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Depuis le samedi dernier, le citoyen Sékou Souapé Kourouma est arrêté et détenu à la direction de la police judiciaire (DPJ). Son interpellation s’est opérée au moment où il s’apprêtait à prendre son vol à destination de la capitale ivoirienne pour des soins médicaux. Notre reporter a rencontré son avocat qui dénonce une arrestation arbitraire.
Sékou Souapé Kourouma, il faut le rappeler, est l’ex- secrétaire général du bureau national de la jeunesse du RPG (Rassemblement du peuple de Guinée). Sur les circonstances de son arrestation à l’aéroport de Conakry le détenu explique : « je suis malade et j’ai rendez-vous avec mon médecin-traitant à Abidjan. Ce samedi j’ai décidé de m’envoler pour la capitale ivoirienne. Ma sortie du pays ne relève aucunement de la clandestinité. Quand je suis arrivé à l’aéroport en compagnie d’autres passagers, j’ai tendu mon passeport à un policier pour le contrôle, un passeport vivement à jour. A ma grande surprise, cet agent est allé voir plusieurs personnes que j’imagine être ses supérieurs hiérarchiques. Après plusieurs heures d’attente, le directeur général adjoint de la police est venu me chercher, annulant ainsi mon voyage sur Abidjan ». A la question de savoir, ce qu’on lui reproche Sékou Souapé Kourouma ignore tout, seulement il sait que sa première interpellation était accrochée à l’argument selon lequel, il serait allé rencontrer le Capitaine Dadis à Ouagadougou pour essayer avec ce dernier de saboter les élections. A cette accusation, Souapé oppose un démenti total. Rencontré, l’avocat de Souapé parle d’une arrestation fantaisiste et arbitraire et demande la libération sans délai, ni condition de son client. Selon maître Fodé Abass Bangoura, son client avait été arrêté une première fois et détenu à la DPJ ( direction de la police judiciaire) de façon infondée durant une quinzaine de jours et que vu son état de santé, il s’était battu pour sa liberté dans le but de partir se soigner à Abidjan. L’avocat pense qu’en cette période de transition, les autorités doivent œuvrer au respect des droits de l’homme consacrés dans la constitution en son article 6 qui stipule que : « Tout être humain a droit à la vie et à l’intégrité de sa personnalité. Il a droit à la vie et à l’intégrité physique et morale, nul ne peut être l’objet de torture, de peines ou de traitements cruels, inhumains ou dégradants. Nul n’est tenu d’exécuter un ordre manifestement illégal. Nul ne peut se prévaloir d’un ordre reçu ou d’une instruction pour justifier des actes de tortures, de sévices ou de traitements cruels, inhumains, ou dégradants commis dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions. Aucune situation d’exception ou d’urgence ne doit justifier les violations des droits humains ».
Me Abass parle d’une machination contre Souapé en ce sens que ce dernier est accusé de faire des révélations sur la mort de Sama Panival Bangoura, un ancien officier tué lors des attaques rebelles survenus en 2000, sur un site internet de la place. Chose que l’accusé a démentie dans une correspondance adressée à la direction dudit site. « Comment peut-on retrouver le passeport scanné de quelqu’un qui est arrêté sur un site internet ? » S’interroge l’avocat avant de souligner qu’on cherche à sacrifier son client. A l’allure où vont les choses, l’avocat de Souapé Kourouma compte aller jusqu’au bout pour obtenir la libération de son client tout en soutenant que Souapé n’est frappé d’aucune interdiction de sortir du territoire.
Au moment où nous allions sous presse, le procureur général de la république n’était pas saisi du dossier Souapé. A la DPJ, on parle d’un détenu confié par le directeur national de la police.
Aly Badara Condé L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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