dimanche 13 janvier 2008
Bilan Social: 2007, année de toutes les contestations

Comme il est désormais de tradition, à la fin de chaque année, nous nous proposons de dresser un bilan des faits et évènements ayant marqué de façon remarquable la vie et l’évolution de notre pays, sur les plans politique, économique et social. Au chapitre de la rubrique société sur laquelle va porter ici notre exercice, force est de constater que l’année 2007 qui vient de s’écouler a été une année caractérisée, d’un bout à l’autre, par le combat historique et sans précédent de la classe ouvrière en faveur d’un changement, à la fois, quantitatif et qualitatif dans la vie du peuple dans l’ensemble que celui des travailleurs en particulier. C’est l’année de toutes les contestations par excellence.

L’année 2007 aura, sans doute, permis l’établissement d’un nouvel ordre sociopolitique dans le pays avec l’émergence et la prééminence de nouveaux acteurs sociaux, de leaders syndicaux et de la société civile. Lesquels auront réussi, par leur courage et leur opiniâtreté, à ravir la vedette aux acteurs politiques qui ont cessé de jouir depuis belle lurette, de la confiance et l’espoir du peuple. A cause de leur inertie et de leur incapacité notoire à mener le pays à des conditions de vie décentes, presque après un demi-siècle d’indépendance politique. Comme elle a commencé, l’année 2007 s’est presque achevée sur des cendres de revendications sociales. Du débrayage de plus de 45 jours déclenchés par quatre centrales syndicales du pays, en passant par la grogne salariale de la grande muette jusqu’aux récents mouvements  de grève des hommes en robe noire, 2007 a été émaillée de tumultes et de protestations de toutes sortes. En effet, cela est une évidence, l’histoire de la Guinée indépendante enseignera dorénavant, que la date du 10 janvier a été un point de départ des protestations qui ont profondément secoué le pays en 2007.

 

