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 | Aboubacar « Toumba » Diakité |
Aboubacar « Toumba » Diakité est toujours en cavale, alors que le capitaine Moussa Dadis Camara qu’il a tenté d’éliminer le 3 décembre 2009, est désormais hors de danger et a même fait plusieurs apparitions publiques depuis son renvoi vers Ouaga, il y a environ deux semaines.
La traque contre l’ancien aide de camp du chef de la junte ne serait plus une priorité pour le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD). On voit de moins en moins d’unités composées de bérets rouges puissamment armés entrain de patrouiller dans la cité à la recherche du fugitif dont la tête a été mise à prix pour 200 millions de francs guinéens et une villa. Le général Sékouba Konaté, président par intérim de la junte aurait même ordonné à un moment donné la libération des proches de « Toumba » qui avaient été interpellés lors de cette chasse à l’homme qui avait donné lieu à beaucoup de bavures. Toutefois, plusieurs militaires et civils seraient toujours détenus pour leurs liens supposés avec l’ancien aide de camp. Sans qu’aucune information ne filtre sur leurs conditions de détention.
Et les familles de ces prisonniers seraient aujourd’hui très inquiètent pour leur sort.
Quand on sait la fureur avec laquelle des éléments déchaînés de l’armée avaient envahi la capitale à la recherche de « Toumba », au lendemain de la tentative d’assassinat manqué contre Dadis Camara, il y a lieu de comprendre ces appréhensions.
En effet, ces hommes en uniforme se livraient à toutes sortes d’exactions contre de pauvres populations. C’est ainsi qu’à Cosa, quartier situé dans la banlieue de Conakry, lors d’une descente musclée effectuée par des bérets rouges de la garde présidentielle, un marabout du nom de Mamadou Yaya Bah avait été tué à bout portant. L’imam de la mosquée du quartier, lui avait été interpellé ainsi que d’autres sages du coin, sur la base de délation.
La tension semble cependant retomber dans cette traque qui s’est avérée infructueuse.
Causant plutôt d’énormes dégâts collatéraux.
Et la nomination d’un Premier ministre issu de l’opposition résultant d’une main tendue de la junte aux Forces vives, en vue de décrisper le climat politique est entrain de faire oublier petit à petit l’affaire « Toumba ». Celui-ci dans sa cachette pourrait retrouver le sommeil et attendre que les choses se normalisent avant de sortir le nez. C’est le moins qu’on puisse écrire quand on sait que « Toumba » sera amené tôt ou tard à répondre pour les crimes mis sur son compte lors de la répression du 28 septembre. La justice internationale ayant décidé de prendre les choses en main, pour faire toute la lumière sur ces massacres. Quitte à ce que la CPI s’autosaisisse du dossier.
La tentative d’assassinat manquée contre le chef de la junte, n’étant elle, qu’un crime dont le jugement incombe aux juridictions nationales.
C’est dire que l’ancien aide de camp en commettant son geste fou, n’avait sans doute pas mesuré les conséquences que cela pourrait avoir sur son avenir.
Mais, on pourrait aussi lire dans le geste de « Toumba » le résultat d’une rancœur née du fait d’avoir été écarté de la présidence et remplacé par feu Joseph Loua dit Makambo. Dadis se souciant désormais de lui comme une guigne.
Alors que lui, avait pensé n’avoir accompli qu’un devoir en conduisant l’expédition punitive contre les Forces vives au stade du 28 septembre.
Causant ainsi la mort de 156 manifestants selon l’ONU.
L’ancien aide de camp devra faire des prières à ce que la Guinée sorte de cette période d’exception, pour qu’il puisse se rendre aux autorités d’un gouvernement civil, démocratiquement élu.
Ce n’est qu’à ce prix qu’il aura la vie sauve. Quitte à passer le reste de sa vie en prison, au cas où il était jugé coupable des chefs d’accusations retenus contre lui. Pour le moment, le seul salut qui s’offre à « Toumba » est celui de la vie dans la clandestinité. En tant que médium voyant, l’ancien aide de camp du chef de la junte a dû certainement s’en apercevoir.
Et Dadis dans tout ça là. C’est sûr qu’il continue de ruminer sa colère contre son « petit » sur fond de malédiction, celui-ci l’ayant mis hors jeu. Alors qu’il nourrissait le rêve de se maintenir au pouvoir pendant longtemps. C’est dire que l’incident du 3 décembre a brisé un rêve.
Dian Baldé Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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