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Je ne dis pas déclaration ni communiqué, mots qu'on utilise à profusion actuellement, mais un avis sur ce que nos frères et sœurs compatriotes de bonne volonté et de dévouement veulent réaliser pour unir la Communauté guinéenne en France.
Je dois d'abord m'excuser de n'être pas présent parmi vous, comme je l'aurais vraiment souhaiter. Je suis même de plus en plus rare aux rencontres de l'Association des Cadres et Techniciens d'Origine Guinéenne (ACTOG), dont j'ai été membre fondateur avec son premier Président Maligui Soumah et d'autres en 1986.
Même si je ne suis pas régulier aux réunions de l'ACTOG, je continue d'entretenir des contacts suivis avec son dynamique Président actuel, mon ami Abou Katty. Comme association, certains le savent, l'ACTOG, sans bruit, a apporté depuis des années, une substantielle contribution à la Guinée dans divers domaines.
L'opacité et la méfiance sur la diaspora des gouvernements successifs guinéens ont étouffé toute cette contribution. Cette méfiance est profondément ancrée dans la tête de beaucoup de nos compatriotes de l'intérieur. Rappelez-vous quand feu Lansana Conté disait en 1999, à propos de la diaspora guinéenne : "Tant que je serai vivant, vous d'accéderez jamais au pouvoir. Pendant que nous souffrions sous la dictature, vous étiez partis. Vous ne pouvez pas aujourd'hui, quitter votre exil doré pour venir nous commander".
Cette idée est largement partagée par bien des Guinéens de l'encadrement politique du pays, malgré les effusions de sentiments de fraternité, lors de rencontres avec des diaspos. L'idée de feu Lansana Conté, rappelée ci-dessus, remonte à plus loin que son temps de présidence.
C'est pourquoi, étant tous (diaspos et sédentaires) des Guinéens de sang et de sol (nos ancêtres communs y sont nés et y reposent), il faut que la diaspora continue, même en vivant ailleurs à s'accrocher à la Guinée, notre République commune (notre chose publique). Il faut que les éléments conscients de la diaspora cessent de se comporter en larbins des pouvoirs en place.
Pour ceux qui vivent à l'étranger et qui ont des formations et des compétences, ils doivent éviter la fascination du pouvoir, mais envisager seulement la mise de leur savoir-faire et compétences au service de la Guinée, notamment dans le secteur privé, créateur de la richesse de la Nation, et pourquoi pas dans le secteur public, même sans avoir forcément pour point de mire, un poste ministériel ou de haut fonctionnaire, comme c'est le comportement courant.
On a affirmé, à tort ou à raison, que c'est l'objectif qui anime certains de nos compatriotes qui, tout en parlant d'union de la diaspora, s'activent comme de faux bourdons, pour se créer un tremplin de lancement en politique. C'est une erreur, car vos communiqués, vos déclarations ne sont pas lus sérieusement, à plus forte raison pris en considération, par les dirigeants jusqu'ici.
Pour les nouveaux dirigeants, il faut attendre pour voir. Aussi la multiplication des activités pour créer différents organismes, n'aura aucune retombée immédiate en Guinée. Vous aviez remarqué que depuis toujours, les gouvernements successifs de feu Lansana n'avaient le plus souvent, jamais fait entrer des diaspos dans son sérail, que par des canaux de proximité (famille, parenté, recommandations expresses). Ce procédé ne va-t-il pas se poursuivre ? Attendons de voir !
Aussi pour l'ensemble de la diaspora en France et même ailleurs, cherchons à constituer une Coordination plus dynamique des associations. Les associations actuelles et telles qu'elles sont, ont leur légitimité et des champs d'action plus restreints, et ces associations comptent parfois d'ailleurs toutes les sensibilités politiques du pays.
Le principe de la coordination n'est pas la constitution d'un parti politique unique. Bien intégrée, une coordination des associations guinéennes peut donner à la diaspora une crédibilité plus grande.
De fait, nous avons une Coordination des associations guinéennes en France (CAGF), que deux de nos frères ont successivement présidée, avec dévouement et compétence : Sorel Kéita et Campel Cissé.
Le couac est arrivé dans la CAGF, quand sont intervenues en 2007, les élections de renouvellement de Président, remportées par Campel Cissé. Sorel Kéita, ancien Président dynamique (que j'ai parfois rencontré dans le passé à l'ACTOG), n'a pas semblé admettre le verdict des urnes, en refusant de remettre au nouveau Président, tous les documents de la CAGF.
Les manœuvres subalternes qui résultent de cette affaire, ne peuvent mener nulle part. C'est une situation qui laisse pantois, d'autant que je garde une image de dévouement de la part de Sorel, pendant son mandat. Un exemple du dévouement de Sorel a été, quand il nous avait réunis, pour une collecte de fonds à l'Avenue de Flandre, dans Paris 19, pour une aide au pays, après les dramatiques évènements de janvier-février 2007.
Il faut que Sorel rende à Campel tous les documents de la CAGF. Cela, c'est de la transparence, et j'aurais tenu les mêmes propos, si Sorel avait été à la place de Campel à la CAGF.
Enfin, pour être crédible, il faut cesser la multiplication des organismes, à moins d'intégrer la CAGF. Je m'adresse ici à :
- La FAGAF d'Ismaël Bah ;
- Le Conseil supérieur des Guinéens en France de Pierre Fofana ;
- L'AUR de Bakary Diakité ;
- Toutes les manœuvres de division qui sabotent une coordination large et solide.
Toutes ces tentatives peuvent, tout en suivant leurs objectifs pour la Guinée, continuer à insuffler leur dynamisme dans le cadre de la CAGF.
L'ACTOG qui réunit tous les cadres et techniciens qui, par ailleurs, peuvent être membres d'associations diverses adhérentes de la CAGF, travaille activement avec la CAGF par l'entremise de son Président Abou Katty.
Tel est l'objet principal de cet avis. J'avoue sincèrement que j'aurais souhaité assister à la réunion du 17 janvier 2009, mais de douloureux maux de cheville gauche, doublés d'une bronchite actuelle, limitent ma mobilité, mais n'affectent nullement, Dieu merci, mes capacités de réflexion. C'est d'ailleurs dans ce cadre d'aînés, que des cadets nous ont nommés affectueusement, en référence à nos traditions africaines : les DOYENS. De façon informelle, nous avons, à quatre, endossé l'habit de doyens : Dr Thierno Bah, Julien Condé, Ansoumane Doré et Aboubacar Boundou Touré. C'était tout à fait informel, j'y insiste. Il y a en effet beaucoup d'autres doyens ici en France.
Ces doyens, pour mériter la considération du respect d'aînesse, doivent éviter de tomber dans le folklore habituel, et parler vrai. Je le rappelle, il ne s'agit ni d'une association ni d'un cénacle de patriarches mais, par leurs expériences personnelles, professionnelles et de vie tout court, ils peuvent parler de diverses choses :
- des avis sur différentes choses ;
- les cinquante années de la Guinée, même ressenties du dehors, et il s'agit d'approches pas toujours loin de la réalité vécue;
- l'évolution du monde depuis qu'eux-mêmes étaient étudiants dans les années 1950;
- leurs expériences personnelles bien que le monde change vite, etc. etc.
Sur ce, je souhaite des succès à votre rencontre et je demande à ceux que j'ai égratignés de ne pas m'en tenir rigueur, mais je ne suis pas partisan de la langue de bois.
Fraternellement à toutes et à tous !
Ansoumane Doré
pour www.guineeactu.com
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