Voilà de quoi il pourrait s’agir. La Guinée vient de recevoir du Programme Alimentaire Mondial (P.A.M.), vingt mille tonnes de riz à distribuer dans les zones touchées par la faim.
En d’autres occasions, l’on verrait mal un pays comme la Guinée se mettre à genoux pour implorer la générosité internationale. Cette situation peu honorable générée par l’inexistence d’une bonne politique agricole, a fini par aggraver la précarité de la vie rurale.
Des Guinéens réduits à l’assistance alimentaire, sans avoir été frappés ni de calamités naturelles, ni de malédiction du ciel. L’on s’empressera de nous parler d’inondations dans telle ou telle localité. Soit ! De simples prévisions en termes de stocks de sécurité auraient pu suffire. Mais puisque le mal est tout autre, l’inorganisation du monde rural. La sensibilisation à l’adresse du paysannat ne suffit pas. Il faut une intervention plus responsable de l’Etat, à travers l’implication du gouvernement. Le Mali, encore lui, reste un exemple de pays - sahélien en plus - qui, depuis la dernière invasion des locustes, s’est doté de nombreux stocks de sécurité alimentaire constitués dans les différentes régions administratives. Aussi l’aménagement des terres à l’Office du Niger, dans la vallée de ce fleuve nourricier qui prend sa source en Guinée où, malheureusement, il ne jouit d’aucune considération, a permis aux riziculteurs se s’adonner à leur besogne. Les conditions étant pleinement remplies, le monde rural est libéré des contraintes de la précarité. Aussi, faudrait-il confier que le Mali a procédé à une délimitation des zones ; selon la nature des cultures à y effectuer. Au nord, ce sont les emblavures grâce aux rigoles qui drainent l’eau du fleuve vers les terres aménagées. Dans le Sud, et dans l’Ouest, ce sont des cultures vivrières. Certaines zones bien spécifiques sont réservées à la culture maraîchère. Des ingénieurs de sciences appliquées et autres agronomes sont affectés auprès des populations rurales pour apporter leur savoir faire. La vente des engrais se fait dans des magasins de l’Etat, pour éviter les spéculations. Le Sénégal se nourrit du riz malien. Un contrat entre les deux pays a été ficelé dans ce sens, grâce à la clairvoyance du président Abdoulaye Wade qui dit n’avoir aucune gêne d’acheter son riz dans un pays frère. Ce qu’il a préféré à l’importation de riz, parfois périmé des Pays bien connus.
Il est à souhaiter que la Guinée sorte de ce cercle de la honte, pour savoir refuser ce qui ternit davantage son image, une assistance digne de pays en guerre ou ravagé par des calamités naturelles. Il faut y réfléchir.
Thierno Dayèdio Barry
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com