mercredi 13 mai 2009
Auditions publiques et politique de démolition, la Guinée sous le règne du fantasme et de la cruauté!
Lamarana Diallo

La prise du pouvoir par l’armée en décembre dernier a suscité beaucoup d’espoirs et les premiers discours des militaires, accueillis avec enthousiasme, eurent l’effet immédiat de rallier les guinéens des quatre coins du monde, y compris moi-même, autour du CNDD et son président car nul ne souhaitait le prolongement du régime Conté.

 

Les Guinéens dans leur majorité ont voulu voir en Dadis Camara, le sauveur dont le pays avait tant besoin ! Ceci malgré des faiblesses avérées, notamment son niveau intellectuel approximatif et son manque de préparation pour assumer la direction d’un Etat en déconfiture comme le notre. Mais cela, personnellement, ne m’a pas empêché  de croire qu’avec une réelle volonté de bien faire, ces insuffisances pouvaient être compensées par l’apport d’autres guinéens plus aptes. C’est donc volontiers que j’ai accepté de me montrer bienveillant à l’endroit du CNDD malgré le manque de repères civiques et la brutalité légendaire de l’armée envers les populations guinéennes.

 

Toutefois, c’est avec inquiétude que je constate, aujourd’hui, que le message qui émane de Conakry est délibérément brouillé. Une technique bien prisée par les régimes qui ne veulent pas quitter. C’est qui est plus troublant, c’est cette malheureuse tendance que nous avons de penser à court-terme et à encenser nos leaders. Les notant favorablement sur les discours et rarement sur les engagements respectés. Sinon comment expliquer la faiblesse des voix qui s’élèvent actuellement  pour relever les dérives de ce régime sur bien des égards ? Evidemment, en guinée une fois le refrain de la mélodie retenu, personne ne prête plus attention aux couplets qui sortent de la bouche du chanteur, se contentant juste de danser et d’applaudir.

 

Dans l’euphorie générale qui a suivi la mort du deuxième dictateur guinéen, et capitalisant sur cette tendance du guinéen, le président autoproclamé s’est composé une chanson dont la bonne réception était d’avance assurée. A savoir faire de la guinée une démocratie et lutter contre les détournements de fonds publics et le narcotrafic. Depuis, rares sont ceux qui se sont interrogés  sur les contours réels de cette entreprise d’assainissement et de moralisation de la vie publique et sociale, version CNDD. 

     

Il y a certes des choses positives à noter. Mais les dérives et les abus sont monnaie courante. Au point qu’on a tout le mal du monde à réconcilier le discours aux actes.

 

Je vais juste m’intéresser aux auditions et la question des domaines de l’Etat vendus aux citoyens.

 

Arguant la nécessité d’être transparent, le CNDD, à travers les auditions,  s’est  accaparé de l’espace audio-visuel public guinéen qu’il se sert à outrance pour conduire des interrogatoires publics, sur fond d’humiliation, d’anciens dignitaires et de supposés trafiquants de drogue dont le seul but est de promouvoir le culte de personnalité du président. Volontairement ou pas, l’omniprésence de Dadis à la télé contribue, indiscutablement, à consolider son emprise personnelle sur l’appareil de l’Etat, ou de ce qui en reste, et à recruter des inconditionnels aux ambitions incompatibles avec l’aspiration de la majorité des Guinéens. La stratégie est bien connue. D’abord se faire accepter dans la conscience collective comme l’homme à tout faire. Au point qu’il soit impossible de dissocier la personne du capitaine des institutions de la république. Ensuite, neutraliser la voix de la majorité dans la cacophonie des groupes de soutien opportunistes.

 

Si nous ne prenons pas garde cette situation va présenter un défi sérieux pour notre avenir car, au final, avec Dadis conforté dans sa position de seul maitre à bord et tirant toutes les ficelles, nous risquons de nous  retrouver avec un autre irascible dictateur. Et si par miracle le CNDD abandonne le pouvoir, il nous laissera patauger dans un autre problème encore plus pernicieux : une armée imbue d’elle-même et  indisciplinée, acquise à la cause du trio Dadis-Konaté-Pivi. Une alliance qui va constituer une menace réelle à la future stabilité de tout  pouvoir démocratique. Surtout si ce pouvoir cherchait à procéder à des reformes institutionnelles qui rendraient possible la poursuite des auteurs de crimes camouflés dans les rangs de l’armée.

