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Après les incidents survenus lors de la campagne électorale du deuxième tour, dans la capitale, le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) M. Moreno O’Campo a fait une déclaration, dans laquelle il met en garde les acteurs de la transition guinéenne contre tout débordement susceptible de plonger le pays dans un cycle de violences. Comme ce fut le cas au Kenya, au lendemain de la précédente élection présidentielle.
« Dans le cadre de l’analyse préliminaire en cours, mon Bureau suit avec attention l’évolution de la situation en Guinée et notamment les risques de violence éventuelle. Mon Bureau a pris connaissance des affrontements des 11 et 12 septembre 2010 à Conakry qui se sont soldés par un bilan d’un mort et cinquante blessés. Je souhaite rappeler que les violences électorales sont susceptibles de relever de la compétence de la Cour pénale internationale lorsque celles ci se traduisent par la commission de crimes inscrits au Statut de Rome. J’ai ainsi demandé, et obtenu le 31 mars 2010, l’autorisation d’enquêter sur les crimes contre l’humanité relevant de la compétence de la CPI commis dans le contexte de la violence post électorale au Kenya en 2007 - 2008. Il incombe à l’ensemble des acteurs guinéens de faire preuve de la retenue nécessaire pour éviter semblable scénario en Guinée. »
Cette déclaration démontre à suffisance l’intérêt que la Haye ne cesse de porter à notre processus électoral.
Il appartient aux deux candidats en lice pour le deuxième tour de mettre des garde-fous autour de leurs actions, afin de ne pas laisser leurs militants se livrer à des actes de violences, qui ne feront qu’en rajouter à cette crise que traverse la Guinée.
La CPI a déjà sur son bureau le dossier relatif aux massacres du 28 septembre. Elle n’attend que de voir si la justice guinéenne sera à la hauteur de sa tâche, consistant à confondre ceux qui ont tué et violé des manifestants dans le grand stade de Conakry.
Au cas où celle-ci montrerait des limites, il ne restera plus à l’équipe de la CPI que de s’autosaisir dudit dossier, afin de faire triompher la justice.
Pour qui connait la manière dont fonctionne notre justice, il faut dire que cela prendra du temps pour qu’elle puisse dire le droit dans cette affaire de répression, qui a causé 156 morts selon l’ONU.
Comme l’a dit un défenseur des droits de l’homme, on a beau tourner en rond, c’est à la CPI que ce dossier finira pas être traité.
En tout état de cause, la CPI veille sur les moindres faits et gestes des acteurs de la transition. Quitte à eux de se tenir à carreaux. Pour ne pas se retrouver sur la liste noire du Procureur O’Campo.
Kadiatou Barry Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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