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Après le retour à l’accalmie sur la scène politique et administrative en Guinée, suite à la levée du mot d’ordre de grève de l’Inter centrale, les protagonistes de la crise et la population se doivent un temps, une période de réflexion pour remettre les choses à leur place. Tirer les leçons qui s’imposent, pour éviter les mêmes conséquences au bout de cette nouvelle année 2008. Ne dit-on pas que chaque problème interpelle solution, et qu’il y a des problèmes parce qu’il existe des solutions. Nous sortons très émoussés et bien perplexes de la zone de turbulence vivement ressentie dans les moindres entrailles de notre société. Car, encore le civisme et les bonnes règles de vie sont hors de portée de la plupart des agitateurs et de plusieurs de nos cadres, qui ont depuis démissionné pour se laisser aller vers les pratiques les plus décriées. Oui, la grève n’a pas eu lieu. Les négociations, suite à la grande mobilisation du camp anti-grève, ont eu raison de l’ardeur des syndicalistes. Seulement jusqu’à quand, pour n’avoir pas donné dans le protocole ou le PV de levée du mot d’ordre, des décisions plus concrètes, liées au non respect de la feuille de route et du protocole du 27 janvier 2007 . A mon avis, un diagnostic sérieux et non partisan devrait être le premier travail afin de toiletter ces deux documents phares, porteurs des germes de la confusion et de tous les dérapages. En parcourant ‘’le procès verbal de fin de crise’’ qu’a lu Hadja Rabiatou Sérah Diallo de la CNTG, il est fait mention de la nécessité ‘’d’œuvrer sans délai à la modification du décret de restructuration des départements ministériels, No. 049 du 05 décembre 2007’’. Ce point mérite une grande analyse, car les syndicats ne semblent pas tenir compte de l’administration en général, pour ne s’intéresser qu’aux départements ministériels, services au sommet de la hiérarchie qui n’ont aucun contrôle sur la grande administration, répartie sur l’ensemble du territoire de façon parcellaire et en crise de compétence. Mieux, fixer un délai de 90 jours francs, soit trois (3) mois et imposer sa signature par le Président de la République est anachronique, pour qui connaît la réalité et les mécanismes de prise de décision à la Présidence. C’est comme si le Président de la République avait besoin d’une structure supra étatique pour lui donner des ordres à exécuter sans délai. Il y a là, une discrétion à la Loi fondamentale qui constitue pour nous, le substrat de toutes nos activités pour la gestion de l’Etat et des populations suivant la volonté populaire. A la réflexion, obligation est faite pour tous les Guinéens de prendre du recul et bien méditer pour ne pas violer notre Loi fondamentale, pour donner raison à un groupe de Guinéens, fussent-ils des syndicalistes. Il est question de l’ensemble des services de l’administration et non des seuls ministères. Nos syndicalistes savent que pendant dix (10) mois en attente, les résultats ont donné ce que tout le monde connaît. Pour être conventionnels, il est important de s’occuper réellement de la question centrale qui concerne la Primature dans notre régime présidentiel, hyper puissant. En cette phase de notre évolution démocratique, c’est la concertation et les débats contradictoires qui font avancer la République. Pour une sortie de crise, il a été question du renvoi de tous les membres du gouvernement. Volonté exprimée par les syndicalistes et acceptée par le Président. Mais à aller jusqu’à choisir la nomenclature et les hommes, voire en proposer à des postes comme l’a été dans notre cas ici, c’est une prise en otage de l’Exécutif par les initiateurs de la grève. Cette action, aujourd’hui continue de faire des ravages et aiguise de plus en plus les ambitions. Le retour à la normale souhaitée est à la portée des Guinéens si les syndicalistes restituent au PRG sa légitimité et sa légalité constitutionnelle pour ne même pas tenter un autre coup de force. Il l’a dit dans son message de nouvel an. Le Général Conté a dit qu’il ne négocierait pas ses prérogatives que lui accorde la Loi fondamentale. C’est tout à fait plausible, mais la contradiction peut être portée au sein des formations politiques en quête du suffrage universel, et non au sein des formations syndicales. D’où la nécessité pour le Premier ministre de reprendre le chemin de la Constitution pour se situer légalement dans le cadre d’une délégation de pouvoir, de certains pouvoirs du Président. A dire qu’il ne reconnaît que le Protocole est un désaveu et une rébellion face à son mandant, au-delà, par rapport à la Loi fondamentale guinéenne. Une attitude qui ne lui coûtera que son poste et sa mise hors des cercles de décision, sauf si le Président le tolère, grâce à son pouvoir discrétionnaire. C’est ce qui rend le temps de la réflexion utile et de grand intérêt. Réfléchissons donc ensemble… Pour toujours traiter ce premier point du PV de sortie de crise, c’est le ton impératif qu’il faut éviter, qui revient dans la suite, lorsqu’on indique le 31 mars 2007 comme date butoir. Il y a aussi le cas de Mamadou Sylla, PDG de Futurelec, qu’on veut coûte que coûte envoyer en prison sans aucune procédure, à cause des tractations que ce dernier aurait effectuées à la BCRG. Ne tombons pas dans l’amalgame. La justice est la seule à se déterminer si oui ou non, quelqu’un doit aller en prison. La séparation des pouvoirs doit s’imposer à tous. Quoi qu’on dise, Elhadj Mamadou Sylla ne travaille pas à la BCRG et n’y a jamais servi. Quelle fantaisie d’oublier les gros barons de la BCRG au moment des faits, pour s’accrocher à la gorge d’un client qui ne pouvait nullement et ne devait prendre aucune initiative, si les administrateurs ne lui donnaient pas leur accord. Qu’on cesse de tourner autour de l’essentiel. La BCRG n’est pas un service du Holding de Sylla. Que l’audit ou les audits s’expriment à coût de milliards et qu’on tarde à nous dire la dernière vérité, est la faute du gouvernement. Que cherchent donc les syndicats ? Si c’est l’emprisonnement de Mamadou Sylla, il y a la procédure et pas d’autres… Aboubacar Sidick Sampil Source : Journal L’Indépendant, Conakry, partenaire de guineeactu.com
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