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Notre reporter avait pu recueillir les sentiments de la première épouse de feu colonel Diarra Traoré, lors de la manifestation de soutien au CNDD organisée la semaine dernière par les épouses des militaires au camp Alpha Yaya Diallo.
L’Indépendant : Bonjour Madame, veillez vous présenter à nos lecteurs s’il vous plaît ?
Madame Diarra Traoré : Mon nom est Traoré Hadja Mariama. Je suis la première épouse de Diarra Traoré (ancien Premier ministre tué lors des événements du 5 juillet 1985, NDLR). Je vous remercie beaucoup de m’avoir donné l’opportunité en ce jour solennel de m’adresser à mes compatriotes à travers vos colonnes. J’ai toujours souhaité soutenir mes « enfants » le capitaine Dadis et ses compagnons, que Dieu les bénissent.
Ce camp-là, moi je dois vous dire que je ne connais rien si ce n’est que lui. C’est ici que nous avons vécu mon époux et moi. Nous avons eu beaucoup de bonheur ici mais nous n’avons pas été non plus épargnés par des malheurs. Mais Dieu merci aujourd’hui me voilà, je suis là aujourd’hui en bonne santé. En 1985, je ne savais pas qu’aujourd’hui un Moussa Dadis pouvait devenir président de la République. Je remercie Dieu, que Dieu nous donne longévité et prospérité.
Quelles impressions avez-vous du capitaine Moussa Dadis Camara ?
Mes impressions sont bonnes en ce qui concerne le chef de l’Etat. J’ai surtout été marquée par le fait qu’il soit quelqu’un qui n’aime pas l’injustice. Je le trouve loyal, humain. Il ressemble un peu au feu Président Ahmed Sékou Touré dans sa façon de faire.
Comment avez-vous vécu la fin tragique qu’a connue votre époux le colonel Diarra Traoré ?
Je ne peux pas oublier mon mari. Mais je peux pardonner, je suis une croyante mais je ne m’attendais pas du tout à cela de la part du Général Lansana Conté. Mais comme on aime à le dire, le pouvoir use l’homme. Je prie Dieu de nous épargner de tels scénarios dans l’avenir de notre pays.
Le capitaine Dadis vous a demandé de pardonner, non ?
Oui. C’est ce qui me réconforte moralement, car Conté, lui, a détruit ma famille, mes biens, il a détruit mon avenir. Aujourd’hui je n’ai pas de parents, je n’ai pas d’amis, il a tout pris. Il a tout pris, tous les biens de mon mari. Pas un seul jour il ne m’a demandé pardon. Donc Moussa Dadis a dit de pardonner, mais seulement je ne peux pas oublier.
Je prie Dieu que cela ne se répète pas en Guinée, parce que le pays-là est béni. Le feu Ahmed Sékou Touré a fait des sacrifices. Ce camp-là, où je suis assise là aujourd’hui, Dieu seul sait que le pays-là est béni. Il a fait les sacrifices pour ce pays-là.
Hadja vous êtes venue soutenir le président Moussa Dadis Camara pour sa candidature à l’élection de 2010 ou quoi ?
Moussa Dadis Camara, moi, je le soutiens parce qu’il est véridique, il est sage, il n’aime pas l’injustice, je le soutiens parce qu’il veut la vérité. Et je sais quelle que soit la chose, il faut qu’on attende d’abord qu’il nettoie le camp-là. Le camp-là est trop sale. Si le camp est bien entretenu cela veut dire que le pays sera tranquille, mais si le camp a beaucoup de clans, comme des clans des intellectuels, si ce sont des clans qui règnent, cela n’est pas du tout chose à rassurer les populations.
Il faut qu’il se débarrasse des clans, qu’il amène l’union au sein des forces armées. Je prie Dieu qu’il nous donne longue vie et prospérité. Je le soutiens régulièrement parce qu’il est sincère, il ne connaît pas le Soussou, il ne connaît pas le Malinké, il ne connaît pas le Peulh, il est véridique.
Il n’aime pas l’injustice, mon mari a toujours combattu l’injustice. Quand je vois Dadis parler cela me met du baume au cœur, tellement il parle comme mon mari, il aime la vérité, il n’aime pas le mensonge. Il est mon fils, et je le soutiens fermement.
Depuis le premier jour jusqu’aujourd’hui je l’ai toujours soutenu, je prie Dieu qu’il lui donne longue vie.
Pouvez-vous nous dire comment Conté et Diarra qui étaient très proches, ont fini par se haïr ? Ne craignez-vous pas que cela puisse encore arriver au sein de l’armée par la faute de certains ?
Les démagogues ! Dieu merci aujourd’hui il est possible de les dénoncer. Dadis ne tombera pas dans le panneau devant moi, « In cha Alla ». Je serai là à ses côtés, ils ne seront pas divisés, ils seront unis, ils vont mener leur gouvernement ensemble. Ils ne seront pas divisés. Ceux qui tirent profit en opposant les gens qui tiennent les rênes du pouvoir, feront tout mais leur dessein noir ne réussira pas. Moi je n’aime pas le mensonge, si je vois un démagogue, je sais, et me méfie de lui.
Pour ce qui est de la pression extérieure sur la Guinée avez-vous un mot à dire ?
La communauté internationale, c’est aujourd’hui qu’elle parle. Il y a eu le 4 Juillet 1985, ici en Guinée. Qu’est ce qu’elle a dit ou fait ? Je dors avec la radio, je connais tout… Je suis toujours avec la radio à mon chevet. Seulement je prie Dieu pour que la communauté internationale nous aide à soutenir Dadis pour assainir les forces armées.
Interview réalisée par Youssouf Bah & Foday Fofana L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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