jeudi 17 décembre 2009
Attention ! Alarme incendie
Abidine Bayo

Le feu qui couvait dans le foyer Guinée est en train ces derniers temps, d’être frénétiquement attisé par d’inconscients pyromanes, dont la débauche démoniaque d’énergie risque de mettre en péril le processus de normalisation de la situation politique et sociale, car ils n’ont pas idée des conséquences dévastatrices de la propagation d’un tel sinistre.

En effet, dans l’imbroglio politico-dramatique que traverse le pays depuis la folle journée du 28 septembre, la radicalisation des positions d’irréductibles renégats, contribue de façon pernicieuse, à cultiver la confusion comme stratégie politique de conquête du pouvoir, avec des tendances extrémistes, dont les effets pervers risquent de nous plonger davantage, dans une situation inextricable de chaos, si ce n’est déjà le cas. Le climat d’incertitude qui plane sur l’issue des négociations de sortie de crise, tient des difficultés de conciliation des points de vue diamétralement opposés, de la junte au pouvoir et du forum des forces vives, qui peinent à se départir de leurs égos mal placés, quand il s’agit d’apporter des réponses viables et constructives, aux questionnements essentiels, relatifs à la gestion de la transition politique en cours.

Et pourtant à l’origine, les Guinéens dans leur grande majorité, voulaient de cette transition, qu’elle soit consensuelle et la plus courte que possible, avec comme objectif ultime, de parvenir dans la paix et la sérénité, à l’organisation d’élections, tenant compte du principe universel de la libre désignation des gouvernants, par le peuple souverain, sur la base d’une réelle concurrence électorale, où les partis politiques légalement et légitimement constitués, malgré leur nombre pléthorique, proposeront des programmes alternatifs, au choix des citoyens. Ce n’est plus, ni moins, que le respect des règles du jeu démocratique, qu’ambitionnent les patriotes intègres, notre mère patrie étant maintenue depuis plus d’un demi-siècle, au grand regret de sa laborieuse population, sous le joug de dirigeants fantoches, qui s’adjugent impunément, le droit de bafouer le destin commun, par la fantaisie de leurs décisions, dénuées d’une quelconque vision progressiste.

La rupture du dialogue social consécutive au nom respect des engagements par la junte au pouvoir, principalement, son désengagement de la sphère politique au terme du processus de transition, a eu pour effet d’entraînement, l’une des affreuses illustrations de la tragédie humaine, qui s’est manifestée à travers le traquenard du 28 septembre 2009, se soldant par l’hécatombe inscrite en lettres de sang, dans les pages noires de notre histoire et qui restera de façon indélébile, gravée à jamais, dans les mémoires.

Et comme si de rien n’était, on continue à vouloir nous imposer, ce lamentable foutoir de bric-à-brac , avec une junte acculée de toute part, qui pour se maintenir au pouvoir, contre la volonté populaire de plus en plus manifeste, s’embarrasse peu des exigences et des recommandations de la communauté internationale, qui soutient un retour rapide à l’ordre constitutionnel, objectif constituant par ailleurs, la principale préoccupation du forum des forces vives de la nation, organe coalisé, représentatif de tendances diverses et variées de la population.

Dans un dessein illogique et immoral, les bourreaux des martyrs du 28 septembre, cherchent vaille que vaille, à s’accommoder d’une vague caution des masses manipulées et corrompues à souhait, à coup d’espèces sonnantes et trébuchantes, butin illégalement prélevé sur les deniers publics, pour ratifier les choix équivoques, d’un pouvoir imposé par la force des armes, avec l’entretien d’une atmosphère explosive de tension et de terreur, auréolée par des campagnes médiatiques de propagande d’opportunistes zélés, qui font vibrer la corde sensible du nationalisme, pour rallier la populace, à une cause perdue d’avance.

