On était allé au CNC voir à quoi ressemble Martine Condé, la première dame au CNC, et les journaleux trouvent qu’elle ressemble à une dame fouettarde. Malgré son ton maternel et la nonchalance dans la tchatche, c’est une eau dormante pour les journaleux.
Pour cette première apparition, Martine Condé s’est entourée de tout son staff du CNC, du conseiller juridique du ministère de la Communication et du chef de l’ARPT. Il y a eu cacophonie sur toute la ligne : La présidente du CNC veut réactiver la loi de 91 avec ses restrictions draconiennes sur la presse, loi dont on dit qu’elle était trop astreignante et trop coercitive, autant dire une loi de bâillonnement et de censure.
Ensuite, entre le conseiller juridique et le directeur de l’autorité de régulation des postes et télécommunications, il y a des intérêts contraires : L’ARPT a octroyé trop de licences et fréquences, ce qui serait illicite mais l’ARPT demande que ces licences « illicites » paient leurs redevances. Selon le conseiller juridique, il ne devrait pas y avoir deux ou plusieurs radios pour un seul individu ; et un homme politique ne devrait pas avoir un organe de presse ou une radio ou TV. Autant dire que ceux qui exercent ces « doubles fonctions » doivent jeter une éponge. Bizarre ! En même temps, l’ARPT demande des redevances à toutes ces radios agréées par elle. On ne sait plus à quel Saint se vouer. Le montant faramineux des redevances des radios s’élèverait à 2 milliards. De quoi faire gueuler les bavards. Les téléphonies mobiles aussi sont sur la sellette. A un moment économique difficile, on se demande comment s’en sortir.
La descente aux enfers de la presse
Subventions insuffisantes : les 300 millions pour la presse écrite, au départ, se partagent actuellement avec Radios, TV et Presse en ligne en foisonnement. Mais, toutes les subventions sont allées dans les poches des propriétaires de presse sans que les journaleux n’en bénéficient. On doit se demander réellement si les subventions sont données pour être partagées entre les journaleux ou pour atténuer les coûts de production de plus en plus élevés. Bien des titres n’arrivent plus à joindre les deux bouts et les journaleux changent d’organes comme de chemises. Cette galère des ouvriers des médias ne prendra fin qu’avec le démarrage effectif de la HAC. Dans cette situation, les journaleux de tout bord sont concernés : presse écrite, radios et TV privées, chacun se plaint de quelque chose. Certains rappels d’arriérés de paiements vont être intéressants…
L’augmentation des intrants oblige la hausse du prix de vente à 3000fg. Selon l’AGEPI
Certains journaux paraissent, comparaissent et disparaissent. Le procès intenté par Aboubacar Sylla, l’ex-deux fois ministre de l’information, contre un canard déplumé de la place va faire des vagues : Si Aboubacar Sylla gagne ce procès, il va lui coller une belle amende, et ce sera : adieux les belles plumes… sur les plus de 200 titres, seuls une dizaine paraissent régulièrement, et une cinquantaine lorgnent les futures subventions. D’autres se sont tout simplement éteints. L’on se prépare actuellement à faire paraître deux ou trois numéros à l’approche de la tombée de ces subventions. Quel sera le montant ?
Ségrégation de la presse privée
On ne sait pas si c’est une consigne des autorités montrant la presse privée du doigt et les bidasses qu’on place pour leur barrer la route font mal à l’ingénu ou quoi mais, il est vrai que la presse privée est bien souvent ségréguée. On entend dire « La RTG est déjà là, ça suffit ! »
Ce que ces ignorants en tenue ignorent, c’est que les sources d’informations doivent être diversifiées pour que l’homme de la rue fasse le recoupement. Un évènement peut être interprété trente six fois différemment par les observateurs ou rapporteurs présents, selon leurs points de vue. C’est à la population de faire la part des choses. Les citoyens doivent être bien informés et par différentes sources. Bien informé, le citoyen lambda participe au débat citoyen, au débat démocratique constructif ; mal informé, il est sujet à des manipulations de la rumeur. Les gouvernants doivent faire le choix. Seuls les régimes politiques qui gouvernent à vue, qui tâtonnent ou qui nagent en eau trouble n’ont pas intérêt à ce que la presse soit au courant de ce qu’ils font mais ceux qui gouvernent dans la transparence pour le bonheur et le bien-être des populations n’ont rien à craindre des médias. A preuve, quand ils ont quelque chose d’importance à communiquer et à populariser, ils invitent et convient la presse. Papa Koly, n’est-ce pas ?
Au temps de Dadis, il avait « sa » radio. Et celle-ci avait même plus d’audience que la RTG, qui s’en est plaint. D’ailleurs, un jour que Dadis, le prodigue, distribuait des nèm-nèm aux journaleux, celui qui passait devant la table de Dadis se faisait identifier ainsi que son organe de presse, et il recevait un paquet de sous ; un plumeau de Horoya se présente : « Horoya, attendez à côté ! Vous, c’est nous, on est ensemble ».
Quel sera la presse élue des temps modernes d’Alpha Condé en Guinée ?
Ainsi, comme cela le sous-entend, la presse publique fait son travail, celui de parler des actions tape-à-l’œil de l’Etat et passer sous silence ses déboires. Partout cela se passe ainsi. C’est bon pour un pouvoir qui veut tromper son peuple. Le résultat vient de sortir de l’ombre en Tunisie et en Egypte, et ça continue. Un pouvoir qui veut de la transparence et qui est prêt à faire son mea culpa, le cas échéant, n’a aucun besoin de faire de la ségrégation et de faire la distinction entre des différents médias. Un pouvoir fort est propre et un pouvoir propre a besoin d’une presse forte.
