jeudi 19 mars 2009
Audit des sociétés minières en Guinée : L’Etat compte recouvrer plus de 500 milliards GNF

Le Comité d’audit et de surveillance des secteurs stratégiques de l’économie guinéenne projette de lancer une vaste opération d’audit des sociétés minières évoluant en Guinée. Selon le premier Vice-président de ce Comité, M. Amadou Mouctar Baldé, qui a annoncé la nouvelle le dimanche 15 mars dernier dans l’émission ‘’Club de la presse’’ sur Djigui FM, l’Etat escompte recouvrer une manne de plus de 500 milliards de francs guinéens. Ce montant représente des impôts et taxes que ces sociétés n’ont pas payés à l’Etat depuis plusieurs années. En effet, les sociétés qui seront exposées à cet exercice de vérification grandeur nature et sans précédent en Guinée sont entre autres : CBG, SAG, ACG-Fria, Semafo, Aredor, etc. Cet audit qui nécessitera l’appel à une expertise internationale à travers des cabinets étrangers doit couvrir 90 jours ouvrables, soit quatre mois. A la question de savoir, comment le Comité d’audit a-t-il pu avancer ce chiffre sans même avoir réalisé cette vérification, M. Amadou Mouctar Diallo a indiqué que c’est grâce à des indices portant sur le redressement des salaires et autres impôts non réglés à l’Etat guinéen. D’ailleurs, estime le premier Vice-président du Comité d’audit, c’est un chiffre sous évalué. Ajoutant que l’audit ainsi programmé dans les sociétés minières pourrait révéler un montant bien plus important que les 500 milliards de francs guinéens. S’attardant sur le cas du secteur minier qui, dit-il, intéresse sa structure au premier chef, M. Baldé a fait savoir que l’objectif recherché est de découvrir pourquoi la Guinée ne profite pas de ses énormes richesses minières. Entre 1990 et 2008, par exemple, l’exploitation minière par l’ensemble des sociétés évoluant en Guinée a généré plus de 10 milliards de dollars de recettes. Cependant, regrette-t-il, l’Etat n’en a tiré que 300 millions de dollars. L’invité de Djigui FM a certes reconnu le caractère léonin des conventions et accords miniers qui ne sont pas profitables à la Guinée. Mais, il pense surtout que le peu de liquidités que l’Etat devrait en tirer est mal géré. Bref, la révision des accords est importante mais la sécurisation et la bonne gestion des recettes minières le sont davantage. M. Amadou Mouctar Baldé a également mis l’occasion à profit pour faire la situation actuelle de l’opération de recouvrement des créances de l’Etat qui, selon lui, a permis à ce jour d’engranger plus de 60 milliards de francs guinéens. Autre domaine porteur inscrit sur les tablettes des limiers du Comité d’audit et de surveillance des secteurs stratégiques de l’économie guinéenne pilotée par le général de Brigade Sékouba Konaté, président dudit Comité : les télécommunications. Le constat qui se dégage à ce niveau est que les licences de téléphonie GSM sont vendues à vil prix en Guinée par rapport aux autres pays du continent africain. Les tickets d’entrée de Cellcom et Areeba ont été cédées, chacune, à 30 millions d’euros. Orange a obtenu la sienne à 21 millions d’euros. Alors que, précise-t-il, l’opérateur Sudatel a récemment acheté son visa d’entrée au Sénégal à 200 millions de dollars. Une situation aggravée par l’incompréhensible passe-droit offert à certaines sociétés, qui plutôt que de payer d’un trait la totalité du montant de leurs tickets d’entrée, les paient au compte-goutte. C’est le cas, dit-il, de la société Intercel. Certes, indique-t-il, les opérateurs doivent davantage mettre la main à la poche pour faire tourner leurs sociétés, en raison notamment des difficultés liées au manque d’électricité. Mais, la Guinée est le pays où l’appel téléphonique est le moins cher dans la sous région ouest-africaine, a fait constater M. Baldé. Qui jure par contre que ce secteur peut être mieux rentabilisé à travers, entre autres, la revalorisation des prix des licences suite à la révision des différentes conventions. L’action de l’actuel ministre de la Communication et des NTI, le Colonel Maturin Bangoura obéit d’ailleurs à cette option de rentabilisation de la téléphonie en Guinée. En moins d’un mois, le nouveau ministre a pu recouvrer plus de 56 milliards de francs guinéens que des opérateurs restaient devoir à l’Etat guinéen alors qu’ils ne sont confrontés à aucune difficulté pécuniaire, s’indigne le premier Vice président du Comité d’audit et de surveillance des secteurs stratégiques de l’économie guinéenne. Pour solde de tout compte, M. Amadou Mouctar Baldé a promis, au nom du président dudit comité, et ce sur la foi du soutien sans faille du capitaine Moussa Dadis Camara, président de la République, de mener à bout l’examen des différents dossiers qui s’empilent sur leur table.


Talibé Barry
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com 
 

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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