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« Je suis jeune, il est vrai, mais aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années » (Paroles du jeune Don Rodrigue au Comte, le Père de Chimène, son amante ; cf. Le Cid de Pierre Corneille). Et moi je reformule : « Jeunes de Guinée, nous sommes jeunes, il est vrai, mais aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années ».
Jeunes de Guinée, je nous exhorte pour que cette parole soit la nôtre à l’adresse des hommes politiques guinéens d’aujourd’hui dont le rôle ne fait que dompter la Guinée dans cette misère humiliante et déshumanisante. Mettons fin à leur divagation et à leur arrogance. Donnons-leur la leçon qu’ils devraient nous enseigner en ce moment où notre pays est sur le point de croupir définitivement par leur refus catégorique et insolent de vouloir du bonheur du pays de leurs pères et de leurs ancêtres.
Jeunes de Guinée n’oublions pas que nous sommes toujours utilisés comme marionnette par eux pour assouvir leurs objectifs égoïstes du pouvoir. Ces messieurs et dames ont leurs enfants dans de grandes écoles à l’extérieur, pas en Guinée. Vous savez bien, pour notre éducation, ils ont tout bâclé pour que demain leurs enfants reviennent nous faire boire leur méchanceté. Plusieurs fois ils nous ont envoyés à l’abattoir pendant qu’au même moment eux et leurs enfants, de notre âge sont protégés dans de somptueuses villas dans d’autres pays. Ces villas vous le savez bien, sont achetées à des prix de luxe à partir de l’argent de tous les guinéens qu’ils ont détournés impunément. Quand ils nous envoient à la mort ils s’en fuient et se limitent à des déclarations égoïstes sur les médias. N’oublions pas ! N’oublions plus ! Aujourd’hui on nous fait encore applaudir, ne nous y trompons pas ! Ne nous y trompons plus ! Ils sont égoïstes, ils ne veulent pas du bonheur de notre belle et chère Guinée.
Sinon, jeunes de Guinée, comment peut-on expliquer que ces hommes et ces femmes qui se disent censés conduire une nation souveraine, des hommes qui flattent leur intelligence et leur leadership politiques ; ces gens et leurs acolytes s’en pressent d’aller aux élections sans bases réelles et rassurantes ? Elections pour élections ? Sans constitution ? Sans l’unité nationale ?
Pourquoi sont-ils si pressés ?
Ces grands messieurs et grandes dames voient enfin que l’heure est venue pour finir complètement avec le pays des hommes épris de liberté. Chacun d’eux se croit comme le gagnant de ses élections qui viennent. Tant mieux mais qu’en les gagnant que le peuple ne meurt pas après, comme jusque là !
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Un premier groupe d’entre eux est pressé d’y aller pour qu’à leur arrivée aux commandes du pays, ils se fassent leur constitution qu’ils nous imposeront. Rappelons nous, le feu Général nous en avait fait. Voyons aussi ce qui s’est passé au Niger. Voulons-nous cela ?
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Un second groupe est pressé pour qu’à son arrivée au pouvoir, les pieds soient mis sur les détournements dans lesquels ils sont impliqués. Quant ils seront élus on en parlera plus jamais jusqu’à leur mort. Voulons-nous cela ?
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Un troisième groupe, ceux qui se font les grands accompagnateurs du processus de transition, eux passent aujourd’hui comme les sauveurs du peuple. Eux comptent mettre leurs hommes à la tête du pays pour protéger leur hypocrisie pour toute leur vie en leur attribuant des valeurs erronées de leur propre être. Ce qui risque de donner et de coller à notre histoire un faux jugement de valeurs et d’appréciation. Voulons-nous cela ?
Jeunes de Guinée, pour être objectifs, exigeons des élections, mais des élections démocratiques. Notre avenir en dépend. Sinon nous serons comme beaucoup d’autres pays en Afrique apparemment démocratiques, mais qui voient un président de République passer 40 ans au pouvoir, jusqu’à sa mort puis être remplacé frauduleusement par son fils militaire, avec les compliments et les félicitations de la communauté internationale ; ce soit disant garant de la démocratie qui condamne les pays non démocratiques… Ah quelle démocratie ! Pourvu qu’elle soit en Afrique. Ou bien on sera comme un autre pays d’Afrique où on fait porter le fils du président mourant à la tête de l’assemblée nationale par violation constitutionnelle afin de faire de lui enfin le président. Et nous verrons tant qu’il vivra il sera toujours réélu, il vient de le démontrer récemment. A moins que ces amis l’abandonnent en chemin.