Le film des événements douloureux de janvier et février 2007

Mercredi 10 janvier, à l’appel des centrales syndicales, tous les secteurs d’activités (public, privé ou mixte), ont été paralysés par une grève générale illimitée. Le mot d’ordre de grève est largement suivi sur l’ensemble du territoire national. Le gouvernement n’entreprendra rien pour désamorcer  la crise. En l’absence de toute négociation, la paralysie provoquée par la grève se durcit. Le Gouvernement, tout comme le Patronat, minimisent l’ampleur du mouvement. Tous les regards restaient désormais tournés du côté de la Présidence de la République. Vendredi 12 janvier, le Président de la République reçoit pour la première fois, depuis les préavis jusqu’au déclenchement, une délégation de la classe ouvrière conduite par les 4 principaux leaders syndicaux qui ont lancé le mot d’ordre de grève. L’ambiance fut bon enfant sous le grand fromager du petit palais entre la présidence de la République et les syndicalistes. Mais cela ne suffira pas pour faire revenir les initiateurs de la grève à de meilleurs sentiments. A la fin des entretiens, le chef de l’Etat leur demande de coucher sur papier leurs revendications. Les syndicats de leur côté appellent le peuple à poursuivre la grève jusqu’à la satisfaction totale des différents points de revendication. C’est la fin de semaine. Le Conseil national des organisations de la société civile, à son tour, menace de se mêler au mouvement, à travers une marche pacifique et des prières le lundi, 15 janvier à Conakry comme à l’intérieur du pays. Les Guinéens retiennent leur souffle et le pire est à craindre. Les forces de l’ordre sont sur le qui-vive dans les 4 régions naturelles. Le lundi 15 janvier arrive. Dès les premières heures de la matinée, les forces anti-émeutes, les escadrons mobiles de la gendarmerie commencent à ratisser les secteurs jugés trop dangereux. Ils campent sur les axes stratégiques de la ville de Conakry pour dissuader et contenir les manifestations. Des éléments des forces de l’ordre affolés, font usage de leurs armes. Ils tirent des gaz lacrymogènes et à balles réelles. Les accrochages entraînent la mort de certains manifestants et blessent d’autres. A Matoto, des échauffourées éclatent entre policiers armés et populations. Là aussi, on enregistre dans le rang des manifestants, des blessés et de nombreuses arrestations. A l’intérieur dans les villes et provinces, Labé, Mamou, Kankan, des accrochages violents ont été signalés. Ces affrontements à travers le pays n’entameront en rien la détermination des syndicalistes qui poursuivront les entretiens à leur Q.G de la Bourse du Travail. Ils rencontrent les chefs religieux musulmans et chrétiens. A l’issue de la rencontre, ces derniers apportent leur soutien formel à la grève. A la date du 15 janvier, dans l’après-midi, et conformément à sa demande le Général-Président Lansana Conté reçoit une nouvelle délégation syndicale qui venait lui déposer la proposition de sortie de crise. Le chef de l’Etat répond à ses hôtes qu’il est lui aussi en grève et qu’il pourra examiner cette proposition dès que le mot d’ordre de grève sera levé. Déçus, ils retournent bredouilles à la Bourse du Travail pour répercuter l’étonnant message du président à leurs mandants. Quelques minutes après, le président Conté dépêche son chef Protocole auprès des syndicalistes sur place à la Bourse du travail pour récupérer le document des propositions, avec promesse de leur faire signer, le plus tôt que possible. Les syndicats accèdent à cette requête présidentielle. Et puis aucun autre signe ou réaction ne suivra du côté de Sekhouthouréya pour le reste de la journée du 15 janvier. Le 16 janvier, le général décide enfin de réagir à la feuille de route des syndicats pour une sortie de crie. Le soir, le président de l’Assemblée nationale, Elhadj Aboubacar Sombart et le président du Conseil économique et social, Michel Kamano, porteurs d’une proposition personnelle du chef de l’Etat, sont reçus par les syndicalistes dans le bureau de Hadja Rabiatou Sérah. Les entretiens seront de courte durée. Les leaders syndicaux en sortent amers et nerveux. Au dehors, devant la presse, un leader syndicaliste lançait ceci : « cette proposition est inadmissible, nulle et de non effet pour le peuple. Nous ne nous sentons pas concernés par ces mesures. Demain, 17 janvier, nous passerons à l’étape supérieure de notre plan. Nous descendrons dans la rue et donnerons l’assaut final au régime ». Le 17 janvier, en signe de protestation, des responsables devant une centaine de militants syndicalistes, lancent le début d’une marche à partir de la Bourse du Travail en direction du palais du peuple, siège de l’Assemblée nationale. Ils étaient porteurs d’une lettre ouverte adressée au président de cette Institution. Au fur et à mesure que progressait le mouvement, il grossissait par la venue des habitants des quartiers traversés. La