 

Cette menace est d’autant plus réelle que le capitaine Pivi, incriminé dans tous les récents cas de violations de droits humains ces derniers temps en guinée et qui doit forcement répondre de ses actes, est devenu une puissance incontestée  au sein de l’armée et une référence pour les jeunes militaires.

     

C’est pourquoi il est impératif, à mon sens, de faire en sorte que les militaires n’aient pas la prétention de penser un seul instant qu’ils nous ont ‘offert’ la démocratie. Ceci pour éviter qu’ils ne reviennent encore avec d’autres prétextes, une fois la transition terminée. Pour y réussir, la classe politique doit démontrer un leadership et un dynamisme à la dimension des enjeux posés par la transition de manière à offrir une alternative viable et rassurante au pouvoir militaire.

 

Les forces vives, de façon générale, ne doivent pas se comporter comme des personnes auxquelles on octroie un droit (comme le disait  le Pr. Doré) mais plutôt être à l’offensive et faire sentir leur présence durant cette période d’incertitudes.

 

Je n’appelle pas à une confrontation mais à plus d’initiatives et à conditionner tout support au respect par la junte d’exigences et de principes précis. Notamment une concertation et une implication plus effective dans la définition, et l’application, des grands axes d’orientation de la transition.

 

Sur les auditions, plus spécifiquement, je voudrais dire qu’a priori les objectifs visés sont louables.  Mais  la méthode nous met en face d’un déni de justice qui ne dit pas son nom. Elle est également contre-productive à cause de son caractère expéditif, sélectif et désordonné. 

     

Des accusés, arrêtés et détenus arbitrairement, sont forcés devant les cameras de la télévision et présentés, de facto, comme des coupables en dehors de toute procédure légale. Livrés aux crocs d’apprenti-interrogateurs dont l’ignorance n’a d’égal que leur hargne et à d’anciens collaborateurs qui dissimulent mal leur désir de brouiller les pistes pour ne pas être rattrapés par leur propre passé. En conséquence, on noie le poisson, le peuple est bien servi en show pour meubler les nuits et détourner l’attention sur les problèmes du quotidien et les boucs émissaires sont jetés en prison.

 

Malgré le vacarme autour des trafiquants de drogue, les guinéens ne connaissent toujours pas qui en est le parrain. 

 

Tout le processus sent le règlement de compte et appelle en mémoire le douloureux souvenir des confessions fabriquées qui ont conduit à la perte de milliers de guinéens.  Il suffit de lire l’interview du Sieur Onipogui (sur guineenews), notamment ses attaques contre l’accusé Ahmed Kanté pour se rendre à l’évidence. Mine de rien, le ministre laisse transpirer que grâce à son humanisme le contribuable guinéen a fait un cadeau de 4 milliards de francs à Ahmed Kanté et affirme, sans se gêner, que « Kanté est allé librement signer les montants qu’on lui reproche a l’inspection du travail. » De qui se moque-t-il ce ministre ? Aurait-il oublié qu’une affirmation n’est pas une preuve de culpabilité ? Quel crédit donné à toutes ces allégations quand on sait que malgré le vacarme autour des trafiquants de drogues interpellés, les guinéens ne connaissent toujours pas l’identité du parrain?

 

Les Guinéens sont bien familiers de cette manœuvre qui consiste à priver l’accusé de toute possibilité de se défendre avant de lancer la campagne de mensonges pour le détruire. Mais rassurez-vous, Monsieur, votre jeu ne passera pas.

 

Je n’ai pas de la sympathie pour tout auteur de crimes, économiques ou de sang. Mais les entorses aux règles et procédures délibérément perpétrées par les hommes du système font perdre de la crédibilité aux efforts fournis et, Incontestablement, le doute persiste autour de la volonté du CNDD de rompre avec les pratiques du passé. Peut-on sérieusement prétendre assainir la guinée sans entendre la famille Conté ? Soyons sérieux !

