dimanche 13 septembre 2009
Après plus d'un mois d'absence, Hadja Fatou BANGOURA en route pour Conakry parle : « Je n'étais en mission d'aucune autorité »
Hadja Fatou Bangoura

On sait que c'est mardi 4 août 2009 que Hadja Fatou BANGOURA a quitté de Conakry pour une tournée ouest-africaine qu'elle commença par le pays de la Teranga de Maître Abdoulaye WADE. Une semaine après elle gagna la République de Côte d'Ivoire via le pays d'Ahmed Toumany TOURE – ATT. Après un mois passé en dehors de sa Guinée natale, Hadja Fatou BANGOURA a décidé ce mercredi 9 septembre 2009 de regagner le bercail. Elle a accordé une interview à votre Magazine dans laquelle elle aborde l'actualité nationale sans langue de bois. Exclusif ...

Aujourd'hui en Guinée : Que répondez-vous à certaines mauvaises langues qui affirment que vous étiez en mission politique dans la sous-région ouest-africaine en cette période de transition en République de Guinée ?

Hadja Fatou BANGOURA : Vous êtes d'accord avec moi qu'étant femme publique, j'ai aussi droit à une vie privée. Que ces mauvaises langues sachent une fois pour toute que je n'étais en mission d'aucune autorité si grande ou si petite soit-elle, pas même un parti politique encore moins une personne physique. Mon absence du pays pendant ces trente cinq jours était essentiellement d'ordre familial que je ne vais pas tout de même mettre sur la place publique pour satisfaire ces comités de rumeur qui polluent la vie politique de notre pays.

Vous savez bien que je n'ai pas l'habitude de m'absenter du pays sans raisons valables. Si je ne suis pas auprès de mes enfants en Europe, je suis à Conakry où je suis resté pendant les périodes de plomb de la lutte politique guinéenne pour affronter avec ma petite famille le mensonge d'Etat avec toutes ses conséquences. Ceux qui affirment que j'étais en mission politique prennent leurs rêves pour de la réalité ou ce sont des pêcheurs en eau trouble. Je suis quand même connue pour ne pas avoir ma langue dans un mouchoir de poche. En définitive, je dirai de laisser les gens se défouler à la limite du tolérable même si l'unanimité se dégage sur les méfaits de la rumeur dite guinéenne dans la vie privée d'honnêtes citoyens. Vous savez, ce n'est pas à moi de m'occuper de certaines personnes n'ont pas vu le temps passé. Elles aussi, c'est leur habitude comme le disait élégamment le chanteur Ibro Diabaté.

Quel regard portez-vous sur la transition guinéenne notamment les élections présidentielles de janvier 2010 ?

C'est à partir de la capitale ivoirienne que j'ai appris que les Guinéens, sur recommandation du comité ad hoc, se rendront aux urnes en 2010 au lieu de la fin d'année 2009 comme le stipulait le chronogramme des forces vives accepté par le capitaine Moussa Dadis Camara. J'ose croire que cette fois-ci, c'est la bonne date car je ne trouve pas grande différence entre les deux. Est-ce que tous les problèmes qui ont concourus au report trouveront leurs solutions d'ici là ? Parce que le souci constant de tous c'est l'organisation d'élections crédibles, transparentes et dont les résultats ne souffriront d'aucune contestation majeure.

Les commentaires vont bon train sur la candidature de Moussa Dadis Camara.

Ecoutez, pour le moment il n'ya qu'un seul candidat investi officiellement par les instances de son parti à l'issu du congrès tenu à Conakry, c'est l'ancien Premier Ministre Cellou Dalein DIALLO. Je profite donc de cette tribune pour féliciter le Président de l'Union des forces Démocratiques de Guinée pour non seulement son élection à la tête du parti et celle des membres de leur bureau exécutif, mais aussi pour sa désignation comme candidat de l'Ufdg aux élections présidentielles de janvier 2010 en Guinée.

Docteur Ousmane Kaba a exposé sur la démarche à suivre pour enclencher les audits sur certains grands dossiers des 24 ans du règne du Général Lansana Conté. Il n'y aura-t-il pas selon vous la chasse aux sorcières quand on sait que certaines personnalités visées par ces audits seront candidats aux élections présidentielles ?

Je ne suis pas experte en finances publiques, mais je sais par ailleurs que les audits n'ont pour but que de regarder si la gestion d'un tel à un moment donné de l'histoire obéissait aux règles de l'orthodoxie financière. Et qui parle de gestion, parle d'un responsable, d'une personne donnée. C'est à ce niveau qu'il y a sans doute amalgame que je ne considère pas comme la chasse aux sorcières. Je pense bien que les auditeurs eux-mêmes travailleront conformément aux règles modernes d'audits de sorte que personne ne crie au scandale ou aux règlements de compte à la publication des résultats. Les Guinéens veulent savoir finalement la vérité sur les dossiers Futurelec-Etat guinéen, Santullo ou sur les fonds koweitien. Comment expliquez-vous par exemple la disparition d'Air Guinée qui a fait très longtemps la fierté de notre pays ?

Mais ne versons pas vite dans l'euphorie de l'annonce .Ce sera un travail herculéen. Auditer les vingt quatre ans du règne de feu Lansana Conté, dans un pays où l'administration n'est pas informatisée, où les cadres sont spécialisés dans la disparition des preuves, vraiment je ne voudrais pas être à la place de ces auditeurs car ce sera la croix et la bannière même si sur certains dossiers comme le chemin de fer Conakry-Niger, la conscience nationale semble connaitre le ou les auteurs. Auditons enfin si c'est possible et si la moralisation la gestion dans notre pays doit passer par là et disons aux auditeurs, attention, la Guinée n'a pas besoin de la chasse aux sorcières.

Beaucoup de personnes pensent que si les audits bien menés, ils épingleront les anciens Premiers Ministres de Lansana Conté

Vous savez chaque Guinéen est libre d'avoir son opinion sur un sujet donné, c'est cela la démocratie. Dans ma compréhension à moi, les audits ne visent pas une catégorie de hauts fonctionnaires de l’Etat. Ils concernent la gestion des finances publiques. Ne personnalisons pas les choses. Ce que je sais, c'est que si les audits sont correctement faits, il y aura beaucoup de surprises. Dans un village, le plus souvent la personne qui est tout le temps accusée d'être le sorcier, est dans la plupart des cas innocente. Evitons des accusations gratuites, laissons les professionnels faire le travail. Chacun a droit au principe de présomption d'innocence jusqu'à ce que sa culpabilité soit reconnue par une justice légalement constituée. C'est mon point de vue.

Merci Hadja

C'est à moi de vous remercier


Interview réalisée par Salématou BAH
pour www.aujourdhui-en-guinee.com


www.guineeactu.com

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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