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En tant que patriote guinéen vivant depuis 1978 en Allemagne et ami intime de feu Jean Claude Diallo qui m’a remis le flambeau de la tolérance et des droits de l’homme que j’aimerai partager avec vous en ne citant par exemple que l’ancien Premier ministre guinéen François Fall rendant hommage à Jean Claude Diallo « La mort, cette indésirable compagne de tous les jours, vient encore d''arracher à notre affection un homme exceptionnel, un patriote, un visionnaire, un homme d''honneur et de grande conviction. Jean Claude Diallo, puisqu'il s''agit bien de lui, avait ouvert une page nouvelle de l''histoire de notre pays, en réussissant pour une grande première à injecter dans le circuit gouvernemental des Guinéens de l''extérieur réputés pour leur expérience et leur compétence. N’en déplaise à ceux qui les appelaient à l'époque " Ministres importés " ou simplement " Diaspos ". Cependant, avec le recul, il est incontestable que les Bana Sidibé, Kerfalla Yansané, Edouard Benjamin et autre Ousmane Sylla, ont apporté à l'administration guinéenne leur savoir faire dans leurs domaines respectifs.
A-t-on d'ailleurs fait mieux après Kerfalla Yansané à la Banque centrale ou à l'urbanisme-habitat, après Bana Sidibé? L'histoire jugera. »
Dans la logique de cette pensée et dans la situation actuelle de notre pays, on doit se garder de toute idée de division, entre une « Guinée Diaspos » (« Diapos » au sens guinéen de la Diaspora..) et une « Guinée non-Diaspos », une « Guinée militaire » ou une « Guinée civile », une « Guinée Peulh » ou une « Guinée Forestière », une « Guinee Malinke ou Mandingue » ou une « Guinée de la Basse Côte », à mon avis il n’y a qu’une Guinée de patriotes et de démocrates sensés se réconcilier sur une nouvelle base de tolérance et avec un souci de reconstruction nationale, car la Guinée dispose des ressources nécessaires au bien être de sa population. Tous ceux qui n’ont pas une telle exigence ne méritent pas de se réclamer du peuple guinéen, ce ne sont que des escrocs, des agitateurs et de vrais apatrides.
Jean Claude me disait souvent « Singa (jeune frère en Peulh), si tu dois gouverner la Guinée, il faut écouter tout le monde, mais fais attention à ce que tes parents te proposent pour conduire les affaires de l’Etat, et si possible fais le contraire… » Faites le bilan des gouvernements Sékou Touré et Lansana Conté, voyez le bilan de Dadis en un an ! Les affaires du pays ont été gérées de manière féodale plus par népotisme distribuant à leurs proches emplois et faveurs, que sur une appartenance à une communauté,. Peut-on vraiment affirmer qu’une ou l’autre des communautés auxquelles appartenaient ces despotes ont véritablement profité de ces régimes !
Faisons un parallèle entre la Somalie et la Guinée : Pour la première fois dans l'histoire la communauté internationale a voulu mettre fin dans le bon sens à un conflit africain en intervenant dans une guerre civile africaine. Cette intervention a pris la forme d’une opération militaire prénommée « Restore Hope » ; débarquement spectaculaire des marines américains sur les plages de Mogadiscio puis par l’envoi d’un contingent de l'ONU dont l’action a consisté pour l’essentiel en des « raids punitifs ». Ces interventions n'auront été qu'un entracte entre deux catastrophes : la famine, résultat d'une guerre civile
qui a fauché près de 300 000 Somaliens dans l'indifférence d'un monde longtemps coupable de non assistance à une population en danger et une tentative de restauration d'un Etat victime d'un « suicide national », livré aux seigneurs de la guerre responsable du pillage et de la dévastation d’un pays pour toute une génération
Attention au drame guinéen de 2008-2009 ? Nourrissons-nous du drame somalien, de 1989 à juillet 1993, de la lente et sanglante agonie du régime de Siad Barre, des leçons de sa chute, des lut- tes fratricides à la famine des populations prises en otage, de l'intervention militaro-humanitaire des Américains au retour de l'ONU. L’exemple somalien montre que la seule implication de la communauté internationale en dehors de toute analyse politique de la situation ne suffit pas et encore moins sans une certaine prise de conscience des forces politiques nationales. Cette manière d’aborder le problème somalien avec un point de vue essentiellement occidental permet d’expliquer en partie le situation que connaît aujourd’hui ce pays. La Somalie est aujourd’hui livrée à une lutte sans merci entre des clans menés par des seigneurs de guerre.
Quel devenir pour notre Guinée après une succession de dictateurs et le court règne d’un apprenti despote? Sommes-nous dans la logique somalienne ? La communauté internationale pour une fois semble prendre ses responsabilités, des leaders politiques guinéens qui font front commun et une population guinéenne qui n’en peut plus sont soutenus par cette même communauté internationale qui tient compte des erreurs somaliennes. Et que voit-on survenir dans ces moments difficiles qui mériteraient le soutien de tout patriote guinéen dans cette tâche difficile ?
Une poignée de compatriotes qui s’en prend aux seules leaders Guinéens encore dignes de respect qui nous restent, qui ont refusé de se compromettre dans le Gouvernement sanguinaire de Conté et qui n’ont pas trempé dans l’actuel Gouvernement militaire aussi sanguinaire que le précédant Pour quelle raison s’en prendre à la Personne du Pr. Alpha Condé, de Feu Siradiou Diallo ou à Feu Bah Mamadou, à des personnes comme M. Fall qui a fait par ailleurs ses preuves dans des missions à l’étranger ? Quel sens peut-on donner aux attaques qui sont dirigées contre le ministre des affaires étrangères français ? Ne gagnerait-on pas plutôt à dénoncer le rôle néfaste que joue un sinistre individu du nom de Chérif ?
Attention à la « somalisation » de la Guinée et je ne peux que faire un appel à la conscience de tous les patriotes guinéens qui veulent un changement positif en Guinée. Notre seule alternative aujourd’hui, à nous patriotes et démocrates guinéens, c’est un soutien sans faille aux forces démocratiques qui œuvrent pour que nous tournions la page de 51 années de misère et de violences que le pays traverse.
Et je finis par cette citation de Jean Claude Diallo
« Le bien de l’espoir, c’est qu’il existe, même si personne n’y croit. Nous ne sommes pas obligés d’y croire, il existe comme ça. C’est le bien de l’espoir ».
Je suis persuadé que nous Guinéens retrouveront le pas de la solidarité et de la tolérance que nos parents nous ont léguées. Combien de siècles, malinkés, peulhs, forestiers et soussous ont-ils vécu ensemble avant la colonisation, pendant la colonisation et les périodes de dictatures de Sékou Touré, Lansana Conté, Dadis Camara ? Mais l’espoir d’une Guinée meilleure se construira dans cette partie de l’Afrique.
Nous EuroGuinée, notre institution participe à cet optimisme et nous tendons la main à tous ceux qui veulent construire la démocratie en Guinée et l’exemple des pays limitrophes comme le Mali, le Ghana, la Sierra Léone et le Liberia, et mieux, mon deuxième pays l’Allemagne Fédérale est un bon exemple d’une transition qui a été soutenue par les organisations internationales passant d’une dictature atroce à une démocratie.
Je vous souhaite une bonne et heureuse année 2010, ainsi qu’à votre famille.
Abdoulaye Portos Diallo, Allemagne Président d’EuroGuinée e.V.
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