marche est stoppée dans son élan au niveau du carrefour du marché Nyènguèma qui débouche sur le camp Almamy Samory Touré. Les forces de l’ordre tirent des bombes lacrymogènes et à balles réelles pour disperser la foule de marcheurs. Une femme qui sortait du marché écope d’une balle perdue au niveau de la tête et de nombreux autres responsables syndicaux seront brièvement interpellés avant d’être libérés le 19 janvier à la surprise générale, le président limoge le tout puissant coordinateur du gouvernement Fodé Bangoura dont qui aura payé ainsi son incapacité à résoudre la crise. Lundi 22 janvier, dès les premières heures des manifestations, à travers tout Conakry, chacun, dans son secteur, s’affaire à ériger des barricades et à enflammer des pneus sur les voies de la circulation routière. Des échauffourées éclatent partout et au même moment. Visiblement, pour une fois, les forces anti émeutes subissent la loi de la pression populaire. Il  est 11 heures…Une marée humaine prend d’assaut l’autoroute Fidel Castro en direction de Kaloum. Les agents, tous corps confondus, sont mis à contribution, mais se trouvent vite débordés. On avait comme l’impression que le pouvoir allait s’écrouler d’un instant à l’autre. Il vacille mais ne tombe pas. Car des éléments de la Police, la Gendarmerie, du BASP, lourdement armés, campent puissamment au niveau du pont 8 novembre, à l’entrée de la presqu’île de Kaloum. Nez à Nez, les hommes en uniforme tirent sans sommation, sur la masse déferlante sur place, des manifestants s’effondrent, atteints  par des balles. Cela va durer des heures dans la cité. L’autoroute est jonchée de sang et de cadavres par endroits.  D’épaisses fumées de caoutchoucs brûlés et de gaz, couvrent la ville et rendent la respiration difficile. Kissidougou, Kankan, Labé, Mamou, Pita, Télémélé, Dabola, Siguiri, toutes les villes de l’intérieur sont affectées les unes après les autres, avec des foules qui réclament le changement et le départ du général Lansana Conté. La répression qui s’en est suivie est excessive et forte. Les premiers bilans provisoires disponibles publiés par les stations de radios étrangères font état d’une trentaine de morts et de 60 blessés graves. Ces statistiques, au fil  au temps ne faisaient que croître. La Guinée vit une situation insurrectionnelle au soir de ce 22 janvier. Une journée particulièrement rouge, j’allais dire noire. Au lendemain de ce carnage, la première Dame tente de calmer le jeu. Elle est épaulée par les religieux, les présidents des Institutions républicaines. Après deux jours de négociations, le président Conté accède enfin à la principale revendication syndicale. A savoir, la mise en place d’un gouvernement de large consensus, dirigé par un Premier ministre doté de pouvoirs élargis. Ce pas important franchi, les syndicats et les représentants du chef de l’Etat travailleront par rapport aux qualités et aux missions du futur PM. L’ensemble de ces détails techniques a été peaufiné le samedi 27 janvier. Ce même jour, aux environs de 23 heures 57 minutes, Dr Ibrahima Fofana annonce la suspension du mot d’ordre de grève générale illimitée sur toute l’étendue du territoire national. Pour une fois, le général cède à la pression populaire. Le 31 janvier, le chef de l’Etat signe un décret portant attributions du PM, chef de gouvernement. Le 6 février, l’Intercentrale syndicale CNTG- USTG élargie à l’ONSLG et à l’UDTG, face à la lenteur constatée du chef de l’Etat à nommer le nouveau PM, menace de repartir de nouveau en grève. Le 9 février, contre toute attente, Lansana Conté nomme au poste de PM, chef de gouvernement « le très controversé » Eugène Camara qui assumait jusque-là les fonctions de ministre d’Etat chargé des Affaires présidentielles et de la coordination des actions gouvernementales, en lieu et place de Fodé Bangoura débarqué le 19 janvier. Ce choix présidentiel qui ne convenait, ni aux critères définis pour la désignation du nouveau PM, ni à la volonté populaire, a eu l’effet d’une bombe. La désapprobation de la population  a été spontanée et a embrasé tout le pays le soir même de l’annonce du décret. C’est la reprise automatique de la grève qui a été suspendue le 27 janvier. Le 12 février, Lansana Conté reçoit Kadet Bertin l’émissaire du président ivoirien, Laurent Gbagbo. Ce qui n’aura rien changé au cours des évènements. Vu le pourrissement de la situation en raison de la multiplication des actes de vandalisme et des meurtres à connotation ethnique, le président Conté instaure le même jour, dans la soirée l’Etat de siège. Il s’étendait 20 heures sur 24 heures jusqu’au 23 février. Selon l’article 74 de la loi fondamentale le général Conté a délégué pour tout le temps de l’Etat de siège ses attributions à son chef d’état-major général des Armées, le général de division Kerfala Camara. Le 15 février, au palais du peuple, une rencontre regroupe les chefs religieux, les