jeudi 31 juillet 2008
Baadiko s’en prend au gouvernement Souaré
Mamadou Bah Baadiko

L’Union des Forces Démocratiques (UFD) a ouvert le mercredi, 23 juillet à Conakry ses conférences régionales de bureaux préfectoraux de la Basse Guinée. Cette conférence qui marque l’entrée officielle sur la scène, politique nationale de l’Ufd en prélude aux prochaines joutes électorales, a été une tribune pour son leader de dresser un sévère réquisitoire contre la gestion des affaires publiques de la nation depuis des décennies, et plus singulièrement celle amorcée par le gouvernement de ‘’large ouverture’’.

Depuis l’avènement d’une nouvelle équipe gouvernementale conduite par le Dr Ahmed Tidiane Souaré en lieu et place du gouvernement de ‘’consensus’’, l’Ufd n’avait pas encore officiellement réagit. Ces présentes assises des bureaux préfectoraux de l’Ufd ont été enfin une aubaine pour son président de définir clairement la position de son parti par rapport à la nouvelle donne politique et d’exprimer sa vision de la gestion du pays. En effet, dans un document interne intitulé ‘’Rapport de politique générale du Bureau Exécutif National de l’Ufd’’, Mamadou Bah Baadiko s’en prend vertement à l’idée de gouvernement d’union nationale’’ qui a été bruyamment agitée par la mouvance présidentielle au plus fort de sa guéguerre contre l’ex premier ministre Lansana Kouyaté. Pour le président de l’Union des Forces Démocratiques, il est apparu, dès le départ de celui-ci, que le véritable objectif n’était nullement un nouveau consensus national pour surmonter la grave crise que traverse le pays, mais plutôt, a-t-il affirmé’’, un montage politique permettant d’accompagner la restauration du pouvoir d’avant janvier 2007.

Parlant de la formation de l’équipe gouvernementale, Baadiko a déploré la démarche du nouveau Premier ministre ainsi que l’attitude des partis politiques qui, dit-il, ont été encouragés à aller négocier en rangs dispersés. De ce point de vue, il dénonce le manque de concertation préalable, qui a prévalu au niveau de l’opposition pour présenter une plate forme commune. Pire, a-t-il ajouté, les partis se sont précipités à la « soupe » et se sont ouvertement livrés à des crocs en jambes honteux dans la recherche désespérée de strapontins. S’agissant de la structure actuelle du gouvernement qui est passée de 22 fauteuils ministériels à 36, soit une augmentation de 60%, il soutient qu’il n’est point besoin d’un être un économiste de renom pour comprendre qu’un Etat qui vit au dessus de ses moyens va tout droit à la faillite. Dans sa lecture de la composition du gouvernement, Baadiko estime qu’il s’est agi d’une entente entre tous les clans, groupes et tendances de la mouvance présidentielle ou avec des partis gravitant autour d’elle. Il remarque qu’aucun programme de gouvernement ni aucun protocole quelconque n’a conditionné la participation des uns et des autres à la formation de la nouvelle équipe.

Le leader de l’Ufd ne s’est pas privé de critiques à l’encontre des partis dits d’oppositions, qui ont pris, dit-il des miettes qui leur ont été jetées, la part du lion étant revenu aux « durs » de la mouvance. D’où il qualifie ce gouvernement de ‘’large fermeture’’ au lieu de ‘’large ouverture’’ qui a été promis. Pour lui, le souci essentiel de l’augmentation des postes ministériels n’avait pour seule motivation que de satisfaire d’innombrables appétits. Sinon comment comprendre que dans un pays très pauvre, où la population lutte désespérément pour sa survie, on alourdisse le fardeau déjà insupportable, s’est-il interrogé. Avant de poursuivre que ‘’c’est révoltant de voir ce même gouvernement se vanter d’avoir réussi à obtenir du PAM un don de 20 000 tonnes de produits alimentaires pour soulager la famine qui tenaille de larges couches de la population guinéenne’’. Cela selon lui est synonyme d’une reconnaissance par le régime en place de sa gestion catastrophique depuis des décennies et de déduire que ce geste signifie que ‘’nos compatriotes sont donc officiellement reconnus comme des réfugiés chez eux, alors que le pays ne connaît aucune guerre, ni aucune calamité naturelle, sinon celles de ces gouvernants’’. Le président ne mâche pas ses mots s’adressant au chef de gouvernement et contre les premiers signaux qu’il donne. ‘’Pour l’instant, rien n’indique, hélas que de bonnes surprises nous attendent’’ a fait savoir Baadiko. Il s’insurge par le fait que le recensement électoral ne soit toujours pas lancé. Il accuse les amis du PM qui s’emploient à soutenir, selon lui, que les élections ne sont nullement nécessaires et qu’ils peuvent même être renvoyés aux calendes grecques. Comparativement à son prédécesseur, le président de l’Ufd, désapprouve Dr Souaré qui, indique-t-il ne juge même pas utile de rencontrer les partis politiques.

