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Depuis l’avènement de la junte militaire et son CNDD au pouvoir en Guinée, l’un des dossiers les plus brûlants est incontestablement celui des audits.
Les Guinéens en ragotent à cœur joie. Comme si l’avenir de ce pays dépendait exclusivement de ces audits qui ne concernent que certains secteurs de l’appareil d’Etat. C’est une action hautement salutaire. Il faut le reconnaître.
Elle serait plus salutaire, si elle se passait dans une bonne orthodoxie, avec une plus grande sérénité, beaucoup d’impartialité et moins de tapage. Surtout avec moins d’amateurisme et des règlements de comptes.
Mais …, si l’on ne prend garde, ces audits risquent fort d’être une montagne qui accouchera d’une souris.
Quelques éléments, faits et questions fondent notre opinion là-dessus dont, entre autres, le passé et la position du Ministre du Contrôle d’Etat, les méthodes employéés par le comité d’audit…, etc.
- Zoom sur le fond minier et l’attitude du Ministre du Contrôle d’Etat.
Le Ministère des mines dans son ensemble fait partie des secteurs cibles du Comité d’Audit et du Ministère du Contrôle d’Etat. Le Fond Minier qui a constitué la « vache laitière » des Ministres, de la Présidence et autres cadres vautours du temps de CONTE, demeure une affaire aux contours complexes, mais qui risque bien de ne jamais aboutir à des résultats clairs, objectifs et impartiaux. Ceci à cause du passé sulfureux de l’auditeur – Contrôleur en Chef ; à savoir le Ministre du Contrôle d’Etat qui était à l’époque de certaines malversations enregistrées sur ce Fond Minier, Inspecteur Général du Ministère des Mines.
Comment ce Monsieur peut-il ou pourra-t-il accepter que le comité d’audit examine impartialement les sorties d’argent et les paiements indus fait sur ce fond où l’inspection des Mines (et son Chef Al Hassane ONIPOGUI) aussi, avait une dotation et où selon des documents fournis par la presse, l’Inspecteur Général des Mines se serait servi pour lui, pour sa famille et pour des services qui n’ont jamais été effectués ? That is the question !
Et le temps nous donnera la réponse. Puisque le temps est le meilleur juge dans ce monde, ici, bas.
En attendant, à l’état actuel des choses, certaines missions d’audit ont des allures de règlements de compte.
L’opinion n’est toujours pas édifiée sur les raisons de l’arrestation de Ahmed KANTE, ancien Ministre des Mines qui s’était très tôt aperçu de l’implication de l’Inspecteur AL. ONIPOGUI dans la lapidation du Fond Minier.
En fait, KANTE ne fait que payer le renvoi de Monsieur ONIPOGUI par le décret de restructuration qu’il avait réussi à faire signer, mais qui a été publié malheureusement pour lui, le même jour que le décret de son limogeage. Ce qui fait dire à l’actuel Ministre du Contrôle d’Etat qu’il n’a pas été limogé par KANTE. Alors qu’il sait pertinemment que son remplacement à l’Inspection est un acte de KANTE pour justement, la « non justification » des montants qu’il a décaissés au Fond Minier ou qui y ont été décaissés sur sa demande.
Au delà de l’affaire KANTE, le cas d’Ahmed Tidjane SOUARE est aussi illustratif de la partialité du comité d’audit.
SOUARE, lors de son « INTEROGATOIRE » devant le Chef de la Junte, a bien dit ceci : « Monsieur, le Président, Votre Ministre [NDR : parlant de AL. ONIPOGUI] est là, il a travaillé sur le dossier de l’achat des véhicules du Ministère de Mines, …… ». Sic. Si le chef de l’Etat voulait montré une impartialité, c’est ce jour qu’il aurait pris un décret de remplacement ou de suspension provisoire du Ministre du Contrôle d’Etat pour éviter tout conflit d’intérêt ou d’éventuelles pressions de ce Ministre sur les auditeurs.
Ne l’ayant pas fait, le Chef de l’Etat, a porté un grand coup à la crédibilité dont il avait commencé à bénéficier aux yeux d’une grande partie des opinions nationale et internationale pour son impartialité sur certains dossiers. Peut être qu’il n’a pas mesuré l’enjeu. Quoi qu’il en soit, ce fait est consommé. Certains commentateurs vont jusqu’à y voir les facteurs ethnique et régional. Et cette thèse trouve une certaine crédibilité dans la création même de ce Ministère qui est intervenue après la constitution du Gouvernement et la nomination de Ministres. Ce qui donne à ce Ministère et son Ministre un caractère du « Taillé sur Mesure ».
En tout état de cause, l’affaire du fond minier ainsi que les autres scandales enregistrés au Ministère des Mines, démontrent éloquemment que l’actuel Ministre du Contrôle d’Etat n’est pas un homme propre, pire, il est loin d’être objectif et impartial. Tout son combat pour occuper ce Ministère n’a de visée que la vengeance et le règlement de compte contre ses anciens patrons.
Son attitude est une parfaite illustration de l’histoire du voleur –gendarme. Le voleur, une fois devenu gendarme par la force des choses et surtout à cause de ses liens avec le prince, il commence par arrêter, emprisonner et liquider tous ses anciens compagnons avec lesquels il commettait des forfaitures.
C’est le même scénario qu’exécute aujourd’hui AL Hassane ONIPOGUI. Malheureusement pour lui, grâce à la presse, le peuple et l’opinion ont découvert le pot aux roses.
Les preuves matérielles (copies de chèques, fiches de décaissements.., etc.) fournies à sa charge, semblent irréfutables pour celui qui en a besoin. Notamment le Ministre de la Justice, le comité d’audit et le parquet. Et leurs actions et/ou réactions sont très attendues sur ce dossier, qui démontreront si les discours, que tiennent le Chef de l’Etat, son Ministre de la Justice sur l’application de la Loi, sont sincères ou si c’est toujours la justice à deux vitesses. Quoi qu’ils fassent, actions ou inactions, le jugement de l’opinion contre eux est déjà entamé.
Quant à Monsieur ONIPOGUI, il peut continuer à narguer la justice, à mépriser la presse, mais son passé le rattrapera.
Même s’il dit à qui veut l’entendre qu’il est intouchable parce que protéger par le lobby des cadres de la forêt et leur « PARRAIN » Papa Koly KOUROUMA, (Ministre de l’Environnement) qui exercent une forte influence sur DADIS, un jour ou l’autre, il répondra de sa gestion gabegie.
En attendant, ONIPOGUI peut courir et amasser encore d’autres milliards comme il sait le faire, mais l’opinion retiendra son nom parmi les « Voleurs de la Républiques ».
Ça au moins c’est clair !
Mousliou CHERIF, Conakry Juriste
Pour www.guineeactu.com
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