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Je ne suis pas le seul à être estomaqué par le spectacle qu’offrent certains membres de l’actuelle équipe gouvernementale de Conakry !
Si, après plusieurs essais, le capitaine Dadis commence à marquer quelques points (comme la mise en place de la commission de révision des conventions minières) on peut aussi observer qu’il traîne des boulets ! Des « patriotes » (ce terme plait tellement à certains !), d’ailleurs plus bêtes que méchants, grisés par le pouvoir perdent les pédales.
Parmi ces derniers, un certain Frédéric Kolié, ministre (pour combien de temps ?) de l’administration du territoire et des affaires politiques, suspendu (jusqu’à quand ?) par décret présidentiel du 21 mars 2009. Dadis a raison et Kolié devrait s’estimer heureux car il ne sera en aucun cas pendu !
La faute est lourde pour un ministre de la république. Qu’on me comprenne bien afin d’éviter toute interprétation malhonnêtement tendancieuse. Ce n’est pas un crime de s’exprimer en Guerzé, une de nos langues nationales. Dans le cas présent, il s’agit d’un responsable du pays qui s’exprime à l’adresse de la nation sur les ondes de la radio nationale. Il serait tout aussi condamnable s’il avait parlé en Peulh, Malinké ou Soussou. Chargé également des affaires politiques (ce qui est anormal dans un gouvernement, fut-il de transition), on aurait compris un coup démagogique s’il s’était exprimé en Badiaranké.
Etant Guerzé, ce qui est tout à fait honorable, il a utilisé sa langue maternelle, ce qu’il n’aurait jamais dû faire même à N’zérékoré ! Il ne s’adresse pas à son village mais au pays et il ne s’agit pas d’une affaire familiale ou d’une cérémonie initiatique dans une forêt sacrée.
Je rappelle qu’après un séjour non clandestin de plus de 60 ans en Guinée, le Français, amené par des colons, a obtenu dès le 2 octobre 1958 le statut de résident permanent et même la nationalité guinéenne. Le Français n’est donc pas une langue « étrangère » mais une de nos langues nationales, la seule officielle !
Lors de son séjour en Angleterre, le ministre Kolié aurait-il confondu le whisky avec le « bandji » au point de prendre la Guinée pour un « Gbèressèdoustan »? L’administration qui lui est confiée porte sur le territoire en général et non sur un terroir particulier ! Boire ou administrer, il faut choisir !
Je le répète, Dadis a raison dans ce cas précis. Kolié, on vient de s’en rendre compte, n’était pas ministrable. Le poste de ministre requiert, entre autres, de la compétence, de l’honnêteté mais aussi et surtout un certain état d’esprit. Cette dernière qualité ne colle pas à Kolié ! Quand on est dans un gouvernement, on devrait cesser d’être, du moins provisoirement, Peulh, Malinké, Tchapi, Forestier (encore moins Guerzé car la dynamique Guinée Forestière est loin d’être homogène avec ses Mano, Kono, Toma, Toma Mania, Lélé, Kissi, Koniaka, etc.). Il faut se débarrasser de ce « Kolié », la Guinée n’ayant pas que de faux bijoux.
Je ne suis pas adepte du « dadisme » mais le capitaine Dadis, faisant office de chef de mon Etat, je m’octroie le droit de lui faire des remarques même si elles ne lui parviennent pas. Qu’il sache qu’on n’est jamais trahi que par les siens. Dadis n’a rien à craindre d’un Moldave ou d’un Chilien mais qu’il fasse attention à son cercle restreint. Par maladresse, certains de ses partisans risquent de le couler ! S’il faut s’entourer de parents, autant choisir les bons car il y en a !
Enfin, tout en souhaitant la réussite de la Guinée, je n’arrive pas à identifier la mission de M. Komara au sein du gouvernement. Coordonne-t-il quelque chose ? Pour le moment, je constate qu’il est chargé de missions pour le moins spéciales : porteur d’excuses et livreur de condoléances ! Il s’est rendu récemment à Bissau pour assister, au nom de son chef, à l’enterrement d’un « Excellence » sauvagement assassiné. Il revient du Gabon à la suite de la mort d’une « première dame », etc. Je trouve ce programme un peu macabre, la primature ne devant pas être, à mon humble avis, un funérarium. M. Komara devrait diriger un gouvernement et non accompagner des convois funéraires. Ne prépare-t-il pas lui-même, à son insu, son enterrement politique ?
Je m’excuse auprès de ceux que j’aurais choqués !
Ibrahima Kylé Diallo Directeur de publication de www. guineenet.org
pour www.guineeactu.com
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