La Guinée n’est pas encore sortie de l’ornière. Les survivances nocives sont trop ancrées dans les habitudes et elles peuvent rester indétectables pour les gouvernants. Les fouineurs de la presse peuvent les mettre au grand jour. Mais pour autant la dépénalisation des délits de presse est à double tranchant : Le niveau trop bas des journaleux et certaines mentalités grégaires peuvent les entraîner dans des « digressions »dangereuses ». Et puis la montée de l’ethnicité et la victimisation qui sortent des débats publics, il faut brandir l’épée de Damoclès plus souvent que prévu pour éviter l’incendie. Les hommes politiques doivent faire gaffe à leur langue. Celui qui dit des choses en public les assume. La presse est là pour reporter ces gaffes, bourdes et plantages, n’en déplaise à ceux qui ont la gâchette facile.
Il paraît que Resco, comme MBemba Bangoura, vient de filer une belle baffe à un huissier, lors de l’exécution d’une décision judiciaire « en l’absence du président de la république » (sic). Si les journalistes en parlent, n’ont-ils pas droit d’en parler ? L’essentiel dans la déontologie et dans l’éthique est de ne pas dire pour juger, pour fustiger ou pour jeter l’opprobre sur eux mais pour informer les populations. Et donner la parole à toutes les parties. Le droit de réponse permet de se justifier ou de répondre aux accusations.
Le colonel Tiégboro, nous dit-on, vient de faire des déclarations contre la justice. L’on est bien remonté, là-bas, contre lui. S’il a eu tout le loisir de se défouler sur la « justice de l’époque » en faisant fi de ses décision, les magistrats et avocats ont aussi bien le droit de défendre leur position. C’est vrai que tous les présumés narcotrafiquants sont élargis par la justice, mais avait-elle, dans le sens du droit, le droit de les retenir sans preuve ? D’ailleurs, n’est-ce pas les dossiers mal ficelés du début, lors des arrestations, qui ont mis la justice dans une posture inconfortable ? L’infraction pénale de la drogue est matérielle. Un OPJ ne se fie pas à son impulsivité ou à son impétuosité. Il ne juge pas ! Cela ne va pas sans la méthode.
Un épisode de la série de « L’Inspecteur Derrick » nous montre comment la drogue a circulé et comment les personnes apparemment innocentes et angéliques peuvent brouiller les cartes. Il avait fallu du nez, comme on dit, ou du tact et surtout de la patience pour que Derrick dénoue l’énigme. En fait, un cas de saisie en flagrant délit de drogue est la résolution d’une énigme pour un OPJ. Le jeu du chat et de la souris tourne le plus souvent à l’avantage de la souris, qui a mille tours de passe-passe pour tromper et pour passer entre les mailles. Tiégboro, s’il est un bon investigateur et un bon enquêteur, comme il l’a démontré dans le démantèlement du réseau de voleurs de carburant – on attend toujours le jugement de ces malfrats –, il est, par contre, trop sûr et catégorique, et croit que tout ce qu’il fait doit être pris à la lettre. Faute grave ! C’est aux autres d’apprécier, pas à l’auteur.
On dit aussi qu’il a tiré sur la justice. Il y a concertation, conciliabule et on chuchote sur la manière de répliquer à cette attaque. En cas d’un nouveau bras de fer entre la justice et Tiégboro, ça va barder ! Tiégboro, en tant qu’auxiliaire de justice, ne doit pas dégainer contre elle à ses risques et périls.
D’ailleurs, Nicolas Sarkozy vient de tirer, lui aussi, sur la justice de son pays ; et les magistrats sont immédiatement allés en grève en suspendant toutes les audiences. On attend la suite de ce tour de force.
Entourloupe à la RTG
Quand Diris Dialé Doré est venu dans ce département, nous l’avions mis en garde sur les traquenards et collets que les habitants de cette boite gondolée se sont posés. Les problèmes n’ont pas attendu et c’est Kaba Condé, le dirlo de la radio nationale, qui s’est fait prendre au collet dans un des multiples collets posés, tout en sachant bien qu’il avançait sur terrain miné.
Dans le cas Kaba Condé, les murmures avaient commencé avec cette mobilisation hyper médiatisée digne du temps du PDG. A un moment où la situation économique est en berne, mobiliser les habitants qui peinent à gagner une subsistance pour réceptionner le président, dût-il être Alpha Condé, la lassitude ne va pas tarder. Cette mobilisation avait pris plus de trois heures pour presqu’une heure de parcours du cortège présidentiel. Time is money ! Et comme il y avait money dans cette affaire, 10 millions qui ne sont pas allés à destination, et voilà la grande « cabale ». On ne bouffe pas les petits sous des baveux des radios privées, et surtout des mêmes de la même boîte que lui. Ça, c’est se faire « kiri-kiri ». Il vient de se rendre compte à ses dépens en s’empalant sur ces dix briques de malheur : La cabale, comme il l’appelle, vient d’avoir sa hure. Mais pour autant, il a lâché quelque chose sur les différentes annonces des jeux et autres PMU qui passent sur la RTG, et il se demande où va tout cet argent. Une bombe qui, si elle éclate, va faire des fragmentations
Quand on voit que tout le monde se plaint dans cette boîte, on se demande s’il est vraiment intéressant d’être travailleur de la RTG. D’un simple avis, le grand déballage contre « cette cabale »de Kaba Condé n’est qu’à ses débuts. Avis de tempête à la RTG ?
C’est vrai que le PMU passe trop de spots et de cagoteries au lieu de montrer les séquences des courses. Les parieurs préfèrent voir, analyser et étudier tous les paramètres d’une course que de voir des bouffonneries et des remises de gros sous et qui font croire que PMU maquille quelque chose. Un grand vent souffle sur les médias guinéens comme sur le chêne et le roseau…
Moïse Sidibé
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com