Suite à l'appel lancé par un collectif de Guinéens, sans prétention aucune, sinon celle plus que noble, de faire avancer les choses pour le pays, des Guinéens de toute obédience et de tout horizon, ayant donné de leur temps et de leur argent (certains étaient venus de loin, d'autres ont loué les locaux), se sont retrouvés ce samedi 17 janvier 2009 à Paris, dans une des salles de la Bourse du travail de St Denis.
De nombreux compatriotes (entre 100 et 150 personnes) sont venus des régions de l'Hexagone, ainsi que de Belgique, de Hollande et de Suisse.
Cette réunion prévue depuis un mois déjà, a coïncidé, avec l'arrivée à Paris, d'une délégation du CNDD, qui, présents pour des rencontres en France avec la francophonie, avait donné son accord préalable pour y participer. C'était compter, sans le comportement anti citoyen de certains guinéens.
Prévue à 14h, la dite réunion, ne commencera, après avoir en vain attendu les membres du CNDD, qu'à 16 heures.
Des personnalités guinéennes et pas des moindres, venant de groupements politiques, venant d'associations aussi diverses que nombreuses, et un nombre non moins important d'administrateurs de presse écrite et de presse en ligne, ont répondu, présents. Tels que : Sakho Boubacar, Mme Nantou Chérif, Bachir Kaba, Nabby Soumah, Ibrahima Kilé Diallo ainsi que les frères : Saïdou Nour Bokoum, Oumar Cissé, Jacques Kourouma, initiateurs de cette réunion, et bien d'autres...
Ont présidé à cette réunion :
Mr Julien Condé : Président d'honneur
Mme Adjidjatou Barry Baud : Présidente
Mr Pierre Fofana : Modérateur
Mme Nantou Chérif du RPG
Mme M'Ballou Kébé : Secrétaire
Etaient présents dans l'assemblée : les représentants des Femmes unies pour le développement, représentants du MJJS, représentant du CNJGF, représentants de l'ACTOG, du MJGF, du CAGF, de DLG, du CSGF.
Après les vœux d'introduction, Mr Pierre Fofana, a tenu à saluer et à présenter chaque représentant d'association. Il a expliqué les motivations de notre réunion, et la présence simultanée des membres du CNDD dans nos murs. Leur participation à notre réunion était plus que souhaitée, mais leur absence ne devait en aucun cas, annuler notre réunion, initialement prévue, et cela, bien avant leur arrivée en France.
Ensuite il a donné la parole aux différents intervenants. D'abord comme il se devait, au président d'honneur :
Le doyen Julien Condé parlera au nom des anciens, et poursuivra, en disant que nous sommes guinéens de sang et de sol. Les éléments conscients de la diaspora, doivent éviter la fascination du pouvoir.
Appel envoyé également au CNDD, pour :
1) Un état des lieux par un Audit international indépendant dans différents secteurs
2) Le recensement des charniers des deux anciens régimes
3) Organiser des funérailles nationales pour ces victimes
4) Décréter 3 jours de deuil pour l'âme de ces victimes
5) Lutter sans merci contre la corruption généralisée
6) Organiser une rencontre nationale pour débattre des conditions d'une réconciliation entre Guinéens
7) Faire appel aux compétences (tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la Guinée) des patriotes voulant, au dessus de leurs intérêts personnels, l'intérêt supérieur de la Nation.
8) Mettre en place un Conseil Consultatif issus des représentants des quatre régions naturelles, de la société civile, de chefs religieux, des syndicats, des femmes, des jeunes et des Guinéens de la diaspora
9) Constituer dans l'immédiat un gouvernement d'union nationale, comprenant des personnalités des diverses sensibilités du pays (voir Appel au Conseil National de Démocratie et de Développement)
S. Bokoum a ensuite pris la parole et rappelé d'emblée, le nombre de guinéens qui vivent à l'extérieur, soit 3 millions cinq cents mille (ce chiffre a été revu à la hausse : pour certains, nous serions 4 millions cinq cents), soit 1/3 de la population guinéenne, dont il faut tenir compte. Nous sommes la 5éme région, la diaspora. Nous participons, financièrement, aux besoins du pays, c'est un fait indéniable et qui a son importance.
