jeudi 11 septembre 2008
Avons-nous le droit de parler à la place des 287 jeunes martyrs tombes sous les balles des flingueurs de Lansana Conte entre janvier février 2007 ?
Bengaly Gassama

Si oui, parlons-en avec fierté et reconnaissance sans ambages.

Chers compatriotes !

Dans toutes les démocraties du monde, la grève est un droit du peuple. Mais celle de la Guinée contient des substances corrosives et porte des épines venimeuses. Ce qui explique qu'on ne peut ni être dedans ni l'approcher.

Notre pays qui était le seul havre de paix dans la sous-région, affiche aujourd'hui des énormités impardonnables. De 1985 à l'an 2007, le vieux général a rejeté 8 premiers ministres. c'est dire qu'aucun profil ne le convenait faute de confiance et la peur de se voir évincer.

La question qu'on se pose! Comment Lansana Conté a-t-il réussi à bâillonner et embouteiller tout un peuple dans son silence coupable et loin de son peuple en téléchargeant avec dextérité toutes les formes de contusions politiques sans ripostes ?

Les partis politiques, les institutions républicaines et les sociétés civiles qui ont tous les moyens juridiques d'infléchir son stratagème et ses diversions politiques sont  devenus ses pâtes à modeler, sinon ont tous fait des allégeances pour être à l'abri des restrictions vitales. C'est contre toutes ces insuffisances, que les jeunes ont choisi la rue avec l'appui des syndicats pour déclencher ce mouvement de grève illimitée jusqu'au déguerpissement du gouvernement d'Alors.

MES CHERS COMPATRIOTES !

La mort, c'est sans doute le prix à payer pour être en vie. Mourir de sa belle mort est surement la forme naturelle de quitter ce monde. Mais accepter de mourir en se sacrifiant pour défendre l'intérêt de toute une nation en est une. ILS n'ont pas choisi de descendre dans les rues pour un simple cri à la cantonade - c'était plutôt dénoncer avec adresse la mal gouvernance qui asphyxie notre pays depuis son accession à l'indépendance. Avant qu'ils ne se lancent dans cette action revendicative hautement risquée, ils ont d'abord campé nos dirigeants sous le trait des spadassins malhonnêtes qui spolient ce peuple de tout son patrimoine économique sans le moindre soucis pour la postérité. SI le constat révèle que la Guinée est une nation riche, Mais cette hiérarchie économique dont bénéficie notre pays ne profite guère à la population, faute de conscience, de justice et de l'incapacité. C'est pourquoi de la première république à cette deuxième, nous occupons toujours le bas de l'échelle selon les dernières statistiques. Nous vivons dans un pays qui regorge des plus grands sites énergétiques (l'eau et foret) sinon meilleurs de la sous-région. Alors pourquoi la Guinée dans ce siècle de toutes les faveurs technologiques, a-t-elle  du mal à se redresser pour subvenir aux besoins de sa population en matière de service sociaux de base ? Pour répondre exactement à cette question, je dirai simplement que le détournement des deniers publiques, l’impunité et l'injustice, la haine et l'ethnocentrisme ont été l'entorse pour sortir ce pays de ce marasme économique.

La revendication de ces braves jeunes étant tirée au clair, nous met devant un fait accompli pour nous servir de leur sang comme encre afin de noter leur action pour la postérité.

Que la terre leur soit legère, et que dieu les reçoit dans son paradis.

AMEN !

Bengaly Gassama
pour www.guineeactu.com

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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