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Depuis plus de 48 heures nous lisons des écrits alarmants à propos de l'élection présidentielle guinéenne. Les uns et les autres doivent comprendre que les élections sont certes nécessaires pour que la démocratie existe mais des fois, des élections même bien organisées, ne signifient pas que nous avons nécessairement une démocratie.
Notre souhait a toujours été que l'élection présidentielle guinéenne soit juste et transparente. Ceci étant dit, il faut être naïf pour ne pas voir les nombreux obstacles qui se trouvent toujours sur le chemin de la démocratie guinéenne. En d'autres termes, il est difficile voir impossible de changer les habitudes du jour au lendemain. Le vote ethnique n'est pas spécifique à la Guinée. La pauvreté, l'oppression économique et sociale, la recherche de la sécurité, de la nourriture, de l'eau et de l'emploi font qu'on préfère voter pour celui qu'on pense être le plus proche...ethniquement. Dans un tel contexte, il n'est point étonnant de voir les plus zélés et ceux qui tirent toutes leurs ressources financières de nos mauvaises politiques Africaines faire des fraudes. C'est bien triste de constater que ces zelès et ces médiocres du monde économique, industriel et financier ne veulent qu'une démocratie qui profite au candidat de l'ethnie et/ou à l'ethnie elle-même. Ils ne prennent pas en considération les inquiétudes des autres composantes sociales.
Les réponses aux questions suivantes peuvent facilement nous aider à savoir si les fraudes dont on parle ont eu lieu ou non:
«Who was eligible to vote?
Who actually voted?
Was the vote cast the same vote that was actually counted?
Was vote-counting accurate?"
En d'autres termes, qui devraient voter conformément aux lois en vigueur?
Qui a voté ?
Est-ce que les suffrages exprimés sont les mêmes qui ont été comptés?
Est-ce que le compte des votes a été fait correctement?
Il y a probablement eu des fraudes mais est-ce que l'ampleur desdites fraudes est importante pour annuler l'élection présidentielle?
Franchement, je n'ai pas de réponse à cette question. Cependant, je conseillerais aux acteurs politiques guinéens de former un gouvernement d'union autour du "gagnant."
Il faut savoir avancer. Le "gagnant" ne doit pas tout prendre et le "perdant" ne doit pas tout perdre.
Le Général Sékouba Konaté a fait preuve d'une très grande sagesse. Les militaires vont retourner dans leurs casernes. Les dirigeants civils doivent savoir qu'ils n'ont pas droit à l'erreur. Le vaillant peuple guinéen, l'Afrique et le monde les regardent!
Seydou Coulibaly, Philadelphia, Pennsylvania, USA Professeur
www.guineeactu.com
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