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A l’heure des partis politiques ‘’champignons’’, l’idéal serait que certains leaders politiques fassent violence à leur ego et acceptent de rentrer en alliances objectives pour l’intérêt supérieur de la Nation. Avant de continuer avec ma ’’ plaidoirie’’, convenons de raisonner avec un esprit de ‘’fatalistes’’ et en ‘’bons’’ croyants en acceptant que nous ne pouvons rien contre notre destin : ne deviendra président de la république que celui/celle qui le sera destiné ! Puis raffinons la démarche en rajoutant que la Guinée a besoin de talentueux hommes politiques –si possible- et surtout quelque peu expérimentés dans la gestion des affaires de l’Etat. Ce, pour la simple raison que nous avons trop de retard et des problèmes socio-économiques complexes pour donner du temps à un novice pour savoir ce qu’il faut et comment faire faire les choses (l’exécution et l’application des décisions ). Ces postulats posés et acceptés, nous (avec des amis) pensons que MM. Sidya, Cellou et Fall constitueraient une des meilleures équipes – la ‘’dream team’’– pour affronter les challenges/défis auxquels la Guinée est confrontée. Nonobstant, les qualités d’autres leaders mais pas assez connus encore (pour confirmer), ces trois anciens premiers ministres qui ont chacun marqué à sa manière son passage au gouvernement ont certes des faiblesses mais leur complémentarité transcenderait les objections de nombreux critiques et opposés.
M. Sidya a démontré, en 1996, en moins de 6 mois qu’avec de la compétence et de la méthode, la Guinée pouvait être remise au travail, les réseaux d’eau et d’électricité réhabilités pour parer au plus pressé et surtout créer une atmosphère propice aux affaires. Il a certainement les compétences nécessaires et encore l’expérience acquise en Côte d’Ivoire auprès d’Alassane Ouattara qui a rétabli les grands équilibres macro-économiques et un début de relance.
M. Cellou Dalein, issu du sérail comme M. Fall, ayant servi les deux républiques en grimpant tous les échelons jusqu’à PM, est sans doute parmi ceux qui connaissent le mieux le Pays et les Guinéens. Parlant leur langage et connaissant leur psychisme, il serait en mesure de faire passer et appliquer les réformes indispensables de façon optimale. Bien que son caractère/attitude flegmatique – ‘’à la britannique’’ – ne soit pas à son avantage, il a fait montre de sérénité et de patience face aux assauts successifs du système Conté, maintenant endossé par le CNDD et notre Dadis national. Il n’a pas paniqué et a fait comme le roseau qui ne casse pas sous les rafales de vent mais se courbe pour se redresser après – même si cette stratégie est impopulaire. On pourrait parler dans son cas de ‘’force tranquille’’ et c’est aussi, malgré tout, une forme de leadership ‘’froid’’.
M. Fall quant à lui, a voulu dès le début de sa nomination imposer une ‘’lettre de mission’’ à chaque ministre qui ferait que chaque membre du gouvernement serait personnellement responsable de ses échecs ou réussite et par la même occasion s’affirmer comme le chef d’équipe : en fait, une feuille de route pour le redressement du Pays. N’ayant pu faire appliquer sa rigueur avec l’appui de notre Général (le vrai artisan des pagailles gouvernementales et militaires), il a eu le courage de démissionner. Et oui ! Quelles que soient les raisons (rumeurs), il a fait ce qu’aucun Guinéen (malheureusement pour eux, ni Sidya ni Cellou Dalein) n’a osé faire jusqu’à nos jours ! Il a fait montre de leadership et qu’il y a une vie sans (hors) le gouvernement. Quoi qu’on dise, M. Fall est à saluer pour cet acte honorable et digne : beaucoup auraient préféré jouer les ‘’prolongations’’ jusqu’ à l’humiliation, inévitable avec Conté. Sa connaissance pratique du système des Nations Unies et sa carrière de diplomate sont des atouts pour la potentielle équipe.