 

Ce cirque, qui aurait pu faire rire si le contexte n’était pas aussi sinistre, nous fait perdre un temps précieux sans pour autant résoudre les problèmes de fond. C’est qu’il nous faut sur cette question c’est un procès équitable, seul à même de fournir un résultat accepté  de tous et d’inscrire notre pays dans la logique d’un Etat de droit.

 

Au delà de l’aspect purement juridique, un procès nous offre une opportunité pratique exceptionnelle d’édifier clairement les uns et les autres sur le fond, permettant ainsi de tirer les leçons du passé, tout en nous dotant de précieux outils pour corriger les failles systématiques et structurelles qui ont rendu ces délits possibles.

 

Alors, Mr le Président de la République, veuillez déléguer ce travail crucial au système judiciaire qui, malgré ses insuffisances, peut traiter ces dossiers avec professionnalisme si vous garantissez  son indépendance et sa sécurité. Je tiens à vous rappeler que la bonne volonté ou le désir de rendre justice ne doivent pas vous amener à vous substituer aux juges. Veuillez également, capitaine, supprimer ce machin que vous avez nommé pompeusement secrétariat d’Etat chargé des conflits. C’est un système parallèle et inopportun.

 

La gestion du dossier des anciens domaines de l’Etat vendus aux citoyens, deuxième objet de ce papier, est encore plus calamiteuse. A tout point de vue. La politique est mal conçue et son exécution est brutale et cruelle.

 

Comment élucider les contradictions d’un régime qui, d’un coté, est tout disposé à renégocier des contrats avec les étrangers mais, de l’autre coté, refuse d’honorer ses engagements vis-à-vis de ses propres citoyens ? Ou celles d’un régime qui déclare être venu améliorer les conditions de vie de sa population et qui, sans discernement et sans aucune mesure d’accompagnement, s’attèle à détruire systématiquement les domiciles et les commerces de cette dernière ?

 

Aujourd’hui à travers tout le pays, fidele à sa culture d’abus, l’armée guinéenne envisage de casser à tort et à travers le fruit de toute une vie de durs labeurs pour beaucoup de citoyens !

 

A Mamou, par exemple (ce n’est pas un cas isolé !), le 15 avril 2009, des militaires du bataillon autonome sont venus intimer l’ordre à plus de 50 familles (dont la mienne) dans le quartier abattoir d’abandonner leur domicile dans un délai d’un mois. Faute de quoi elles seront toutes expulsées de force car, diront-ils, ces domaines appartiennent au camp militaire. Pire, les émissaires affirment ne pas être intéressés par les documents des maisons. Raison évoquée ? La décision est venue de la haute autorité. Donc, elle doit être appliquée à la lettre. Les victimes ne seront ni relogées, ni dédommagées !

 

Il m’est impossible d’indiqué  à ce jour l’année à laquelle ce camp fut implanté dans ce coin mais ce que je peux dire avec certitude est que ces maisons en litige datent du premier régime. Ma famille y est installée depuis maintenant 30 ans. Ainsi que la plus part des familles affectées. Les papiers des maisons en font foi ! En plus, le camp militaire dont il est question est bien délimité depuis les années 90 suite à un incident similaire. Il est entièrement clôturé et se situe complètement dans la zone urbaine.

 

Tenant compte de la position géographique de Mamou et la pacification de la sierra-Leone, il est extrêmement  difficile de voir la logique stratégique d’une présence militaire dans cette ville. Et que même si cette présence devait continuer les observateurs, au premier rang desquels les militaires eux mêmes, sont unanimes pour soutenir que le camp devrait être délocalisé en dehors de la ville pour limiter les dangers que sa  proximité avec la zone urbaine pose aux civils. Citant notamment l’accident survenu au camp alfa Yaya en 2000 pour illustrer cette nécessité. Et Dieu sait que Mamou ne manque pas de domaines vides !

 

Mais en aucun cas un régime responsable ne peut recourir à des raccourcis pour abusivement exproprier des citoyens, en violation flagrante des procédures prévues,  pour élargir un organe publique dont l’apport, même sécuritaire, au développement socio-économique de Mamou reste à prouver.

 

Aujourd’hui, l’essentiel des bâtiments situés au cœur de la ville de Mamou est marqué en croix en vue de leur destruction. Au nombre de ces bâtiments, se trouvent même des établissements scolaires privés, des habitations et des magasins qui constituent le poumon économique de cette ville, au seul motif qu’ils appartiennent à l’Etat. La même raison est évoquée un peu partout sur le territoire national. Soit ! Mais pourquoi détruire ?

