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Le porte-parole du gouvernement vient d’être limogé par le Président de la République, le Général Lansana Conté, réputé homme d’honneur parce que d’abord soldat et donc investi d’une vertu morale cardinale, puisqu’il semble dit-on, qu’il a risqué plus d’une fois sa vie, pour sauver l’honneur d’une nation, voire des pays frères. Mais qu’est-ce que l’honneur d’une nation vient faire ici dans le limogeage d’un simple ministre de la République ? En effet, que signifie le limogeage d’un porte-parole d’un gouvernement de consensus, dont le responsable est précisément le Premier ministre qui a signé le fameux décret qui risque d’être à la source du déshonneur au plus haut niveau ? Victime d’avoir simplement accompli sa mission qui était devenue hebdomadaire comme un feuilleton. De deux choses l’une, ou il faut croire que ce Premier ministre était irresponsable ab initio, donc c’est lui qu’on devrait limoger, ou dans le cas contraire, responsable, pour ce qu’en dit l’accord tripartite, c’est encore lui qui devrait l’être, suivi de tous les autres qui devraient prendre la même charrette. Dans les deux hypothèses, son honneur serait sauf. Il en est du Premier Ministre comme du Président de la République à qui s’applique rigoureusement notre analyse que le premier mendiant-errant de Dar Es Salam comprendrait. A moins qu’on dise plus simplement : Conté a peur de Kouyaté et Kouyaté en lâchant son porte-parole (son gilet pare-balle devrais-je dire ), ne mérite pas le peuple martyr de Guinée. Cette affaire est passionnante. Car il y a plus grave qui concerne le destin de ce peuple. Elle pourrait être écœurante si les choses en restent là. Car qui a fait Kouyaté ? C’est Hadja Rabyatou, El-Hadj Ibrahima Fofana et Sékou Ben Sylla. Et le peuple martyr, mais toujours vivant, me direz-vous ? Clean, propre, innocent, libre de se croiser les bras, d’aller vaquer à ses sombres petites affaires, rien que de petites misères. Car les jeunes martyrs leur avaient bien dit de ne pas s’arrêter en si bon chemin. Maintenant le diable et le bon Dieu circulent dans le même caniveau de cette route tortueuse où ils ont mené ce combat, où le déshonneur risque de venir faire déborder le sang des innocents. J’ai cité une femme et des hommes (il y avait d’autres leaders restés dans l’ombre, tel Bamba, Mbemba et d’autres femmes, on les connaît.. ), qui furent admirables durant ces journées héroïques. Mais si Satan est la tentation des saints, le déshonneur est toujours à la porte des grands hommes et femmes. Heureusement, et j’aime à le répéter, il n’y a jamais de peuple lâche. Mes chers héros des journées de janvier-février, soyez à la hauteur de votre peuple ! Saïdou Nour Bokoum Ecrivain
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