Il est ensuite revenu sur le fait, que la délégation du CNDD devait venir à 15h. Après appel du consul, elle aurait dit : " rentrez chez vous, car les membres de la délégation sont restés à la résidence." Il a abondé dans le sens du modérateur (et plusieurs ont partagé cette idée) à savoir, tenir malgré l'absence du CNDD, cette réunion qui était prévue, avant leur arrivée en France. Il a invoqué l'importance pour la diaspora, que nous sommes, de parler d'une seule voix et de mettre à cet effet, une configuration en place et convaincre les autres de la signer.
Oumar Cissé pris la parole pour expliquer dans quelles circonstances, le rendez-vous avec les membres du CNDD s'était déroulé : "je donne les détails sur les étrangers que nous attendons. J'ai reçu jeudi, un coup de fil, me disant : « nous avons des personnalités importantes qui sont là, en l'occurrence le CNDD et les syndicats, qui veulent voir les gens de la diaspora ». Après avoir pris des contacts pour la réservation d'une salle, il s’est ensuite rendu à l'ambassade, où il a rencontré Ben Sylla et le ministre Barry Boubacar. Ils ont, avec ce dernier, reparlé de la réunion et eux, l'ont informé de l’assise d'une autre réunion de guinéens diaspo, le même jour. Le ministre a tranché en disant qu'il viendrait à notre réunion, l'autre réunion a aussi été maintenue. « Forts de ce rendez-vous, nous avons rédigé une lettre pour la déposer à leur hôtel. Là, le commandant Biro Condé a reconfirmé leur présence, après 11h, à l'autre réunion. Nous avions donc la certitude que les responsables politiques seraient là. Campbell savait que la délégation devait passer chez nous, et a volontairement boycotté notre réunion
D'autres voix se sont unanimement élevées dans ce sens, pour appuyer la thèse de la complicité de Mr Campbell Cissé et celle de l'ambassadrice elle même, Mme Makalé Camara, dans le sabordage de cette réunion.
Diallo Saliou a dit qu'il partageait l'idée de se réunir autour d'un thème, autour d'un projet.
Senrendé a poursuivit : « Qui a élu Campbell ? Rédigeons quelque chose de concret. Les guinéens (au pays) n'ont plus confiance en nous depuis 1984. Il n'y a que des réunions sur des réunions, sans aucun suivi concret
Sakho Aboubacar poursuivra : « Il nous faut impulser le changement dans notre pays, en faveur de la lutte déjà entamée. Laver le linge sale dans un laps de temps. Je me pose quand même des questions Ben Sylla : où était-il à certains moments ? Je suggère que des gens, des groupes consultatifs, soient désignés. Les partis politiques doivent être associés. Nous devons examiner les différents points à la loupe. Nous devons également soutenir les instances internationales, dans leurs efforts pour la Guinée.
Mme Nantou Chérif interviendra pour dire, qu'elle était d'accord avec beaucoup de choses qui se sont dites, notamment par rapport à l'appel écrit, lancé au CNDD par le CDGF (Comité des doyens des guinéens de France), mais qu'elle déplorait le fait, que les partis politiques ne soient pas associés dans le point 8 de cet appel.
Naby est revenu avec véhémence sur le fait que nous devions demander le départ de l'ambassadrice. Son manque de respect à notre égard, sa complicité pour le sabotage à l'égard de cette réunion est flagrante.
L'attitude permanente, discourtoise envers la majorité des guinéens de France, a été maintes fois, soulevée.
Sylla : De quels partis politiques, parlons-nous, quand nous parlons de partis politiques guinéens, de démocrates, de républicains ?
Le Conseil National des Jeunes Guinéens de France a pris position par rapport à la réconciliation nationale demandée par certains. Ils se départissent de cette idée : « nous ne sommes pas en Afrique du sud », ont-ils clamé. Ils ont aussi déploré le fait que leurs aînés étaient encore et toujours dans des disputes, plutôt que dans des discussions constructives. Ils ont déploré le manque d'unité et de cohésion. Ils veulent, et c'est tant mieux, avancer différemment.