présidents des Institutions républicaines, le Patronat et Hadja Rabiatou au compte de l’Intercentrale syndicale en vue de trouver une sortie de crise. Au cours de la réunion, elle a lancé un appel aux autorités pour l’arrêt immédiat de l’Etat de siège. Le 16 février, le Premier ministre contesté prend fonction. Il reçoit aussitôt les maires et les chefs de quartier des 5 communes de la capitale pour une prise de contact. Ce même jour, on assiste à un allègement de l’Etat de siège qui passe de 20 heures sur 24 heures à 18 heures sur 24. Le 17 février, l’ancien président Nigérian, le général Ibrahim Badamassi Babangida accompagné par le président de la commission de la CEDEAO, Dr Mohamed Ibn Chambas sont dépêchés à Conakry par le président Blaise Compaoré du Burkina Faso et président en exercice de la CEDEAO. Leur délégation rencontrera tour à tour le président Conté, son Premier ministre Eugène Camara et les diplomates accrédités en Guinée. Le 18 février, une rencontre aura lieu à la grande Mosquée Fayçal entre les dirigeants syndicaux et les chefs des confessions religieuses. Pendant ce temps, les autorités guinéennes reçoivent un message pontifical leur invitant à faire preuve de retenue et de privilégier le dialogue et la concertation, afin de trouver une solution rapide à la crise. Et au même moment, Eugène Camara et les présidents des conseils de quartier entreprennent les sensibilisations et les nettoyages des artères principales de la capitale. Le 19 février, la population durement éprouvée par la pénurie alimentaire, accueille avec assez de soulagement un assouplissement du couvre-feu allant de 24 heures à 12 heures. Le 20 février, l’arrivée à Conakry des présidents Sierra léonais et Libérien, respectivement Tejan Kabbah et Ellen Johnson  Sirleaf, officiellement pour un sommet informel de l’Union du Fleuve Mano, n’aura pu débloquer la crise. Le 21 février après la mission exploratoire du 17 février, le général Babangida et Dr. Ibn Chambas reviennent à Conakry avec une proposition de sortie de crise.        Une délégation onusienne chargée des droits de l’Homme foule à son tour le sol guinéen. Le 23 février, date d’expiration de l’Etat de siège. A la demande du chef de l’Etat, les députés se réunissent à l’hémicycle pour une prorogation de l’Etat de siège. Unanimement, les députés (mouvance et opposition) se prononcent contre. La vie peut donc reprendre son cours normal. Le 24 février, a Bouramaya, les émissaires de la CEDEAO  rencontrent le général Lansana Conté et lui ont fait accepter la nomination d’un autre Premier ministre en lieu et en place d’Eugène Camara. Le 25 février, les médiateurs rencontrent les protagonistes de la crise au palais du peuple. Ses propositions de noms de personnalités susceptibles de remplacer Eugène Camara sont faites par les centrales syndicales et la société civile, à la demande du chef de l’Etat. Un délai de 5 cinq jours lui ont été accordés pour cette nomination. Les syndicalistes acceptent de suspendre la grève pour compter du mardi 27 février. La journée du lundi, 26 février étant retenue pour le recueillement et les prières en l’honneur de toutes les victimes de la répression militaro-policière. Le 26 février, sur la base de la liste qui lui a été soumise, le général Lansana Conté finit par désigner Lansana Kouyaté au poste de Premier ministre, chef de gouvernement qui était précédemment le Représentant spécial de l’Organisation de la Francophonie en Côte d’Ivoire. La nouvelle, partout en Guinée, a été favorablement accueillie avec grand soulagement au sein de la population. Ce qui a ainsi, mis fin à une crise qui aura duré plus 45 jours dont les pertes en vies humaines sont estimées à plus 138 morts et plus d’un millier de blessés sans compter les nombreux édifices publics et biens matériels privés qui ont été systématiquement vandalisés. Au lendemain de ces répressions sanglantes qui ont accompagné ces convulsions sociales, des voix se sont élevées de l’intérieur comme de l’extérieur du pays pour exiger la mise en place d’une commission d’enquête indépendante. En Guinée, le Barreau guinéen constitue auprès des victimes le fer de lance contre les auteurs de ces violations massives des droits élémentaires humains. Dans sa « croisade » contre les bourreaux  de janvier et février, le Barreau récuse dès le départ la participation à cette commission de Ives Aboly et de Yaya Kairaba Kaba, respectivement Procureur général près la Cour d’Appel de Conakry et Procureur de la République près le TPI de Kaloum. A ces magistrats, les avocats reprochent la « non application des décisions judiciaires ». Lors d’une Assemblée générale extraordinaire tenue le 21 mars, le Conseil de l’Ordre des Avocats a décidé de poursuivre leur boycott des audiences des tribunaux et cours d’assises qu’il avait commencé depuis le 12 février, au moment de la grève des syndicats, jusqu’au départ de leurs postes respectifs.