Jeunes de Guinée, exigeons des élections, mais des élections libres et transparentes. Notre avenir en dépend, j’insiste. Nous sommes d’ailleurs cet avenir. Parlant d’avenir ces politiciens doivent tenir compte de nous. Car c’est pour nous et avec nous que cet avenir sera fait. Nous avons notre mot à dire. Et ce mot, notre vision je vous la formule ici bas. Nous pouvons l’amender. Amendons-la et exigeons à ces malins de se mettre dans cette direction.
La voici par ordre de réalisation:
1. Refaire la constitution guinéenne
Là-dedans, revoir en profondeur la mention politique. Reformer le visage politique.
a. Notre pays compte aujourd’hui plus de 118 partis politiques. Quel pluralisme ? Ceci est une manifestation réelle de notre division ou de notre opportunisme. Il faut adopter et fusionner les partis en 2 à 3 partis politiques et en faire de véritables institutions politiques différentes des regroupements ethniques et régionaux comme nous les connaissons aujourd’hui.
b. Ou bien si la notion de faire 2 ou 3 partis pour tout le pays est ennuyant pour les affamés du pouvoir, exiger des élections primaires aux 118 partis et exiger que seuls les partis qui auraient obtenu au minimum 20% de voix dans chacune des Régions naturelles sont admis à aller aux présidentielles.
c. Fixer la durée du mandat présidentiel à 5 ans renouvelables une seule fois. C’est dire qu’une personne ne peut être président plus de 10 ans. 10 ans en 2 mandats (si possible) sont le maximum pour un président, pas plus !
2. Auditer les candidats à la présidence sur leur gestion du pays
3. Organiser les élections présidentielles, libres, transparentes et indépendantes
4. Revenir sur les aspects d’injustice pour réparer tous les dommages causés au peuple de Guinée pour une véritable paix. Nul ne devrait être au dessus de la loi. La véritable unité nationale en dépendra. La loi est dure, mais elle reste la loi.
Nous devons aller vite, c’est vrai, mais profitons de ce tumulte pour en finir définitivement avec ce type d’Etat. C’est opportun. Saisissons ce temps pour poser les bases réelles de notre République. Dit-on qui veut aller loin ménage sa monture. Ne faisons pas la frappe à l’œil juste pour faire plaisir. Saisissons cette chance ! Peut être en acceptant cet ordre de priorité et en s’y mettant avec foi et rigueur, nous arriverons dans un temps encore très record. Il suffira d’ajouter encore un petit temps pour finir avec tout ça.
Jeunes de Guinée, les grands hommes tiennent des visions et des ambitions de bien être ; mais les petits hommes se résignent et se contentent d’être manipulés. Les grands hommes sont responsables, libres et souverains ; mais les petits hommes ne sont pas maîtres de leur propre avenir, ils reçoivent des ordres d’autres et les exécutent. Les grands hommes publics luttent pour leur peuple, pour la dignité et le bien-être de ceux-ci ; mais les petits hommes publics sont égoïstes et ne luttent que pour eux-mêmes, ils vendent leur peuple. Les grands hommes n’applaudissent pas des gens sans visions et des exécuteurs d’ordre ; les grands hommes analysent et trouvent leur propre chemin.
Jeunes de Guinée, soyons de grands hommes, soyons des hommes libres, soyons des hommes responsables. Les grands peuples de ce monde ont lutté pour une vision de l’homme libre et responsable. Ils ont voulu, de leur propre gré, être une grande nation en écoutant leurs propres aspirations d’être et de nation et non en appliquant ce que d’autres ont voulu d’eux.
Jeunes de Guinée, saisissons les associations que nous dirigeons, saisissons des groupes qui partagent cette vision. Appelons nos mères, les braves femmes de Guinée à notre secours. Interpelons les sages sur ce que des gens veulent faire de notre avenir, c’est de notre droit il s’agit. C’est notre devoir d’agir. Des malintentionnés s’en moqueront, ils nous traiteront de rêveurs, oui un homme qui ne rêve pas ne vit pas non plus. Tous les grands hommes, les grands peuples de ce monde ont rêvé. Et pour leurs rêves, ils ont crée les moyens qu’il fallait pour les réaliser. Nous sommes des hommes, c'est-à-dire des créateurs qui agissent pour leur bien être.
Agissons donc !
Les grands évènements, les grands changements exigent de grands hommes !
Les grandes nations exigent de grands hommes !
Osons donc !
Jean Baptiste Kolié
www.guineeactu.com
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