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Au département de l’Economie et des Finances, on assiste à une querelle de leadership qui ne dit pas son nom entre Kerfalla Yansané et Mohamed Diaré, son ministre délégué au Budget. Une situation qui pourrait affecter l’harmonie au sein du ministère.
La création des postes de ministres délégués au sein de certains départements risque d’avoir un impact négatif sur le fonctionnement de l’appareil gouvernemental, à cause des querelles de compétences que cela engendre. Il y a déjà eu un précédent en la matière avec le général Mamadouba Toto Camara, ministre de la Sécurité et de la protection civile, qui avait menacé de jeter le tablier. Ayant été offusqué par les prérogatives accordées au ministre délégué de la Sécurité Mouramany Cissé, auprès de qui, il passait dorénavant pour un paria. Il a fallu que l’ancien 1er vice-président du CNDD tape du poing sur la table pour que le président l’élève au rang de ministre d’Etat chargé de la Sécurité. Ce n’est qu’à ce prix que ce différend fut enterré.
A présent, c’est au ministère de l’Economie et des finances que les choses sont en train de se corser entre Kerfalla Yansané et Mohamed Diaré. Le premier est le grand argentier du pays et le second est ministre délégué chargé du Budget. Mais, des sources proches du département révèlent que M. Diaré et son entourage seraient en train de concocter un projet de décret définissant ses attributions. Ils n’attendraient plus que l’aval du président pour la signature. Si ce projet était validé, il ne resterait à Kerfalla que la direction de la dette à gérer. Car il serait complètement dépouillé de toutes ses prérogatives. Certains observateurs craignent qu’une telle décision ne vienne remettre en cause les nouvelles orientations que s’est fixées le ministre des Finances, pour sortir le pays de l’abîme. Quand on sait que les nouvelles autorités ont hérité d’une situation économique catastrophique avec 9 mille milliards de francs guinéens de dépenses publiques. Tenez-vous bien, cette dette qui était de 5 mille milliards de francs guinéens en 2009 a atteint les 9 mille milliards de francs guinéens en 2010.
L’Etat guinéen qui vit au-dessus de ses moyens, ne pouvait laisser meilleure performance en terme économique. Kerfalla Yansané était certes le chef du département des Finances durant la transition, mais il n’a pas pu résister à la boulimie des militaires. Etant au fait de cette situation, Alpha Condé a décidé de lui donner une seconde chance, pour redresser nos finances. A lui de la mériter à présent. Mais encore faudrait-il qu’il ait les coudées franches. Sans quoi ses efforts ne seront qu’une sorte de tonneau des Danaïdes.
Kadiatou Barry Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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