Après l’éviction du gouvernement dit de consensus, Baadiko n’hésite pas de parler d’un retour à la case départ. Pour illustrer ses propos, il s’appuie sur les récentes fraudes massives qui ont émaillé le déroulement des examens nationaux, session 2008 et le rythme de l’inflation dont la monnaie est l’objet depuis deux mois. A en croire le N°1 de l’Ufd, le ministre de l’Education nationale en 2007 avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour crédibiliser les examens et les diplômes guinéens. En 2008, avec le même ministre, les examens ont été caractérisés par des fraudes de toutes sortes, au point qu’il a fallu refaire le Brevet. En outre il rappelle que la monnaie guinéenne qui avait connu une relative stabilité depuis le mois de mars 2007 grâce aux efforts du Dr Ousmane Doré, pour assainir les finances publiques connaît après un mois de la mise en place du gouvernement, une glissade spectaculaire. Il situe donc la dépréciation, au même niveau que l’an dernier, à 5% et mentionne que le rythme annuel actuel atteint, sauf accélération possible de processus 60%.Les mutineries militaires à répétition ont été entre autres maux récurrents gangrenant la vie de la nation auxquels s’est attaqué le président de l’UFD. Face à cette situation, Baadiko estime que la sortie actuelle peut être amorcée par le bon déroulement du processus électoral. Pour ainsi sortir du blocage institutionnel actuel qui se traduit par l’absence d’une Assemblée nationale ‘’légitime’’ il propose l’organisation d’élections législatives libres et équitables qui sauront ouvrir la voie à des élections communales et présidentielles. Pour se faire, il en appelle à tous les guinéens de tourner le dos aux combinaisons ethnicistes qui ne peuvent mener, pensent-il, qu’à la désintégration de la Guinée.

Camara Moro
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com

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Vos commentaires
CAMARA, dimanche 3 août 2008
Monsieur Amadou Sidibe, je pense que vous confonder les partis. L`UFD n`a jamis appartenu (et n`appartient pas) à un gouvernement. Vous le confondez avec l`UFDG présidée actuellement par Cellou Dalein Diallo
Amadou Sidibe, samedi 2 août 2008
J`avais félicité ce parti en son temps pour n`avoir fait pas fait le mauvais choix comme d`autres. Leur choix de participer à ce Gouvernement qui devait redonné du tonus à Conté à a son PUP est une trahision des marthyrs de janvier 2007. Après le retour de Souaré, c`est maintenant Kaiéra qui revient à la présidence, et Sam soumah se rtrouve à la Caisse Nationale de Sécurité, l`ojectif est clair, Sam est chargé de trouver de l`argent pour le PUP avant les prochaines élections "si elles ont lieu" La mbanque Cantrale avec les nouvelles restructurations aura du mal à fournir l`argent nécéssaire aux déplacements et corruption comme le faisant Fode Soumah. Les Guinéens assistent aujourd`hui au retour au galop de tous les anciens Ministres et prédateurs pour lesquels 280 jeunes guinéens ont été sacrifiés. Nous avons refusé de voir la vérité en face pour nous attaqué à Kouyaté et à son Gouvernement au lieu de les soutenir. Le peule a été trahi

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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