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La ville de Conakry dispose d’un service public de transfert des déchets et de 36 PME de collecte, chargées du ramassage quotidien des ordures. Mais malgré les activités de ces services d’assainissement, la ville a du mal à rester propre. Il est évident que dans les conditions normales, si ces services d’assainissement remplissaient, chacun sa fonction, il est probable que la ville de Conakry serait propre. Mais comment atteindre leurs objectifs quand chacun de ces acteurs doit faire face à des difficultés dans l’accomplissement de sa fonction ? Le service public (SPTD), chargé du transfert des déchets du point de regroupement à la décharge ; les PME de collecte, chargées du ramassage des ordures dans les concessions vers les points de regroupement et les communes, sont les trois acteurs qui interviennent dans l’assainissement de la ville de Conakry. Les PME qui sont chargées de la collecte des ordures et de la gestion des eaux usées, mettent en cause l’insuffisance des équipements et du personnel, due en grande partie à la non coopération de la population, qui refuse de payer les taxes d’assainissement. Etant donné que les PME relèvent du privé, il est clair qu’elles ont besoin de rentrer en possession des frais d’abonnement pour gérer leur personnel et amortir leurs matériels. Le service public de transfert de déchet met en avant les mêmes problèmes : un matériel vétuste, un personnel réduit, un seul point de décharge aménagé, celui de la Minière. On se demande pourquoi la décharge de Kagbélé n’est toujours pas aménagée. Un autre problème se pose quant au taux de production de déchets par la ville de Conakry et la capacité du SPTD à gérer ces déchets. La ville de Conakry produirait en moyenne 1600 mètres cube de déchets par jour. Une production que le service public de transfert de déchets ne peut gérer tous les jours, étant donné qu’il a un taux de collecte de 60%. Autrement dit, le SPTD n’a la possibilité de gérer que 480 tonnes de déchets par jour sur 800 tonnes. Ce qui revient à dire qu’il y a une accumulation de 320 tonnes de déchets tous les jours. Pas étonnant dans ce cas que les carrefours et les caniveaux se soient littéralement transformés en dépotoirs. Il faut reconnaître qu’à toutes ces difficultés s’ajoute le manque de volonté de la population, qui en est la première bénéficiaire, à assainir son environnement. Les citoyens ne s’abonnent pas aux services d’assainissement malgré les mille et une sensibilisations sur la nécessité de la propreté d’une ville. Et ceux qui s’abonnent aux PME de collecte d’ordures refusent parfois de s’acquitter du payement de la taxe. Faudrait-il, après maintes sensibilisations, que l’administration prenne des mesures pour obliger les populations à « balayer devant leur porte ? » L’assainissement d’une ville, malgré les difficultés rencontrées par les services d’assainissement, dépend en grande partie de la volonté de la population à maintenir son environnement propre. Aminata Touré Source : Journal L’Indépendant, Conakry, partenaire de guineeactu.com
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