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Le bilan de la répression d'un rassemblement de protestation lundi à Conakry, en Guinée s'est alourdi à 157 morts, a déclaré une ONG, citant des sources médicales guinéennes. Le diplomate en chef de l'Union européenne, Javier Solana, a condamné l'usage de la force.
Les forces de sécurité ont tiré à balles réelles pour disperser les milliers d'opposants au régime du capitaine Moussa Dadis Camara, qui s'étaient réunis dans le stade du 28-Septembre. La junte militaire y avait interdit le rassemblement de l'opposition.
Quant à l'opposition, elle fait état d'au moins 128 morts. Selon elle, en plus des morts enregistrés dans les hôpitaux, "des militaires ont été vus en train de ramasser des corps dans les rues pour les emmener au siège de la junte, probablement pour éviter un comptage précis du nombre de tués".
C'est la première fois que la junte écrase une manifestation dans la violence depuis qu'elle a pris le pouvoir il y a neuf mois.
Javier Solana a réclamé la "libération immédiate" des leaders de l'opposition arrêtés par la junte. L'Union européenne avait décidé fin juillet de placer la Guinée sous surveillance pendant deux ans et de maintenir le gel de son aide au développement en attendant un retour à l'Etat de droit après le coup d'Etat de décembre. L'aide humanitaire n'a en revanche jamais été suspendue.
La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) a appelé la communauté internationale à "réagir fermement". Ancienne puissance coloniale, la France a condamné "avec la plus grande fermeté" cette "répression violente" et les Etats-Unis se sont déclarés "profondément inquiets".
ATS / 29 septembre 2009 13:39
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