lundi 31 mars 2008
Autosuffisance alimentaire : Un nécessaire retour à la terre
Rizières en Guinée

Les Guinéens, depuis quelque temps, font face à ce que l’on pourrait qualifier d’insécurité alimentaire. Avec la flambée spectaculaire des prix des denrées alimentaires, la plupart des ménages n’arrivent plus à manger à leur faim. Pourtant, si les populations guinéennes acceptaient de se tourner résolument vers l’agriculture, il est à parier qu’elles parviendraient à bouter la faim hors de leur pays. Mais hélas…

Le manger, on le sait, fait partie des besoins primaires de l’homme. Après bientôt un demi-siècle d’indépendance, l’on constate, avec beaucoup de regrets, que le Guinéen moyen ne mange pas à sa faim. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, il se complaît de plus en plus à dépendre de l’extérieur dans le domaine alimentaire.

Au lieu d’investir considérablement dans l’agriculture pour faire de l’autosuffisance alimentaire une réalité tangible en Guinée, les opérateurs économiques, dans leur immense majorité, ont curieusement choisi de se tourner vers l’importation et la commercialisation des denrées alimentaires, dont le riz, l’aliment de base de la population. Par les temps qui courent, l’on assiste, impuissant, à une extraordinaire flambée du prix de cette céréale sur le marché international. Et comme les Guinéens ont appris, ces dernières années, à vivre essentiellement des dons et des importations de riz, il va sans dire qu’ils subiront inévitablement les effets de ces fluctuations.

Les pays producteurs de riz commencent eux aussi à rencontrer d’énormes difficultés, au grand dam des pays qui vivent de leurs productions.

Parmi ces pays, on peut citer en premier lieu la Guinée, un pays particulièrement gâté par la nature. La pluviométrie y est assez abondante pour favoriser toutes sortes de cultures (vivrières ou industrielles). Quant aux terres cultivables, elles s’étendent à perte de vue dans les quatre régions naturelles que compte le pays (le Littoral, le Foutah, la Savane et la Forêt). Les bras valides, pour leur part, ne demandent qu’à être encouragés et motivés pour s’adonner aux activités agricoles, pour le plus grand bien de leurs communautés respectives. Curieusement, avec tous ces atouts dont elle dispose, la Guinée continue de faire partie des pays où les populations, majoritairement, ne mangent pas à leur faim. Il serait souhaitable que des dispositions pratiques soient prises, en lieu et place des discours démagogiques, pour que les Guinéens tournent enfin le dos à cette insécurité alimentaire qui tend visiblement à devenir leur lot quotidien. De l’avis de maints observateurs, cette situation de dépendance est loin d’honorer la Guinée qui, avec ses 10 millions d’habitants et ses immenses ressources du sol et du sous-sol, pouvait normalement se hisser au rang des nations prospères où la faim n’aurait pas droit de cité. Mais hélas !

Les Guinéens perdent aussitôt le sourire dès que les bateaux de riz se font attendre au Port autonome de Conakry. Et la moindre hausse du prix de cette denrée provoque immédiatement des grincements de dents dans les ménages. Le chef de l’Etat, le Général Lansana Conté, dans ses différents discours à la nation guinéenne, a toujours invité ses compatriotes à se tourner vers l’agriculture pour gagner le pari de l’autosuffisance alimentaire. Aujourd’hui, cet appel présidentiel reste d’actualité. Les opérateurs économiques du pays, parallèlement à leurs importations, devraient maintenant comprendre la nécessité de s’investir considérablement dans les activités agricoles. L’on ne saurait indéfiniment croiser les mains pour attendre des importations et des dons de riz.

Mamy Dioubaté              
L’Indépendant, partenaire de www.guineeacu.com

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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