 

Au regard de la complexité de ce dossier et les ressources qu’un règlement adapté et définitif requiert, les forces vives doivent urgemment demander à la junte de surseoir a ce chantier (qui n’est pas indispensable a la réussite de la  transition, il faut le rappeler) sur toute l’étendue du territoire national afin de donner la chance au régime qui succédera à la transition d’examiner plus sereinement la suite à donner à ce problème, suivant les priorités du pays. D’ici la, la junte peut faire œuvre utile en s’assurant que, le temps de la transition, l’Etat ne s’engage pas dans d’autres ventes.

 

 

Lamarana Diallo, Londres

pour www.guineeactu.com

 

 

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Vos commentaires
Lamarana Diallo, Londres, dimanche 17 mai 2009
Bonsoir à tous et merci pour vos différentes interventions. A Mr kourouma et Amyson, j’ai bien conscience que l’Etat c’est nous tous et je suis absolument d’accord avec vous sur la nécessité de demeurer un bon citoyen en toute circonstance. J’ajouterai aussi que cet Etat s’exprime à travers ses représentants auxquels les lois de la République confèrent le pouvoir de s’engager, en notre nom, dans des transactions commerciales sous le principe de la continuité de l’Etat. Donc, pour moi il y a une équivoque qu’il faut lever : Du moment que ces domaines sont revendus par les agents publics, ils cessent légalement d’appartenir a l’Etat. A défaut de prouver devant la justice que ces agents n’étaient pas habiliter à engager l’Etat, les achats demeurent valident. Et si par la force des choses ce même Etat éprouve le besoin d’utiliser ces domaines, il les rachète des mains des propriétaires au nom de l’utilité publique (il peut en faire ce qu’il veut après mais pas avant !). Il faut que les autorités respectent la loi. C’est pourquoi j’ai dénoncé cette politique et appelé a l’arrêt des démolitions ! On ne peut pas continuer dans ce pays à faire payer aux citoyens les échecs de l’Etat. De même on ne saurait sérieusement dire, Amyson, qu’il faut rendre justice en commettant plus d’injustices. Il faut arrêter cette aventure et réparer les préjudices causes. Les terrains qu’on nous a vendus auprès du camp à Mamou étaient appelés le champ de tirs. Mais avec la démographie le camp se retrouvait complètement et rapidement dans la zone urbaine. Et par conséquent, l’armée ne pouvait plus s’exercer aux tirs sur ce terrain sous la barbe des populations civiles. Alors l’autorité d’alors décida de mettre le terrain à la disposition du quartier Abattoir. C’est ainsi qu’en 1975, le gouverneur de région de l’époque dépêcha une équipe des services de l’habitat pour lotir le domaine. Et les lots furent mis en vente avec toutes les autorisations requises. Même sans être juriste on peut s’apercevoir de la légalité de cette démarche. Pourquoi alors devrions-nous être spoliés plus de 30 ans plus tard sans être dédommagés ? Au nom de quoi le CNDD se permettrait –il de clochardiser nos familles ? Je comprends votre exemple, Mr Kouroumah. Mais j’en arrive à une différente observation. Pour moi votre exemple et celui de Me Lamah, combiné au mien tout en tenant compte des 3 points énumérés par amyson, mettent en évidence le caractère complexe de ce dossier et justifient mon appel pour un examen serein et apaisé. Un examen qui débouchera sur une véritable politique publique sur l’urbanisation et l’habitat que les bulldozers et les kalachnikovs ne peuvent délivrer. Bien a vous!
mouctar diallo, dimanche 17 mai 2009
and thanks mr.diallo
Kourouma, vendredi 15 mai 2009