Ces trois personnes à part avoir déjà dirigé la Guinée, ont travaillé ensemble au sein d’un même gouvernement : Sidya et Cellou ; Cellou et Fall (si je ne m’abuse). Elles se connaissent suffisamment (même si elles ne s’apprécient pas forcément) pour s’allier objectivement dans l’intérêt du Pays tant les candidats sont pléthoriques au point de ressembler à une farce (du CNDD). La dispersion des voix pourrait nuire/désavantager ceux qui peuvent vraiment apporter le progrès et le développement en Guinée. Ce risque est non négligeable dans un pays où la majorité vote avec le ‘’cœur’’ et des préjugés (rumeurs sans preuves), plutôt que la ‘’tête’’ (choix et raisonnement objectifs). Des trois, qui serait le candidat aux présidentielles dépendrait de leur amour pour le Pays (s’effacer modestement face au plus capable), la conviction de leurs valeurs intrinsèques qui s’imposeraient sur celles des deux autres et surtout leur habilité à convaincre leur électorat de les suivre dans leur choix tactique (ce sera le plus difficile à faire accepter !). Eventuellement, les législatives avant la présidentielle serait aussi un bon moyen de marchandage : chacun sachant son poids électoral. Les deux autres serviraient dans le gouvernement en tant que premier ministre et ministre d’Etat ; ou alors à l’Assemblée Nationale comme président s’ils ont la majorité requise. Bien que l’on puisse servir valablement son pays à d’autres niveaux que la magistrature suprême, il est regrettable que tout le monde veuille être à tout prix ‘’le Président de la République’’ !
Cela dit, néanmoins il serait très souhaitable que l’Assemblée Nationale soit majoritairement occupée par des leaders de la trempe de Mouctar Diallo (NFD) pour jouer son rôle de contrôle et d’objecteur à l’Exécutif. Chaque chose en son temps, certains chefs de parti sont encore trop novices pour être efficaces tout de suite à la tête de l’Etat (car rien ne sert de courir, il faut partir à point !) ; d’autres ont raté leur opportunité dans le passé et sont considérés trop âgés - des ‘’has been’’ - dépassés rapport aux aspirations des jeunes générations.
Pour finir, les grandes manœuvres, politiciennes pour certains et pragmatiques pour d’autres, ont commencé dans une atmosphère de confusion délétère et d’incertitudes créée volontairement par le CNDD. Le piège serait donc que les candidats restent aveuglés par leurs ambitions personnelles nourries par les flatteurs (profiteurs de carrière) et ‘’nafiguis’’ (traites-hypocrites) au point de croire, à tort, que sans eux rien n’est possible au Pays : pour remporter l’élection présidentielle, il faudra avoir plus de 50% des voix ; ‘’réalistiquement’’ impossible sans alliances, tout en évitant les ‘’faux types’’. Quant aux électeurs et critiques, pour utiliser une expression bien connue, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain ! En effet, il va falloir faire montre de discernement et subtilité pour ne pas mettre à tort tout le monde à la même enseigne. Affirmer que ceux qui ont occupé des responsabilités gouvernementales sous Conté sont tous mauvais et à éliminer est un préjugé qui condamne sans preuves de très bons cadres. Quand bien même, nous savons que presque tous ceux qui ont eu des postes de directeur ou de responsabilité dans l’administration et les sociétés para-étatiques guinéennes sont aussi très aisés, avec les salaires que nous connaissons ; des businessmen/women sont devenus riches du jour au lendemain, seuls les Guinéens de la diaspora seraient alors dignes de diriger la Guinée ? Non, bien sûr que ce n’est pas réaliste ! Il y a là, ce que l’on appellerait (avec précaution), dans le cas spécifique de la Guinée, ‘’un fait de société’’ qu’il faut absolument intégrer dans nos esprits (phrase clé pour comprendre ma démarche/raisonnement). Le peuple doit être informé et il décidera ! Mais cela est un tout autre débat pour plus tard, si audits il y a ! La réalité est telle que se baser sur des ‘’on dit’’ et ‘’il aurait détourné’’ conduirait à rejeter tous nos parents vivant en Guinée. Cela dit, MM. Sidya, Cellou et Fall sont les mieux placés pour apprécier la proposition en acceptant de placer la Guinée avant leurs ambitions présidentielles, sauf divergences inconciliables ou profonde incompatibilité.
Ibrahima Diallo - ‘’Ollaid’’
PS : J’apprécie encore plus les femmes guinéennes, elles sont les seules à garder la tête sur les épaules : sur plus de 80 partis, très peu de femmes ! Même si elles sont probablement la cause de l’ambition politique de la plupart des candidats : Il y a toujours une Dame quelque part à impressionner!
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