vendredi 18 janvier 2008
Après la grève avortée, le sort du gouvernement
Les dirigeants de l'inter centrle

Une grève pour dénoncer les violations du protocole d’accord mal ficelé ou pour soutenir le gouvernement Kouyaté ? Posons-nous, enfin, la question, parce l’équivoque est toujours là.

Si  la grève du 10 janvier avait pour raison d’interpeller le chef de l’Etat sur certaines de ses décisions que les accords du 27 janvier 2007 n’entendraient plus lui reconnaître, il y a lieu de savoir de quel statut constitutionnel l’inter centrale syndicale s’est-elle investie, pour mériter qu’il lui soit rendu des comptes, à chaque fois que l’Exécutif estimerait le besoin de changer d’humeur ? Si c’est pour soutenir le gouvernement, le paradoxe est d’autant manifeste que le syndicat risquerait de prendre une grande part dans les éventuels échecs d’une équipe dont le bilan comporte déjà bien des déficiences.

La vérité est que le syndicat est acquis à la cause d’un gouvernement dont toutes les difficultés sont imputables à ses maladresses dans la conception des fameux accords. Il y a moins une volonté de défendre l’indéfendable, que de porter la responsabilité morale du blocage qu’a toujours connu le gouvernement dans la conduite de sa mission. La situation empire, parce que les populations ne sont plus disposées à braver les forces de l’ordre pour défendre la cause d’une équipe gouvernementale dont on attend  toujours l’implication dans la prise de mesures concrètes en faveur de l’allègement des citoyens acculés par la cherté de la vie, avec cette flambée non maîtrisée des prix des denrées de subsistance.

Tout flambe ! C’est la réalité récurrente du quotidien. Quel est le citoyen qui se laisserait encore aller au feu ? Où était Kouyaté, quand la Guinée brûlait ? Ce poste prestigieux qui lui a été offert avec tous les honneurs, sous les larmes et les acclamations des Guinéens, est le symbole de l’espoir du citoyen qui n’entend  plus mener une vie de clochard dans son propre pays.  Nous avons besoin de manger à notre faim,  d’exercer un emploi, de boire de l’eau potable, d’avoir de la lumière dans nos chaumières. Voilà pour l’essentiel. Et voilà ce que le gouvernement de service public n’a pu résoudre. Ventre vide s’en fout de discours et promesses.

Malheureusement, le syndicat ne trouve pas encore opportun d’interpeller Kouyaté et ses hommes sur les besoins urgents dont la non satisfaction explique, en partie, les revendications sociales de janvier et février 2007. Ce qui l’intéresse c’est de jouer les justiciers, au nom d’un peuple qui ne le reconnaît plus dans ce nouvel accoutrement.

C’est le pouvoir qui devient la cible des revendications syndicales. D’autres imposteurs ne pourraient  que profiter de l’opportunité pour tenter d’atteindre leur objectif, tout au moins,  privilégier la voie qui créerait aux Guinéens d’autres difficultés.  Syndicalisme et politique font-ils bon ménage ? C’est la question. Toutefois, l’espoir de pouvoir apporter le changement en Guinée est déjà là, avec la CENI (Commission électorale nationale indépendante). La paix sociale est à préserver, pour nous éviter des affrontements inutiles. Ce qui préoccupe, pour l’instant, c’est le sort du gouvernement Kouyaté qui perd chaque jour du terrain. La situation empire et les gardiens du ‘’parchemin sacré’’ semblent avoir perdu, eux aussi, leur latin.

Thierno Dayèdio Barry

Source : Journal L’Indépendant, Conakry, partenaire de guineeactu.com

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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