 

Des  accidents enregistrés

Après les tueries des mois de janvier et février que le pays a connu, le 19 mars, la ville de Guéckedou a été endeuillée par un grave accident de circulation de la route qui a causé la mort de près de 70 personnes. Dont de nombreuses femmes en état de famille. Ce drame a eu lieu sur l’axe Guéckedou-Nongoa, au niveau du pont de Kamandou, qui a cédé sous le poids d’un camion DAF, bourré de passagers et de marchandises. Restant dans le cadre de l’accident, l’on retiendra que 2007 a été une année tristement célèbre. Le 16 avril, aux environs de 11 heures TU, un MIG-21 de l’Armée guinéenne vient accidentellement terminer sa course sur le toit de la nouvelle maison de la RTG à Koloma. Pas de perte en vie humaine mais elle a subi d’importants dégâts matériels et techniques ayant conduit à la suspension automatique de ses émissions, presque 7 mois après son inauguration.

 

Des camps et campus en ébullition

En avril, l’université Julius Nyerere de Kankan a été en ébullition suite à la grève des étudiants qui demandaient en plus de l’amélioration de la desserte en eau et en électricité sur la cité universitaire, le départ pur et simple de leur recteur, Dr Seydouba Cosa Camara ainsi que de son staff. Le 4 juin, l’Université de Conakry est secouée par de violents affrontements qui éclatent d’une part entre étudiants et forces de l’ordre d’autre part. Le bilan fait état de 4 blessés dont un grièvement. Le 21 avril, 260 gardes pénitentiaires prennent d’assaut le ministère de la Justice pour revendiquer le paiement de trois années d’arriérés de salaire. En début mai, comme en début de l’année, le syndrome de la contestation qui s’était emparé de la classe ouvrière, a fini par gagner les garnisons militaires du pays. Le 2 mai, des tirs nourris ont été entendus dans certaines casernes. D’abord au camp Alpha Yaya à Conakry puis dans les villes de Kindia, Labé, Faranah, Kankan, Macenta et N’Zérékoré. A l’origine de ce brusque regain de tension, le non paiement d’arriérés de solde de 11 ans. La violente insurrection, du 2 au 15 mai, entraînera la mort de 8 civils par balles perdues et des dizaines de blessés. Dans la foulée, des officiers supérieurs ont été limogés par le commandant en chef des forces armées guinéennes. Parmi eux, on peut citer le général Kerfala Camara, à l’époque chef d’Etat-major général des armées, le Gl Ousmane Arafan Camara, ministre de la défense, Bambo Fofana et Biro Condé respectivement l’Intendant général et l’Intendant général adjoint. C’était le 12 mai.

 

L’éternelle affaire « Mamadou Sylla »

Le mois de mai sera également marqué par le spectaculaire rebondissement dans le feuilleton très controversé intitulé « Affaire BCRG- Mamadou Sylla ». La Cour d’Appel de Conakry a infirmé l’ordonnance de saisie conservatoire qui pesait sur les biens du PDG de Futurelec-Holding, Elhadj Mamadou Sylla, décernée antérieurement par le TPI de Kaloum. Le 26 juin, le Patronat dirigé  par Elhadj Youssouf Diallo est sommé de quitter la ville N° 8 qui lui servait de siège. Elhadj Mamadou Sylla peut s’en réjouir dans le bras de fer qui l’oppose à Youssouf Diallo pour le contrôle du CNP- Guinée.