je ss seulement en partie d`accord avec votre analyse en ce qui concerne le deguerpissement des domaines de l`etat. En effet vous semblez oublié que l`Etat c`est nous tous! les guinéens doivent apprendre à être des citoyens et non des profiteurs d`une situation; il faut savoir qu`un regime politique n`est pas eternel et que vouloir entreprendre des actions illicites (occupation des domaines de l`Etat) avec la complicité des représentants de ce même etat se retournent fatalement contre vous. un exemple: j`ai rencontré un ami d`enfance au canada en 2005 qui m`a demandé de l`aider à trouver un domaine pour construire; je lui ai trouvé quatre parcelles loties à Gomboya près de Coyah avec tous les papiers officiels. Revenu en 2008, il m`a dit que c`était loin cet endroit et qu`il préfère vendre ces parcelles au profit d`un domaine contigu au stade de nongo en construction. Malgré toutes mes mises en garde, il a achété et commencé à construire un bel immeuble R+2. La démolition a commencé par ce batiment où il a englouti toute sa fortune amassée pendant 12 ans dans le froid canadien. Cet exemple pour vous dire simplement que le guinéen est habitué à relegué la loi et l`Etat au second rang en oubliant que la personne n`est pas eternelle mais l`Etat lui est toujours là. Donc à mon avis mieux vaut respecteter la loi même dans un pays deliquescent que d`avoir à l`affronter.
amyson, vendredi 15 mai 2009
Mon cher Lamarana, ton article est bien écrit et fait ressortir des preuves évidentes d`abus et de cultes de personnalité. Mais s`agissant de la récupération des domaines de l`Etat, la question qu’on doit se poser est de savoir si oui non, l’Etat doit récupérer les domaines qui lui ont été spoliés. De mon point de vue, le processus qui est engagé doit continuer au risque de créer une injustice sans précédent au détriment de ceux dont les biens sont déjà démolis. L`Etat doit tout récupérer, s`i le faut, tout casser mais à conditions que: 1. les commis de l`Etat qui ont cédé ces domaines en connaissance de cause soient rechercher et punis, 2. les victimes (pas ceux qui se sont illégalement installés sans caution de l`autorité même corrompue) soient remboursés par l`Etat, 3. L’Etat doit avoir une alternative pour mettre en valeur rapidement ces domaines car, la nature a horreur du vide.
force is the solution, jeudi 14 mai 2009
WAR IS THE WAY OUT WITH THIS KIND OF ARMY.
BALDE BOUBACAR(BELGIQUE), jeudi 14 mai 2009
Merci Mr Diallo,pour moi la guinée a besoin une politique constructive,à la place d`une politique destructive que mene Cndd.Et surtout je constate un poid 2 ésures depuis quelques temps.Pourquoi les uns, pas les autres or ils sont tous dans la meme situation.
Me LAMAH Dakar, jeudi 14 mai 2009
Concernant l`action de recupération des domaines de l`Etat engagée par le CNDD et son président Dadis je sens un chec lamentable pour la simple raison qu`on ne peut pas détruire des milliers de maisons à Conakry pendant que les victimes n`ont pas fini d`essuyer les larmes on voit une délégation à Labé pour dire de ne toucher à une seule maison tant que l`ordre ne provient pas du viuex sage de Labé. Dadis doit aller au bout de cette action sinon qu`il applique la mesure de Labé à tous les citoyens de la Guinée. La manière que des maisons sont affichées de croix à Labé c`est de la même manière que les maisons sont affichées à Mamou et à Kankan. Je pense que la population de Labé doit être vigilante de la mesure de Dadis au risque d`opposer ce vieux sage à la population de Labé. Ce vieux qui a vecu à Labé, connu de Labé et respecté par tout Labé, à mon avis, est difficile pour lui de dire détruisez la maison par ex.de M.Bah parce qu`elle est bâti sur un domaine de l`Etat mais laissez celle de M.Sadio parce que ne se trouvant pas sur le domaine de l`Etat. La population aura mal de comprendre cette façon de faire du vieux. Alors je dis que c`est un piège qui risque d`opposer le vieux à la population de Labé. Dadis est capable de dire demain que ce n`est pas lui qui a ordonnée la destruction mais votre propre sage, un fils de Labé. je suggère au vieux sage donc de laisser Dadis conduire son opération qu`il a engagée. Si la mesure de labé est appliquée à toutes les victimes alors ce sera justice mais si elle est en appliquée seulement en faveur de LABé au détriment des autres préfectures, ce sera l`injustice. je pense que Ddis comprendra le message. Merci.
Barry A., jeudi 14 mai 2009
