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De retour de l'intérieur du pays où il vient d'effectuer "une mission de 52 jours", le Président de l'Union pour le Progrès et le Renouveau Bah Ousmane a été reçu cet après midi par plus d'un millier de ses partisans. Ils ont mis l'occasion à profit pour répondre à ceux qui l'ont destitué le samedi 18 avril. Pour cette réception quelque peu particulière, les partisans et sympathisants de Bah Ousmane ne se sont pas fait prier. Dès 10 heures, le siège du parti à la Minière était pris d'assaut. Et les 1000 cartes portant son effigie confectionnées pour l'occasion étaient déjà finies. Des jeunes, vieux, hommes et femmes y compris la mère de Bah Ousmane, Hadja Fatoumata, scandant des slogans comme "Fidélité-Siradiou, Bah Ousmane-Président" ou "A bas les traitres" ou tout simplement "UPR au pouvoir" brûlaient d'impatience de voir l'homme fort de l'UPR déchu par certains élément de son propre Bureau Exécutif National. Dix-neuf fédérations représentant les bureaux de l'UPR de France, Dakar et des villes du pays étaient aussi de la partie. C'est aux environs de 14 heures que le cortège de Bah Ousmane arrive au siège du parti. Il a par la suite reçu toutes les marques de soutien avec en premier lieu, le Bureau Exécutif National qui est acquis à sa cause. Pour Elhadj Amirou Diallo, Président par interim du Bureau UPR à l'Assemblée Nationale et porte-parole du BEN, la supposée destitution de Bah Ousmane est déplorable d'autant qu'il était à une mission du parti à l'intérieur du pays. Estimant qu'il faut redynamiser l'Union pour le Progrès et le Renouveau plutôt que de la désintégrer, il a déclaré le soutien de ses camarades. "Le Bureau exécutif national renouvelle sa confiance à Bah Ousmane pour permettre à l'UPR de se renforcer après les turbulences de ces jours..". Même soutien des fédérations UPR qui ont fait le déplacement. "On parle de crise au sein de l'UPR. Nous démontrons que nous sommes un parti fort même si certains sont dans l'égarement". "Au nom de la Coordination UPR Europe et Amérique du Nord, je témoigne notre soutien à Ousmane Bah" dira Sékou Chérif Fadiga, 2è Secrétaire politique de l'UPR de France. Quant à la fédération de Labé, selon les membres, ils ont tenu à accompagner Bah Ousmane jusqu'à Conakry, car c'est lui le Président de l'UPR. " Nous le confirmons. Labé ne trahira jamais. Nous ne reconnaissons qu'une seule UPR, c'est celle de Bah Ousmane" ont-ils dit. Lémi Diallo, jeune frère de Siradiou Diallo, a également affirmé le soutien de sa famille. "La position de la famille est et demeure celle de la fédération de Labé. Un soutien inconditionnel à Bah Ousmane". Il y a lieu de noter que si les partisans ont tous condamné ceux qu'ils appellent "Ennemis machiavéliques ou putschistes" ou encore l'acte qualifié de "décision immorale", ils ont aussi pointé du doigt Cellou Dalein Diallo comme l'instigateur des déboires de leur parti. "Il est en train de donner de l'argent pour affaiblir l'UPR. Mais cela ne marchera pas. Il a détourné le pays pour revenir ensuite le gouverner" criaient certains. Fort de ce soutien qu'il qualifie d'extraordinaire, Bah Ousmane a tout d'abord rassuré avant de relater sa misère. Il a déclaré que toutes les structures de l'intérieur ont pu manifester ce même état d'émotion, de colère, de déception, suite à l'annonce de sa destitution. Mais justifiant son déplacement sur la base des recommandations faites lors des assises du 16 Décembre 2007 au 25 Janvier 2008, il est tout de même resté prudent sur les résultats de son périples. "Nous avons pu établir des contacts avec les structures politiques de l'intérieur du pays. Les structures du parti implantées depuis 1992 et 1993 existent. A votre satisfaction, vous jugerez ultérieurement" a-t-il dit. Avant de conclure : "On s'acharne contre l'UPR parce que c'est un appareil performant. Au lendemain de ma nomination à la tête de l'UPR, j'ai commencé à rencontrer des difficultés. Des stratégies précampagne boycottées aux assises de décembre et janvier, j'ai essuyé beaucoup de calomnies. Je suis absolument serein et je suis en accord avec ma conscience". Ougna Elie Camara Source : lejourguinee.com
Discours de Bah Ousmane, Président de l’UPR lors de son retour à Conakry « Je remercie tous les militants et sympathisants de l’UPR pour votre mobilisation que vous me témoigner malgré l’ardeur du soleil. Je prends la parole dans un état d’intense émotion. Je suis gratifié d’une mobilisation extraordinaire qui fait suite à ce que vous avez appelé ‘’la tentative de destitution du Président de l’UPR’’. Je viens de l’intérieur du pays. L’occasion a été offerte à toutes les structures du parti qui ont pu me joindre pour manifester leur état d’esprit consécutivement à ce qu’ils ont appris. Ils ont utilisé tous les moyens en leur possession pour traduire leur grade colère, leur déception de savoir que certains membres du bureau exécutif national de notre parti et non pas les moindres puissent agir comme ils ont appris. J’ai été soutenu moralement à l’intérieur du pays. Et aujourd’hui depuis Coyah jusqu’ici, vous m’offrez la réception que je viens de vivre, et par surcroît que j’entende les propos de toutes les fédérations ici et en particulier ceux de la famille de feu Siradiou Diallo. Vous comprendrez combien de fois mon émotion est grande. Je viens de l’intérieur du pays où j’étais parti