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Le 4 novembre dernier, l’Amérique et le monde entier ont célébré l’élection de Barack Obama à la tête du pays le plus puissant de la planète. Plus qu’une victoire, c’était la consécration d’un homme exceptionnel, qui doit désormais faire face aux défis mondiaux qui l’attendent, à partir de ce 20 janvier 2009, le jour de son investiture.
De mémoire d’homme, jamais une victoire n’a été aussi célébrée comme celle de Barack Obama. De l‘Amérique en Afrique, en passant par l’Europe, l’Asie et l’Océanie, c’est toute la planète qui a salué l’arrivée de ce fils d’immigrant kenyan, aux destinées d’un pays magnifique, puissant et démocratique, où tout est possible, les Etats-Unis d’Amérique.
Mais c’est à Michigan où plus d’un million de fans, acquis à la cause du candidat démocrate, attendaient le décompte des urnes dans un Park où, l’homme dont l’élection doit apporter le changement aux américains et redonner de l’espoir à l’humanité, était attendu pour son premier discours en tant que Président élu, qui succèdera le 20 janvier 2009 à George W. Bush, actuel locataire de la Maison Blanche. Un homme qui a plongé ce pays dans une crise économique sans précédent depuis celle de 1929.
Autant dire que l’héritage que l’époux de Laura Bush laissera à son successeur, demandera un effort prométhéen pour relever les grands défis qu’il comporte.
En effet, les terrains sur lesquels est attendu l’homme le plus puissant de la planète, sont nombreux : entre autres, l’économie, la santé, l’éducation … la sécurité.
Sans nul doute, Barack aura la tâche la plus rude depuis Roosevelt en 1932. Il le sait. Le retour à la réalité présidentielle sera brutal, l’économie, l’exclusion, le chômage en hausse, l’incertitude des marchés, etc. Les Etats-Unis sont aujourd’hui un pays en faillite. L’enfant du continent le plus pauvre du monde, aux destinées du pays le plus riche de la planète, a déjà donné les grandes orientations de sa politique.
Il va tourner le dos à la politique ultralibérale de Reagan-Bush, qui a fait tant de malheurs et tant de dégâts. Il va réhabiliter les politiques publiques et les services publics : l’éducation, la santé et les recherches. Si les conservateurs ont une satisfaction générale sur Obama, c’est qu’ils sont convertis par la politique progressiste d’Obama : baisser les impôts des classes moyennes et des plus pauvres et augmenter les impôts des plus riches.
Pour y parvenir, le nouveau président va d’abord réduire les impôts pour 95% des Américains. Il va aussi créer un moratoire sur les saisies immobilières pour aider la classe moyenne éprouvée par la crise. Pour cela, il a promis un plan d’urgence de 60 milliards de dollars pour aider des millions d’Américains incapables de rembourser leurs prêts immobiliers et qui pourraient perdre leurs maisons.
L’autre urgence c’est d’augmenter les indemnités de licenciement, chute vertigineuse des ventes des automobiles et fermetures de petits commerces. Pire, le chômage n’a jamais été aussi élevé depuis longtemps.
Le grand chantier du président élu, c’est d’améliorer l’accès aux soins. Il veut inciter les petites entreprises à fournir l’assurance à leurs salariés, en échange de réduction d’impôt. Un projet très ambitieux de 110 milliards de dollars. Il y a 15 ans, Bill Clinton y avait renoncé.
Pour résoudre la crise économique, Barack Obama veut relancer la consommation, en baissant notamment les impôts : si vous gagnez moins de 250.000 dollars par an, ce qui est le cas de 98% de petits entrepreneurs et pour 99,9% des plombiers, les impôts n’augmenteront pas d’un copeck. Ni l’impôt sur le salaire, ni l’impôt sur les plus values, ni l’impôt sur le revenu.
A plus long terme, c’est un nouveau new deal que le futur locataire de la maison blanche propose à l’Amérique. Reconstruire les routes les ponts, dont beaucoup sont en très mauvais état, construire de nouvelles écoles, des hôpitaux, sans oublier d’investir dans les énergies renouvelables. C’est la promesse de 7 millions d’emplois, même si le déficit budgétaire est aujourd’hui astronomique.
Le Président élu va changer profondément les choses. Il va tourner le dos à la politique de guerre, menée par Bush, qui a du sang sur la main en Afghanistan et en Irak. Lui, est un homme de la paix.
Avec Obama et la superbe équipe gouvernementale par laquelle il est entrain de se faire entourer, c’est le 21e siècle du monde qui commence. C’est la jeunesse du monde. C’est l’espoir de l’Afrique.
Pour autant, l’Afrique doit-elle s’attendre au miracle pendant le règne d’un de ses fils, à la tête de la première puissance mondiale ? Non !
Tout simplement, parce que le mari de Michelle Obama, la désormais Première dame d’Amérique, est d’abord, président des Etats-Unis, ensuite gendarme du monde. Entendons par-là, qu’il a l’obligation, avant tout, de défendre les intérêts américains. Aussi, la politique africaine de l’Amérique n’est-elle pas toujours, à quelques nuances près, la même, et ce, quelque soit le locataire de la maison blanche.
Même si Barack Obama sera, probablement, plus sensible que ses prédécesseurs, aux problèmes du continent noir, il ne faut pas se faire d’illusions, le Président Africain du pays de l’oncle Sam, ne sortira pas de son chapeau des potions magiques, comme un prestidigitateur, contre les maux d’un continent malade, qui a toujours besoin de perfusion après un demi-siècle d’indépendance.
Néanmoins, l’enthousiasme de la planète entière autour de cette victoire est un capital qu’il va utiliser, quand il occupera le bureau ovale, ce 20 janvier prochain, pour redonner à l’Amérique, cette prééminence mondiale que George Bush a dilapidé.
Dans le passé le géant américain s’est toujours servi de cette position. Surtout pour le meilleur, parfois pour le pire.
Bangaly Condé « Malbanga »
pour www.guineeactu.com
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