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C’est la fanfare des armes qui tient le pouvoir en haleine, non sans jeter la panique sur le pays. Une tradition en passe de se perpétuer depuis quelque temps. Un adage malien nous confie : « Quand le pouvoir ne fléchit qu’au son de la fanfare des armes, le recours à la musique martiale devient un moyen sûr pour se faire entendre ». Voilà, un peu, comment se présentent les choses chez nous. Les victimes de tous ces concerts gratuits, ce sont les populations civiles. Des blessés par balles perdues, récupérées dans les chairs fraîchement trouées de pauvres innocents, des biens privés pillés, pour en rajouter aux misères des braves citoyens, voilà en quoi se résume, auprès des revendications toujours satisfaites, le triste bilan d’un concert des armes. Après les militaires, sortis pour exiger que leur soit payé ce dont ils ont été privés par des chefs estimés indélicats, ce fut au tour des policiers de tenter leur chance en fanfare armée, avec en toile de fond, la mise aux arrêts de certains de leurs chefs qu’ils accusent de les avoir abusés. En perspective, d’autres mouvements de revendications, à travers des grèves déjà annoncées, sont attendus. Le tout prochain gouvernement dont la structure a été rendue publique, est aussi attendu, avec moins d’enthousiasme que d’inquiétude. Les postes à pourvoir, bien que pléthoriques, aux yeux de certains observateurs, permettront difficilement de caser tous ces préposés infatigables qui s’affairent, depuis des semaines, pour figurer au tableau des nouvelles aventures. Pour en revenir aux policiers qui voulaient, à leur tour, tester le pouvoir, pour s’imprégner de sa maîtrise des affaires du pays, les rêves tourneront vite en cauchemars. Les militaires interviendront pour leur faire entendre raison. Non sans victimes dans les rangs. Situation d’autant plus regrettable que le recours aux négociations avec la hiérarchie, aurait pu, peut-être, permettre d’éviter des accrochages fâcheux. Qu’en pourraient penser les populations, sinon que le pays vit une période d’insécurité sans précédent. Personne ne sait de quoi demain sera fait. Dans cette atmosphère d’anxiété permanente aggravée par la pauvreté et les maladies, les Guinéens ne savent plus où trouver refuge. Tout s’emballe dans une confusion indescriptible, laissant planer sur le pays le spectre d’un mouvement d’ensemble latent, qu’une petite maladresse des gouvernants transformera en un cruel sursaut populaire contre l’arbitraire et la mal gouvernance dans sa dernière tentative de refaire surface. Le Dr Souaré ne semble pas en posture confortable, avec toutes ces revendications qui risquent de constituer ses toutes premières difficultés. Il y a aussi que le retour d’anciens ministres déjà décriés, du fait des casseroles qu’ils traînent ; si cela devait se faire, ce ne serait pas moins une raison de manifestations vives dans les rues. Mais, faudrait-il attendre que soient nommés les tous prochains ministres, pour mieux comprendre les motivations réelles du Dr Souaré ? Pour l’instant, les Guinéens sont dans l’expectative. Thierno Dayèdio Barry L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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