Une fois de plus, une fois de trop, le peuple martyr de guinée, se trouve être la victime expiatoire des querelles politiciennes de ses dirigeants, dont les ambitions démesurées de conquête et/ou de confiscation du pouvoir, dénaturent l’analyse et le raisonnement, au point de sacrifier l’honneur et la dignité, seuls critères méritoires pour les représentants du peuple, investis de la confiance collective, dans le cadre particulier, d’exercice de leurs missions de service public.

Des fameux rancards de Ouaga, dont on ne se fait pas grande illusion, quant à la décrispation de la situation, le facilitateur Blaise Compaoré, sur les propositions de sortie de crise contenues dans son document synthèse, issu des premières discussions, laisse sceptique plus d’un observateur, dans la mesure où il semble occulter le point nodal de la crise, qu’est le renoncement pur et simple du Capi-Pési, à ses ambitions de maintien au pouvoir, conformément à ses promesses initiales et aux souhaits de la population soutenue en cela, par la communauté internationale.

Malgré cette déconvenue, le dialogue inclusif sans exclusion, semble être la seule et unique voie, pour venir à bout des dissensions politiques, car dans ces tractations assimilables à des transactions commerciales, sur la convoitise que constitue le pouvoir, le bon sens voudrait que les deux parties consentent à faire des réductions sur leurs exigences et prétentions très haut placées, qui tendent à marginaliser l’adversaire, en s’accordant sur la nécessité objective d’une acceptation mutuelle, de partage futur des responsabilités, dans la direction des affaires étatiques, en tout cas, le temps nécessaire, pour réunir les conditions matérielles d’organisation d’élections libres et transparentes, auxquelles les membres du CNDD et du gouvernement actuel, ne seront partie prenante, car c’est la seule façon incontestable de légitimation du pouvoir et de restauration de l’autorité de l’Etat.

La question fondamentale qui se pose maintenant, est la nature du réengagement futur du Capi-prési dans la direction des affaires étatiques, pour peu qu’il recouvre la plénitude de ses facultés physiques et mentales, après cette tentative d’assassinat dont il a été victime le 3 décembre dernier. L’on ose tout de même espérer, que la rudesse de l’épreuve et le traumatisme qui en découle, sera de nature à changer l’homme, qui doit certainement comprendre à ses dépens aujourd’hui, qu’il ne faille se fier à des serments d’hypocrites ou croire à des promesses de loyauté, de la part d’hommes sans scrupule, dont le seul but est de profiter des largesses du pouvoir, en vous faisant admettre, l’idée d’un destin messianique en tant que chef, par l’entretien d’un culte païen de la personnalité, qui ne fera que vous perdre, parce que contre nature.

Toujours est-il que la crise guinéenne qui s’enlisait depuis un certain temps, risque davantage de complications, surtout que le général Sékouba Konaté qui assure l’intérim du pouvoir et à qui on prête naïvement de meilleures intentions, semble déjà conforter les faucons du CNDD, qui se complaisent dans la logique d’affrontement, dont ils espèrent sortir vainqueurs, forts du soutien inconditionnel d’une frange de l’armée de plus en plus décriée, qui utilise la force et l’intimidation, comme seuls moyens d’expression.

Le combat est certes déloyal, mais la raison finira tôt ou tard par l’emporter sur la passion, car inéluctable est le triomphe de la volonté populaire.

A ce sujet, il ne faudrait pas que les combattants pour l’émancipation et l’épanouissement du peuple de guinée, se laissent entraîner sur la pente glissante du terrain de l’ethnocentrisme qui gangrène la société et fausse le débat citoyen, et les leaders politiques, en évoquant à tout bout de champ ce fâcheux sujet dans leurs campagnes de sensibilisation, ignorent qu’ils incitent implicitement leurs partisans, à prendre au rebond ce boulet de haine, cause des replis identitaires et de risques de guerre fratricide. La Guinée est une et restera indivisible, malgré les tentatives d’instrumentalisation et de récupération des mouvements sociaux, dont le seul but demeure l’exigence d’une bonne gouvernance, pour l’amélioration des conditions de vie de la population dans son intégrité.

