 |
Du 30 juin au 4 juillet s’est déroulé le Baccalauréat unique, session 2008, sur toute l’étendue du territoire national. Ils étaient 87.743 candidats à prendre part à ces examens. Toutes les dispositions avaient été prises pour que le bac se déroule dans la rigueur et le sérieux, à l’image de l’année 2007, selon le ministre de l’Enseignement pré universitaire. Mais, les choses se sont passées autrement, avec des dérapages enregistrés, dans certains centres d’examen. « Comme en 2007, la lutte contre toutes les formes de fraude et de tricherie (…) sera renforcée », avait prévenu le ministre de l’Enseignement pré universitaire et de l’Education civique, à la veille du lancement des examens nationaux. Cette déclaration du Dr Ousmane Souaré visait à dissuader les candidats et les surveillants, contre toute velléité de fraude, durant ces examens nationaux. Ces propos dissuasifs sont tombés dans des oreilles de sourds, au niveau de la plupart des centres d’examen, surtout à Conakry, où on a signalé des cas de fraudes. Il y aurait eu des fuites de sujets, dans la plupart des épreuves soumises aux candidats, mais également la surveillance aurait pêché par son laxisme. La présence des agents de sécurité devant les centres d’examen n’aurait pas empêché des gens à accéder aux lieux, pour glisser des bouts de papiers à des proches. Au deuxième jour du bac, le 1er juillet, nous nous sommes rendus dans un centre d’examen dans la commune de Matoto, où nous avons vécu nous même les faits. Nous avons pu ainsi entrer dans la cour pendant que les élèves étaient en pleine évaluation, sans aucune difficulté. A la pose, un candidat nous a confié que certains élèves avaient le sujet traité dans la salle. Il s’agissait de l’épreuve de Physique. Il en fut de même pour l’épreuve de Mathématiques, qui était connue de la plupart des candidats la veille. Il faut signaler aussi l’indélicatesse de quelques agents de forces de l’ordre qui, moyennant des espèces sonnantes et trébuchantes, faisaient parvenir le traité des sujets à des candidats. Des pratiques qu’on croyait pourtant révolues. Dans un centre d’examen, les candidas ont cotisé pour gagner la faveur des surveillants. « Moi j’ai payé 1000 francs guinéen et d’autres ont donné plus. C’est ce qu’on fait chaque matin pour donner aux surveillants, afin qu’ils nous laissent communiquer », révèle un candidat, visiblement content, après l’épreuve de Théologie. Ce constat nous amène d’ores et déjà à penser au retour de l’ancien système. Samory Keïta Le Démocrate, partenaire de www.guineeatu.com
|
 |