vendredi 4 décembre 2009
Arrestation de Mouctar Diallo de l’ONDH : Les inquiétudes de la FIDH
Mouctar Diallo

L’arrestation de Mamadou Mouctar Diallo, membre de l’Observatoire national des droits de l’homme le week-end dernier, par des hommes de Moussa Tiégboro Camara   ministre à la Présidence chargé des services spéciaux suscite des inquiétudes chez les défenseurs des droits de l’Homme. C’est le cas de la Fédération internationale des ligues  des droits de l’Homme, qui dans un communiqué rendu public mardi, a demandé à la junte de le libérer.

C’est l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), qui a pris les devants pour exprimer à travers ce communiqué sa plus vive préoccupation au sujet de l’arrestation arbitraire de Mamadou Mouctar Diallo, membre de l’Observatoire national des droits de l’Homme (ONDH).

Ce communiqué revient sur les circonstances de cette interpellation qui se serait déroulée le 26 novembre 2009, vers 16 heures, lorsque Mouctar Diallo, membre de l’Observatoire national des droits de l’Homme, a été arrêté par des militaires à Cosa, un quartier de la banlieue de Conakry, à environ 300 mètres du camp Alpha Yaya, au sein duquel sont localisés les services de la junte du capitaine Moussa Dadis Camara. L’Observatoire met l’occasion à profit pour rappeler  que Mouctar Diallo a travaillé ‘’durant de nombreuses années pour l’ambassade des Etats-Unis à Conakry, où il était chargé des affaires politiques en matière de droits de l’Homme. Et qu’il a aussi travaillé comme formateur pour les militaires, avant de travailler pour l’Observatoire national des droits de l’Homme».

La FIDH dit disposer d’informations selon lesquelles, Mouctar Diallo aurait été arrêté par « des agents du ministère chargé de la lutte contre le trafic de drogue et le grand banditisme, l’institution qui serait également à l’origine de l’arrestation et la détention des neuf militants de la Fédération des associations de la jeunesse guinéenne (FAJEG) et de la Coordination des organisations de défense des droits humains (CODDH) le 28 octobre dernier ».

Ces militants ont été par la suite libérés, à en croire la FIDH.

 « Au 1er décembre 2009 à 10 heures, M. Mouctar Diallo restait détenu dans le camp Alpha Yaya,  au rez-de-chaussée du premier bâtiment se situant à droite de l’entrée du camp Alpha Yaya, qui mène à l’aéroport. Aucune information n’avait cependant pu être obtenue quant à l’existence d’éventuelles charges pesant à son encontre », peut-on lire dans ce communiqué. L’Observatoire dénonce « le caractère arbitraire de la détention de M. Mouctar Diallo, et s’inquiète de possibles mauvais traitements qui pourraient lui être prodigués. L’Observatoire rappelle que de tels actes seraient contraires à la Convention des Nations unies contre la torture ratifiée par la Guinée le 10 octobre 1989, et donc passibles de poursuites individuelles ». Il exprime en outre sa préoccupation « quant à l’état de santé de M. Diallo, qui souffre de diabète et de problèmes cardiaques ». L’Observatoire demande « instamment aux autorités guinéennes de garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de M. Mouctar Diallo et de procéder à sa libération immédiate et inconditionnelle, du fait que sa détention ne vise manifestement qu’à sanctionner ses activités de défense des droits de l’Homme ». Dans la foulée, l’Observatoire appelle les autorités guinéennes « à veiller à ce qu’un terme soit mis à toute forme de menaces et de harcèlement -y compris judiciaire- à l’encontre de l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme guinéens et à se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme de 1998 et aux instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par la Guinée ». A noter qu’aucune réaction officielle n’a été encore enregistrée suite à cette arrestation qui défraie en ce moment la chronique dans la cité. Au niveau de l’ONDH, qui est une institution rattachée à la Primature dont la naissance est survenue en 2007, au lendemain des convulsions qui avaient paralysé le pays, faisant plus de 200 morts, on croit savoir que les déboires de Mouctar Diallo seraient dus à une visite qu’il aurait rendue à un ancien membre du CNDD en disgrâce. Il s’agit du lieutenant-colonel Aboubacar Sidiki Camara, ancien Secrétaire permanent du CNDD, limogé au lendemain de  sa prise de fonction, pour n’avoir tenu compte de certaines questions de préséance, dit-on. Le président de l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’Homme (OGDH), pour sa part dit que l’interpellation de Mouctar Diallo, serait due à des déclarations faites sur les antennes de la ‘’ Voix de l’Amérique ‘’, lors d’une interview accordée à ce confrère.

Au moment où nous allions sous presses, le défenseur des droits de l’Homme était encore sous les verrous.


Dian Baldé
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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