On vient malheureusement à admettre en désespoir de cause, qu’à la violence, on ne peut opposer que la violence et c’est en cela, qu’il serait souhaitable que se réalise la volonté de la communauté internationale, d’envoyer en Guinée, une force de protection des populations civiles, contre les multiples exactions et violations des droits de l’homme, surtout qu’à l’allure où vont les choses, tout laisse présager un durcissement des positions de la junte, qui trouvera mille et un prétextes, à sa tentative de confiscation du pouvoir, à cause de la radicalisation de plus en plus manifeste de ses têtes pensantes. La lutte continue.

Que Dieu sauve la Guinée


Abidine BAYO


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Oumar Bah, samedi 19 décembre 2009
Si aujourd`hui,la GUINEE se trouve dans ce chaos,c`est a cause du CNDD.Personne ne peut dire le contraire.Quand ils ont pris le pouvoir,tout le monde les soutenait.Ils ont ete laches des que DADIS a montre son gout pour le pouvoir.Il est a note aussiq que si les deux parties sont incapables d`obtenir un accord qui nous menerait vers la democratie alors,il faudra les exclure.Il faut trouver un accord consensuelle qui ne satisfait aucune partie.Il nous une troisieme option.C`est a dire,ni le CNDD,ni les forces,encore moins les politiciens de DADIS qui sont a l`ANR.Et comme cette option ne serait pas accepte,alors on doit choisir entre les deux groupes,et franchement,vu les viols du CNDD,je prefere de loin les forces vives.
Keoulenba, vendredi 18 décembre 2009
Des vautours d`hier ne peuvent pas prétendre commander aujourd`hui le peuple de Guinée. Les militaires aussi ont fait montre des limites de leur efficacité. Alors ni les forces vives, ni le CNDD ne peuvent rêver au pouvoir. Car chacune des alternatives (FV vs CNDD) conduira nécessairement au chaos. Le peuple de Guinée a besoin de nouveaux hommes pour un changement radical. Mais hélas ! Pour retirer le pouvoir des mains d`un militaire, il faut se sacrifier, veuillez lire dans les archives du Liberia, de la côte d`ivoire. Si la Diaspora est vraiment décidée, elle est attendue en Guinée pour qu`ensemble avec le Peuple, ils décident du sort de la Guinée. La Diaspora doit éviter prochainement de s’asseoir loin du Pays pour envoyer des propositions irréalisables par exemple envoie de forces d’interposition. Mais, c’est grave, je préfère que nos voyous Guinéens violent nos sœurs et qu’on les punisse, au lieu que des étrangers viennent le faire sous couvert d’une communauté internationale. Venez nous rejoindre pour qu`ensemble nous passions à l`action salvatrice. Abidine BAYO, tu as dis que Dieu sauve la Guinée ? Qu’il te sauve aussi. Ne te crois pas à l’abri si cela commençait à brûler.
IB, vendredi 18 décembre 2009
je ne sorai dire quoi que ce soit avant de te remercier merci Bayo pour ton article c`est plein d`imagination et de logique dans ce que tu dis les militaires guinéens en general ne jouent pas leur role a savoir la defense nationale plutot ils se mettent à la place de l`envahisseurs donc a nous de chercher de l`aide donc la force d`interposition est la bien venus pour sover le peuple de guinée et j`esper qu`il n y ora diversion de l`armée guinéenne accusant les otres parce k on les connais coooooooooooooooolllllllllllllll
DIAN, jeudi 17 décembre 2009
Tant qu`il y aura des extrenistes comme Moussa Keita et Idrissa Cherif au sein du CNDD, rien arretera cette machine de destruction dont les hommes censes ne sauront braver le premiers. Donc nous sommes dans l`obligation d`accepter une force exterieur puisque celle interieur ne pourra rien contre ces extremistes qui se croient plus forts que Taillor en se disant prets a resister contre tout ce qu`ils ont appelle envahisseur pour jour sur la corde nationaliste tres sensible du Guineen. Nous leur disons le guineens voie plus loin que le bout du nez maintenant.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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