jeudi 10 juin 2010
Après les révélations de J.A., tempête sur la toile guinéenne !
Saidou Nour Bokoum

« Rabat, capitale de la Guinée ».

Ce titre, commis par votre serviteur dans le cadre d’un feuilleton consacré au Capitaine Dadis, n’avait pas eu à l’époque, l’heur de plaire à beaucoup, dont certains de mes amis. Ci-dessous un article de justification que j’ai publié sur mon site « manifeste-guinee », le 10 janvier. L’objectif n’étant pas de clore le débat, au contraire, il faut encore plus de débats, mais les yeux grands ouverts, sans chercher à cacher le soleil avec le petit doigt.

C’est incroyable que quelque six mois après, certains semblent toujours étonnés et que d’autres continuent à lancer des cris d’orfraie contre guineeactu et même Jeune Afrique qui ont cru voir le Gbassikolo de Kaloum hanter le palais chérifien lors de ce voyage du Président de la transition qui n’était alors que Ministre de la Défense. Une petite tempête dans un verre d’eau qui se déverse sur la « Toile guinéenne » déchaînée !

Mais les faits sont têtus et les journalistes et intellectuels doivent faire leur métier : observer, témoigner, et parfois anticiper. Ce que j’avais essayé de faire. L’article, est toujours disponible ici et dans les archives de guineeactu (8 janvier 2010). Ci-dessous un petite info/flash que je n’avais publiée que sur mon petit site où on ne peut pas me lapider, qui est fou ! C’était un éclairage de mon titre et de l’essentiel de mon propos, paru trois jours après l’article :

« CONAKRY-Afp/Réunions secrètes, émissaires internationaux, nouveau plan de sortie de crise: la Guinée vient de vivre une semaine à rebondissements mais la prudence reste de mise chez les Occidentaux devant un chemin encore long avant un scrutin présidentiel.

L'avenir de ce pays devait être dimanche à Ouagadougou au cœur d'un entretien entre le président du Burkina Faso et médiateur dans la crise guinéenne, Blaise Compaoré, et le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner.

Blaise Compaoré, dont une première médiation avait été rejetée par l'opposition qui la considérait trop favorable à la junte, pourrait revenir sur le devant de la scène après l'offre de cette dernière de partager le pouvoir avec le Forum des forces vives (opposition, syndicats, société civile).

A moins que celui-ci ne traite directement avec le général Sékouba Konaté, le nouvel homme fort de la junte.

L'emballement diplomatique international est venu du constat pour les Etats-Unis et la France qu'un retour en Guinée du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, "risquait de provoquer une guerre civile" dans cette ex-colonie française, raconte un négociateur sous couvert d'anonymat.

Le président autoproclamé est hospitalisé au Maroc depuis début décembre après avoir reçu une balle dans la tête, tirée par son aide de camp.

Paris et Washington, qui ont encore en mémoire les longues guerres civiles au Liberia et en Sierra Leone, ont vu son absence comme une "opportunité", selon un diplomate. Un récent rapport de l'ONU sur le massacre d'opposants fin septembre dans le stade de Conakry, impliquant Dadis, est venu appuyer leurs démarches.

Etats-Unis, France et Maroc ont profité d'un récent séjour d'une semaine dans ce dernier pays du général Konaté pour le rencontrer. "Les Marocains l'avaient travaillé au corps, facilitant les discussions", se félicite le négociateur. Selon Rabat, qui ne les a révélées qu'après-coup, "plusieurs séances de travail ont été tenues directement avec le général Konaté ou alternativement avec de hauts responsables français et américains".

Côté américain, il s'agissait du secrétaire d'Etat adjoint pour les Affaires africaines, Johnnie Carson. Côté français, d'André Parent, conseiller Afrique de Nicolas Sarkozy.

Un plan de partage du pouvoir conduisant à des élections a été soumis au général Konaté. En échange, Américains, Français et Marocains ont promis de former son armée et de lui fournir une aide technique. Le 6 janvier, l'officier a accepté publiquement de gouverner avec l'opposition, une décision aussitôt saluée par Paris, Washington et Rabat.

Les Forces vives ont réagi avec prudence, sans toutefois opposer une fin de non-recevoir, notent des diplomates. Elles réclament des garanties et des précisions au général Konaté. Ce dernier "n'est pas un saint mais ses propos ont du sens, donc c'est quelqu'un avec qui l'on peut traiter", juge un diplomate. Jusqu'à présent, cet officier assure ne pas vouloir diriger le pays mais les Occidentaux restent circonspects, échaudés par le précédent Dadis qui avait aussi dit ne pas vouloir se présenter à une présidentielle avant d'affirmer le contraire.

Vendredi, l'annonce d'une hospitalisation à Dakar du général Konaté, par la suite démentie, a donné quelques frayeurs à ses soutiens internationaux. Atteint d'une cirrhose, selon une source diplomatique, Sékouba Konaté est traité au Maroc.
Le sort du capitaine Dadis Camara reste un paramètre important. Un mandat d'arrêt international contre lui et/ou un asile dans un pays tiers pourrait aider le général Konaté à transférer le pouvoir à des civils, estime un diplomate. »

Il reste que ces « révélations » n’empêcheront pas la tenue des élections le 27 Juin. Si Dieu le veut. Cependant, il n’est pas interdit de se poser la question de savoir si ceci n’est pas lié à cela. Même s’il est quelque peu tard de se poser la question ! De l’optimisme béat au pessimisme sombre, le matin du 28 Juin pourrait nous offrir une mamaya de gueules de bois et de mines patibulaires barbouillées d’un long sommeil de cinquante ans.


Saidou Nour Bokoum


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
GONOTA, samedi 12 juin 2010
Est ce qu`il a lu et compris cet artcile cet article? Mr TRAORE Bangaly,lire et comprendre font deux. Il ya bel et bien un passage qui dit que le general n`est pas propre,donc ton souhait reste la culpabilisation d`un seul,pas plus? C`est le plus gros du probleme guineen (le regionalisme,le tribalisme,le nepotisme,le clanisme,l`ethnocentrisme,la corruption, Mais la Guinee est vraiment beni et les Hommes maudits,pas tout mais, Il ya des problemes qui font eclater la guerre civile dans d`autres pays mais pas cette terre benie de la Guinee.DIEu merci!
GilBlack, samedi 12 juin 2010
Dadis n`est que la partie visible de cet iceberg guineen. Justice contre Dadis? Mais Traoré pour qui tu te prends? Pourquoi pas justice a tous les niveaux alors qu`il existe des crimes chroniques jamais enquettés a moins qu`on ne parle de jugement? PDG et cadres,PUP et cadres et maintenant Dadis et ses cadres pour t`en prndre a un seul individu parce que quoi? Tu seras surpris de voir beaucoup sur le meme banc le jour lui Dadis le sera. Je ne suis pas contre tes propos mais je fais juste une precision...
Bangaly Traore, vendredi 11 juin 2010
Dieu merci la page de tyran MOUSSA DADIS CAMARA est tourner dans notre pays,ce que nous demandons,c`est la justice contre Dadis et sa bande de criminels.NB:le depart de Dadis a ete la fin de l`impunite et l`organisation des elections libres pour la premiere fois dans l`histoire politique de la guinee.A bas le criminel MOUSSA DADIS.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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