accomplir une mission du parti sur recommandations des assises du bureau exécutif national et sur décision de la conférence des cadres du parti qui s’est tenue à Labé le 16 mars 2008. Je crois avoir accompli cette mission en compagnie de la forte équipe qui m’accompagnait. A votre satisfaction, vous le jugerez ultérieurement. J’ai été réconforté que cette équipe ait été soumise à des épreuves physiques et morales à telle enseigne que je croyais que quelqu’un aurait cédé. C’est avec courage, avec détermination et dévouement qu’ils ont accompli la mission que le parti leur a confiée. Nous avons pu établir des contacts avec nos structures politiques, les sections et parfois les comités de base d’une dizaine de fédération du parti à partir de Pita, Télémélé, Gaoual, Koumbia, Koundara, Tchanguel Borhy, Lélouma, Tougué, Mali, Koubia et encore Labé. Nous avons été dans les moindres coins où on pouvait arriver malgré tout ce que vous savez de notre réseau routier. Durant cette mission, ce que nous avons constaté, et vous pouvez en être fiers : les structures de notre parti implantées depuis les années 1992-1993 n’ont pas cédé à l’épreuve du temps. Au sein de ces structures, des hommes valides et vivants sont restés pour les animer. Donc, vous pouvez être fiers d’appartenir à un parti comme l’UPR. Je comprends, pourquoi on s’acharne tant sur l’UPR, parce que tout simplement, c’est un outil politique performant aujourd’hui. On veut s’en accaparer pour satisfaire des intérêts sordides. Vous en avez eu la preuve. On m’avait reproché d’avoir utilisé l’expression 5è colonne à Labé. Je suis désolé. C’est vrai, ce sont des tristes souvenirs. Mais je n’ai fait que reprendre l’expression d’une structure de notre parti qui avait établi un constat sans complaisance de la situation dans laquelle se trouvait le bureau exécutif national. J’aurais été tout honteux aujourd’hui d’avoir redit cette expression si à l’autre bout il n’y avait pas eu de complot. C’est cette cinquième colonne au sein du parti qui a ourdi ce complot contre le Président de l’UPR. Je suis désolé de réveiller ces souvenirs, mais ce sont des expressions consacrées. Vous ne pouvez pas vous rendre compte de l’ampleur et de la monstruosité de la campagne d’intoxication et de désinformation dont nous avons été victimes à l’UPR. Grâce à Dieu, nous sommes allés à temps pour déjouer toutes ces manœuvres. C’est justement parce que nous avons pu déjouer toutes ces manœuvres qu’ils sont passés à l’autre acte : démettre le président du parti. Tout se tient dans cette stratégie. Depuis ma nomination à la tête du parti, j’ai commencé à rencontrer des difficultés qui provenaient par coïncidence des mêmes personnes qui, aujourd’hui, ont pris la lourde responsabilité de naviguer à contre-courant des idéaux de feu Siradiou Diallo. A un moment donné, on avait tenté de m’empêcher d’aller chercher et ramener à Conakry la dépouille mortelle du Président Siradiou. Ça commence là ! J’ai gardé cela en mémoire. C’était en 2004. La même année, nous avons préparé les élections communales et communautaires pour 2005. Pendant que je donnais des directives ici à l’issue des réunions de concertations du bureau exécutif national pour que ses membres se rendent dans leurs fédérations respectives, afin d’animer, renforcer les structures du parti, on faisait en sorte que les missions n’aient pas lieu. Je suis absolument serein et en accord avec ma conscience, parce que tout simplement je viens de découvrir et de redécouvrir l’UPR. Je suis content de cela, car le parti est bien implanté avec les structures vivantes ; des responsables malgré leurs conditions animent les structures du parti. Je suis choqué que ce parti fondé par feu Siradiou présente cette figure que tout le monde connaît. Ils ont souillé la mémoire de Siradiou. Je suis choqué, pas par leur décision, mais par le fond de l’acte. Des hommes et des femmes qui se disent amis de Siradiou, voilà ce qu’ils ont fait de son œuvre. C’est honteux ! C’est dommage qu’une œuvre comme celle de Siradiou, construite au prix de mille et un effort, des années durant connaisse ce qui lui arrive aujourd’hui. L’UPR n’était pas créée pour porter Siradiou à la présidence de la république. C’est pourquoi, lors de son décès, ce parti et son œuvre ont permis au peuple de Guinée de lui rendre les hommages lors de ses funérailles. Je me suis imposé volontairement le silence en attendant d’arriver ici afin de me concerter avec l’équipe du bureau exécutif national qui est restée fidèle aux idéaux du parti et me concerter avec les structures du parti de Conakry. Je convierai bientôt la presse à un point de presse lorsque la direction nationale du parti décidera l’opportunité de le tenir. Je vous demande d’accepter que je vous impose d’abord le silence. Mais, rassurez-vous que ça ne sera pas de longue durée. Je vous informe qu’il y a une forte délégation des comités de soutien des centres universitaires de Labé et de Dalaba qui m’accompagnent dans mon voyage sur Conakry. Je demandé aux militants et sympathisants de l’UPR de resserrer les rangs, car ils sont porteurs de l’espoir des militants de notre parti de la Guinée profonde. Vive l’UPR ! Fidélité aux idéaux de Siradiou Diallo ! Victoire à l’UPR ! Je vous remercie. » Retranscrit par Ibrahim Touré, correspondant permanent de www.guineeactu.com à Conakry
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