dimanche 6 juillet 2008
Après la nomination du Gouvernement…
Thierno Dayèdio Barry

La voie est ouverte au changement dans sa nouvelle version. L’ancienne équipe n’aura pas réussi à relever le défi. Aujourd’hui, la page est tournée, même si une année entière aura été sacrifiée, inutilement, par le gouvernement précédent dans des actions de charme et autres inaugurations prestigieuses d’idoles érigées aux grands carrefours de la capitale. Les préoccupations des populations restent toujours d’actualité. Pas d’eau potable pour tout le monde, pas d’électricité, pas de riz à un coût abordable. La pauvreté sévit et la saison des pluies tarde à combler les attentes. Le nouveau gouvernement vient de prendre fonction, composé d’anciens ministres et de nouveaux entrants. La nouvelle donne est que des partis politiques, pour la première fois, y participent de façon engagée, comme pour rompre avec cette forme d’opposition figée qui n’aura que porté préjudice à l’évolution de la vie politique guinéenne. Peut-être, aurait-on compris que la meilleure façon de conquérir le pouvoir c’est d’accepter d’y être associé, quand l’offre est faite. Cependant, pour que démarre l’action gouvernementale, il faut plus qu’une équipe. Les départements ministériels devront faire leur toilettage. Des cadres devenus presque inamovibles y ont, depuis plusieurs gouvernements, élu domicile. Des intouchables qui se sont engraissés, comme des rats de grenier dans les biens de l’Etat et dont les incompétences intellectuelles expliquent toutes les tares reprochées à l’Administration guinéenne.

Tout laisse à croire que ces mêmes cadres figés dans la routine tenteront toujours de s’agripper, à défaut, de changer, tout simplement, de département. Cette forme de transhumance au sein de notre administration est une vieille tradition à laquelle le premier ministre Dr Souaré doit mettre fin, pour poser les bases du vrai changement. L’on ne saurait prétendre réussir le changement, en conservant ceux qui, depuis des lustres, ont contribué à l’empêcher. Autant, une nouvelle toiture ne saurait tenir sur des poutres vermoulues. C’est là qu’il faut prouver sa volonté de changer les mœurs et toutes les pratiques rétrogrades qui ont foutu le pays dans cet état de paupérisation.

Le recours à l’excellence doit être le tout premier objectif à viser, pour arrêter l’émergence des médiocres. Depuis, des décennies, ce sont les mêmes cadres qui roulent comme pierre au sein d’une administration dépassée, sans jamais amasser mousse. Tous les échecs trouvent leurs justifications dans le maintien de ce cercle vicieux dans lequel se succèdent, à travers des permutations absurdes, des nominations sans nécessité, des médiocres dont le seul critère est d’avoir des liens occultes. La Guinée regorge de cadres compétents mis à la touche, ou tout simplement oubliés. Les postes de responsabilité, depuis des années, sont l’apanage de ceux qui savent louer, mentir et se plier en quatre. Des conditions auxquelles, il est difficile de se soumettre, quand on a conscience de ses qualités. Cette forme de bassesse a énormément nui à notre administration. L’homme qu’il faut étant écarté du poste qu’il lui faut, au profit du bon médiocre.

 Le Gouvernement Souaré va certainement redonner à la Guinée la nouvelle image attendue d’elle, depuis toujours. Pour ce faire, le retour à la vieille tradition doit être évité. L’espoir est permis, en attendant que les départements ministériels soient pourvus.

Thierno Dayèdio Barry   
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com    

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Vos commentaires
Alpha, dimanche 6 juillet 2008
M. Barry, une page se tourne et se retourne. En l’état actuel de la situation, la marge de manœuvre du premier ministre est très étroite. Elle est limitée envers le président Conté d’abord, car, comme ses prédécesseurs à ce poste, il n’a pas les coudées franches, pas de réel pouvoir de proposition et de décision. Elle est également limitée envers ses ministres, car, à quelques exceptions près, ces derniers ont été choisies par l`entourage présidentiel en dehors de toute consultation du chef du gouvernement. Le refus catégorique du général président au premier de ses ministres de se rendre au 11e sommet de l`Union Africaine démontre que le partage du pouvoir avec lui est d`être une réalité. Même si le retour à la vieille tradition doit être évité, le chemin à parcourir est encore long et jonché d`embûches. Autant vous dire qu`aucun espoir n`est permis avec ce nouveau gouvernement. La population guinéenne ne fait que s`enfoncer davantage dans la débine.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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