 

Autres faits de société

Le 22 mai, l’Office central Anti-drogue (OCAD) frappe spectaculairement au cœur d’un nébuleux réseau de trafiquants de drogue opérant sur le territoire guinéen. Le coup de filet a permis de saisir 51 kg de cacaïne que 2 expatriés (un Colombien et un Indien) dissimulaient dans une villa à Taouyah. Le 4 juin, les Huissiers de justice partent en guerre ouverte contre le procureur général près la Cour d’Appel de Conakry, Ives Williams Aboly qui avait décidé le 31 mai la suspension provisoire des exécutions forcées des décisions de justice. Le 3 juillet, les syndicats adressent une lettre ouverte au PM Lansana Kouyaté. Une lettre dans laquelle, ils ont exprimé leur amertume face à la manière dont le chef du Gouvernement et son équipe gèrent les affaires courantes du pays. Le 13 juillet, des bandits armés, au nombre de 6, font irruption au domicile de Dr Ibrahima Fofana, secrétaire général de l’USTG sis au quartier Dar-es-salam, commune de Ratoma. Les agresseurs ont pu s’échapper avec leur butin (téléphones portables, bijoux). Deux personnes ont été blessées. Le lundi 18 juillet, la société civile, lors de la remise de son rapport sur les évènements de janvier et février à l’ordre des avocats, s’est constituée officiellement partie civile. Le 13 août, le TPI de Kaloum condamnait nos confrères «  la Vérité » et « Libération » à payer 50 millions de FG dans le procès en diffamation que l’ex-ministre des T.P, Bahna Sidibé avait intenté contre eux. Les directeurs de publication de ces deux journaux ont été aussi astreints à payer solidairement au tribunal une amende d’un million. Les deux hebdomadaires ont fait appel de cette lourde peine qui n’a jamais par le passé eu d’égal. Le 10 septembre, l’ancien chef d’Etat-major général des armées, le général de corps d’armée, Kerfala Camara est décédé à l’hôpital militaire parisien du Val-de-Grâce. Il soufflait ses 66 ans. Le 11 septembre, après avoir reçu les hommages au camp Alpha Yaya Diallo, il a été inhumé dans son village natal à Madina-Oula, dans la préfecture de Kindia. Du 5 au 9 septembre, la ville de Dalaba  devrait accueillir le congrès constitutif du conseil national des jeunes de Guinée. Faute de consensus, les congressistes se sont quittés à queue de poisson. Le 4 octobre, suite à la séquestration d’un des leurs dans les locaux de la Sûreté urbaine de Coronthie par un commissaire de police, les avocats ont décidé de se retirer de la commission d’enquête indépendante ainsi que des audiences des tribunaux jusqu’à l’arrestation de l’officier en question. Le 13 décembre, le Barreau guinéen décide de mettre fin à son boycott des tribunaux. Ceci après l’implication de l’Assemblée nationale qui aura permis la comparution, le 28 décembre des officiers de police, Bakary Thermite Mara, Alassane Diallo et Sory « Sanfou » Camara devant la Cour  suprême pour atteintes et entraves aux droits de l’Avocat dans l’exercice de sa fonction. C’est cette croisade des Avocats contre l’arbitraire, l’impunité et autres brimades dont certains en ont fait un mode vie qui vient clôturer les chapitres de cette rubrique société dans notre pays. Comme pour confirmer que 2007 a été effectivement une année qui aura battu tous les records de la contestation sociale depuis 1958 en Guinée.

Bonne et heureuse année à tous.

Moro Amara Camara

Source : Journal L’Indépendant, partenaire de guineeactu.com   

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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