CNT soit incapable de siéger en vue d’adopter les lois. Tâche à laquelle elle a été commise. Les membres du conseil qui touchent pourtant des salaires mirobolants, d’autant qu’ils sont plus élevés que la moyenne attribuée aux fonctionnaires de l’administration publique, préfèrent briller par leur absence. Et le quorum n’étant jamais atteint au cours des différentes plénières, aucune loi ne peut dans ce cas être adoptée. Jusqu’à quand ce jeu va-t-il encore durer ? Et à qui profite ce dysfonctionnement ? Ce sont là aussi des questions qui surgissent quand on lorgne du côté du CNT.
En tout cas, Rabiatou Sérah Diallo a perdu le contrôle du navire. C’est le moins qu’on puisse écrire. Chose qui ne dérange nullement le gouvernement. Certaines mauvaises langues disent d’ailleurs que cette pagaille ferait plutôt son affaire. Car le fait que le CNT ait toujours sur son bureau ‘’l’adoption de la loi sur la nomination aux emplois civils par le président de la République telle que prévue par la Constitution’’ par exemple, sans qu’il ne puisse y apporter une réponse concrète, n’empêche pas que des hauts fonctionnaires soient nommés au fil des jours. Toute cette situation conforte ceux qui pensent que c’est bien le pouvoir qui tire les ficelles de cette impasse.
Ceux-ci accusant le gouvernement Alpha de ne pas reconnaître la légitimité du CNT. Alors que cet organe a été mis en place pour combler le vide crée par la suspension de l’assemblée nationale au lendemain du putsch de Dadis Camara. Une source proche de l’alliance Arc-en-ciel rappelle que cette méfiance du nouveau régime à l’égard du CNT, repose sur les graves soupçons qui pesaient sur Rabiatou Sérah Diallo, à propos de liens supposés avec le challenger d’Alpha Condé. Même si Rabi s’était gardée d’afficher publiquement sa préférence pour l’un ou l’autre candidat. Ce qui revient à dire que son accointance avec Dalein ne repose en réalité que sur des soupçons. « Mais cela a suffi pour qu’elle se fasse griller auprès du président élu », commente un leader politique, bien au fait des réalités du palais.
Face au blocage qui mine le fonctionnement du CNT, il ne serait pas exagéré de dire que cette institution est aujourd’hui en sursis. C’est dire qu’à l’allure où vont les choses, le salut de la République viendra forcément de la tenue dans les délais requis des élections législatives. Afin de ne pas laisser le pouvoir exécutif seul maitre à bord. Vu que la justice flanche, elle aussi.
LB Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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