vendredi 27 novembre 2009
Arrivée des enquêteurs onusiens : Vers l’audition de Dadis et compagnie
Mohamed Bedjaoui

Les membres de la Commission internationale d’enquête sur la répression du 28 septembre, créée par les Nations Unies devaient arriver ce mercredi à Conakry, où les victimes et leurs proches seraient animés par une soif de justice. N’accordant aucun crédit à la Commission nationale d’enquête du capitaine Moussa Dadis Camara, qui à leurs yeux n’est qu’un contre-feu allumé pour faire bonne impression.

Le trio nommé pour conduire les travaux de la Commission internationale d’enquête sur les massacres qui ont été commis le 28 septembre 2009 à Conakry, devait arriver ce mercredi 25 novembre 2009 en Guinée. Il s’agit de Mohamed Bedjaoui, le président de ladite Commission et ses deux collaboratrices, Françoise Ngendahayo Kayiramirwa et Pramila Patten.

Deux femmes à poigne qui capitalisent une longue expérience dans ce genre d’exercice, surtout que ce sont les femmes qui ont payé un lourd tribut lors de cette expédition punitive perpétrée par la garde rapprochée de Moussa Dadis Camara.

Avant de se rendre en Guinée, l’équipe de Mohamed Bedjaoui avait eu un entretien avec le Secrétaire général de l’ONU, à New York, la semaine dernière.

Ban Ki-moon en a profité pour leur donner l’assurance qu’ils pourront : « travailler de manière indépendante pour établir les faits et faire des recommandations sur les mesures à prendre pour déterminer les responsabilités », selon des sources onusiennes.

Le Secrétaire général a déclaré avoir reçu : « L’engagement écrit du Président Dadis Camara et du Premier ministre Komara que les autorités guinéennes coopéreront et faciliteront le travail de la Commission d’enquête internationale ».

Une équipe d’enquêteurs avait déjà précédé les commissaires nommés par Ban Ki-moon, sur le terrain.

Selon des sources proches de l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme (OGDH), ces enquêteurs dans leur reconstitution des faits qui se sont déroulés le 28 septembre 2009, auraient à ce jour, recueilli le témoignage de près de 1000 victimes et des proches de personnes disparues.

La tâche du trio qui séjournera en Guinée du 25 novembre au 4 décembre consistera, a-t-on appris, à auditionner les personnalités citées par les victimes autour de ce dossier brûlant.

Les mis en cause dont l’Aide de camp du président de la République Aboubacar Toumba Diakité, par exemple, pourront être entendus par la Commission d’enquête. Même Moussa Dadis Camara a intérêt à donner sa version des faits aux enquêteurs, suite à ce massacre qui a fait plus de 150 morts selon l’ONU.

Il en va de même pour les leaders des Forces vives qui pour la plupart ont été des violences lors de cette répression.

Ils s’en sont sortis avec des contusions, des blessures au crâne provoquées par des coups de crosse administrés par des bérets rouges en furie.

Les populations dans l’ensemble fondent leur espoir dans le travail de la Commission d’enquête internationale.

Ne voyant dans la Commission nationale, qu’un moyen pour détourner l’attention de la Communauté internationale.

Même si celle-ci aussi a commencé ses travaux, avec des avocats de renom comme Me Szpiner, du Barreau de Paris.

Mais, c’est à savoir pour qui roulent ces célébrités du monde des robes noires.


Dian Baldé
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Mohamed, samedi 28 novembre 2009
Ne comptons ni sur l`ONU, ni sur l`UA et surtout ni sur la CEDEAO. Comptons sur nous même. Levons nous pour chasser cette bande de criminels pour le bon.
Alphady Sy, vendredi 27 novembre 2009
Il faut que l`ONU fasse toute la lumière sur ce qui s`est passé le 28/09/2009. L`impunité doit cesser car les Guinéens ne sont bas du gibier. Les commanditaires et auteurs des crimes doivent répondre devant la CPI de leurs actes

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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