Makanera : Faisons nous respecter ici, dira t-il. Soyons rigoureux, ne soyons pas représenter par n'importe qui. Il a souligné aussi que les associations ne devaient pas "marginaliser" les non affiliés. Débarrassons-nous de Campbell Cissé. Et il a conclu en disant qu'un collectif n'est pas une personne morale
Dioubaté a suggéré l'organisation d'une conférence nationale, et a prôné la lutte contre l'esprit ethnique.
Diallo voyage : Déception pour sa part, quant à la réunion. Pour lui, les membres du CNDD ont agi comme des cow-boys. Il a suggéré qu'une commission, tous secteurs confondus, soit établie.
Mme Nantou Chérif a repris le point (entre autres) du frère Naby, à savoir, écrire à l'ambassade et au CNDD. Elle est partante pour le volet des assises. Elle a encore souligné que les guinéens étaient partis (de l'extérieur) sous Conté, divisés, d'où notre non accession au pouvoir.
Oumar Cissé a proposé de se rendre, le soir même, à l'hôtel Ibis (où se trouvaient les membres du CNDD).
Lamine a relevé le double langage de certains. Pour lui, les questions à régler sont : le passé et le problème crucial du leadership.
Barry Yembélé a formulé sa déception pour le manque d'administration. Le trésor public ne fait pas son travail, a-t-il expliqué. Il faut 325 millions d'euros pour faire tourner l'Administration.
Mme Camara a parlé de la patience des partis politiques, du dédain des personnes qui travaillent à l'ambassade, au regard de leurs ressortissants, de la cherté des visas.
Barry Gandhi a déclaré être prêt à mettre ses compétences au service du pays.
Baffi Koné suggère la diminution des partis politiques.
La présidente Adji Barry Baud a abondé dans le sens de l'intégration d'un conseil représentant toutes les associations.
Jacques Kourouma a évoqué le consensus de tout un chacun pour parler d'une voix unique. « Nous devons deux exigences aux CNDD, dont le départ immédiat de l’ambassadrice ».
Suggestion de la plupart des participants : arrêter d'envoyer des sous, pour un temps, à nos parents en Guinée, cela pourrait avoir, sur le plan civil, de graves répercussions.
Il faut une refonte des organisations.
Il faut une nouvelle génération de politiciens.
Mme Kouyaté n'est pas d'accord sur le point de réconciliation. Le bas-peuple, pour elle, n'a pas de problème à ce niveau.
Bachir Kaba a exprimé sa déception et a suggéré la création d'une dynamique pour canaliser toutes nos organisations.
Facinet Touré a salué son compagnon de route, feu Siradiou Diallo, et a enjoint tout le monde à ne pas écouter les théocrates.
Nabby Soumah a exprimé avec force, ses idées pour une mobilisation, une pression, pour faire partir l'ambassadrice (qui n’a d'ambassadrice que le nom). Il a demandé de former immédiatement une délégation afin de rencontrer les membres du CNDD. Se rendre à l'ambassade et à l'hôtel Ibis. Il a exigé une institutionnalisation des rapports de la diaspora avec l'Etat.
S. Bokoum fera remarquer que les manifestations ont commencé en juin 2006 à Paris, et on connait la suite. Il a conclu que le collectif qui émergera de cette réunion, pourra être d'une importance capitale et pourra valoir son pesant d'or. Mobilisons nous !
Mr Pierre Fofana prendra la parole, pour conclure en ces mots :
Nous devons :
1°) Proposer un cadre de fédération, une unité d'action par rapport à Conakry
2°) Proposer un projet de rassemblement au niveau européen déjà.
La visite à la délégation du CNDD à l'hôtel Ibis, le soir même, a été mise au vote et acceptée à l'unanimité.
La réunion s'est terminée avec l’intervention de la Présidente Adjidjatou Barry Baud, qui a tenu a remercié tous les participants et tous les intervenants. La rencontre s’est terminée sans, malheureusement, fixer la date d'autres réunions. Cependant, une feuille de route a été tracée pour chacun des participants.
M’Ballou Kébé
pour www.guineeactu.com
Pour signer la pétition : http://www.guineeactu.com/info.asp?mph=deta&ID=2120
Pour consulter la liste des signataires : http://www.guineeactu.com/info.asp?mph=deta&ret=deta&ID=2079