Mr. Diallo, je vous dis bravo et que vive la jeunesse responsable ! Je vous encourage à user de votre temps pour intervenir à chaque fois que l’avenir du pays est compromis. Ne laissons pas monopoliser cet espace par certains « intellectuels » ou et autres donneurs de leçons, créateurs comités de soutiens aux destructeurs impitoyables d’habitations de pauvres citoyens. Ne les laissons pas la prendre en otage. Pour ce qui est de votre article, je suis d’accord que nous devons être prudents. «… il est impératif, à mon sens, de faire en sorte que les militaires n’aient pas la prétention de penser un seul instant qu’ils nous ont ‘offert’ la démocratie. Ceci pour éviter qu’ils ne reviennent encore avec d’autres prétextes, une fois la transition terminée. » La menace de Dadis est évidente là-dessus. Ces bandits rendront le pays ingouvernable après la fausse transition entamée (décrets et contre décrets reviennent en force, immixtion dans les affaires du judiciaire, omniprésence du nom de Dadis plus qu’à l’époque de Conté, dans la plupart des phrases prononcées face aux caméras de la télévision …). Dans sa conférence de presse du dimanche dernier, il nous informe qu’un président civil ne pourra ni lutter contre la criminalité, le narcotrafic, ni discipliner les militaires. En fait, il n’arrive à comprendre que les forces vives refusent d’agir en faveur de la prolongation de la période transitoire. C’est dans cet espoir d’ailleurs qu’il (Dadis) ne ratait aucune occasion pour baratiner les leaders des partis politiques, espérant qu’ils vont lui renvoyer l’ascenseur. Et pourtant, les forces vives n’avaient fait que soumettre leurs propositions que Dadis leur avait demandées de faire avant d’avoir librement accepté de les parapher. Nous savons que ces militaires sont habitués à la désobéissance de l’hiérarchie, des dirigeants et sont maitres de l’indiscipline caractérisée. Ils ont les armes que le peuple leur a confiées. Et à chaque mutinerie, ils font usage des ces armes contre les propriétaires même de celles-ci, en violentant, violant, volant, brigandant et tuant les civils. Sans être inquiétés. Pas plus tard que la semaine dernière, ils se sont attaqués à des magasins au marché de Madina. Honte à eux ! Le serment est bien respecté non ? Un serment n’a aucun sens pour une personne qui ne craint pas son Seigneur. Lui-même Dadis est incapable de discipliner cette bande de criminels dénommée armée guinéenne. Son ministre de la défense, pardon de l’offense nationale demande à la population civile non armée de l’aider à combattre la criminalité des militaires que cette même population a armée, cette armée mieux entretenue que le reste des autres couches. N’est-ce pas un aveu de démission ? D’impuissance ? Pourquoi ont-ils retiré ce rôle à la police ? Si Dadis est un homme avec pantalon bien ceinturé, qu’il démette le général Sékouba Konaté comme il l’a fait avec l’ex secrétaire permanent du CNDD, avec l’ex ministre de la jeunesse, l’ex ministre de la coopération et tant d’autres. Qu’il le fasse ! Et on verra bien. Contrairement à beaucoup de compatriotes, je pense que Dadis n’est pas de bonne foi. Sinon, pourquoi démettre le président de la cours suprême pour le simple fait de n’avoir pas fait les éloges du chef de la junte ? Voilà l’inconvénient de faire nommer les membres de cette cours par l’exécutif. C’est le drame de Me Lamine Sidimé. Maudits soient les apatrides qui ne pensent qu’à leurs intérêts pécuniaires personnels. L’exécutif a toujours contrôlé le législatif et le judiciaire en Guinée, et cela depuis 1950. Aujourd’hui tout le monde sait que le culte de la personnalité est réclamé et encouragé par Dadis. Il se croit ‘‘omnipotent’’ et ‘‘omniscient’’. Même si vous faites bien votre travail, vous devez savoir et surtout trouver le temps pour lécher ses bottes, sinon gare à vous. Les ministres Korka et autres Sidiki en savent quelque chose. Maintenant c’est le tour des ministres civils. « JMJ en qui je plaçais beaucoup de confiance a, par orgueil, dévié de cette ligne de confiance », a-t-il précisé. Sans commentaire.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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