mardi 18 mars 2008
Après l'inhumation de Katoucha: hommages

L’ex-top model, Kadiatou Niane, connue sous le nom de « Katoucha » a été inhumée  le vendredi 14 mars au cimetière de Cameroun. Ses obsèques ont drainé une foule nombreuse de parents, d’amis et de sympathisants venus lui rendre un dernier hommage.

Le corps de Katoucha a quitté vendredi dernier aux environs de 11h. la morgue du CHU d’Ignace Deen pour la grande mosquée Fayçal, où des fidèles musulmans qui s’étaient fortement mobilisés pour la circonstance ont prié sur la dépouille. Comme le veut le rituel.   Puis le  corbillard à bord duquel se trouvait le corps a pris la direction du cimetière de Cameroun. Cette procession était composée d’une longue file de véhicules et de piétons. Dans la foule, l’émotion était grande. Et en moins d’un quart d’heure, le cortège funèbre termina sa course dans l’enceinte du cimetière. Il était environ 14 heures 37 minutes, sous une chaleur caniculaire. Huit hommes habillés en uniforme de la police nationale ont alors porté la dépouille de Katoucha sous le regard médusé de la foule. On pouvait reconnaître dans cette cohue, son père, le Professeur Djibril Tamsir Niane et l’ex-ministre Kiridi Bangoura, son beau frère. C’est ce dernier qui va guider les porteurs du corps vers la tombe qui allait dorénavant servir de lieu de repos pour l’éternité à l’ex-mannequin. Tout se passa comme le veulent les rites musulmans et dans la pure tradition des Peuls, communauté dont est issue Katoucha. La défunte laisse derrière elle trois enfants.

Avant d’être retrouvée morte le 28 février dernier dans la Seine à Paris, Katoucha, faut-il le rappeler, avait mystérieusement disparu dans la nuit du 1er au 2  février, après une soirée passée en compagnie de ses amis. Egérie du grand couturier français, Yves Saint Laurent dans les années 80, Katoucha « la princesse peulh » est également l’auteur du livre intitulé « Dans ma chair » publié chez Michel Lafont en septembre 2007. Dans cette œuvre auto biographique, l’ex-mannequin s’élève contre la pratique de l’excision dont elle a été elle-même victime. L’ex-star des podiums ambitionnait de mettre sa notoriété au service des actions caritatives. Notamment celle destinée à recueillir et à prendre en charge des enfants orphelins en Afrique de l’Ouest. Ce rêve ne sera malheureusement pas réalisé.

Fille du célèbre écrivain et historien, Pr. Djibril Tamsir Niane, Katoucha a été fauchée par le destin du haut de ses 48 saisons. La famille a porté plainte contre X pour homicide volontaire, après avoir émis des réserves sur les conclusions hâtives de la police française sur cette affaire qui a choqué bien des gens en Europe et en Afrique.

Repose en paix, Katoucha!

Camara Moro Amara
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com


Des réactions

Durant les obsèques de Katoucha Niane, des personnalités publiques, des amis et connaissances ont été approchés par notre reporter. Voici leurs témoignages.

El Bâ Mamadou, Président d’honneur de l’UFDG

« J’espère que la lumière sera faite sur sa disparition »

«  Je suis lié au père et à la famille. Nous sommes tous de Dinguiraye. Je suis très peiné. Une jeune femme qui disparaît dans des conditions mystérieuses, c’est vraiment difficile à accepter. J’espère que la lumière sera faite sur sa disparition ».


El Baïdy Aribot, ministre de la Jeunesse

« Une grande perte pour notre pays»

« C’est une perte cruelle pour le monde de la culture et du stylisme. Il faut franchement reconnaître que Katoucha était une figure emblématique du monde du stylisme et du mannequinat. Aujourd’hui c’est vrai elle n’est plus de ce monde. Ce qui représente une grande perte pour notre pays. Cette disparition me touche très profondément en tant que Guinéen. Parce qu’elle a eu à représenter dignement la beauté guinéenne à l’étranger. On vient d’assister à son enterrement. Mais depuis sa disparition, nous sommes profondément choqués. Le gouvernement a tout fait pour que le corps soit retrouvé et qu’elle soit dignement inhumée. C’est chose faite aujourd’hui. Nous présentons pour cela nos condoléances à sa famille ses amis et au monde de la culture. »


Maître Barry, Saxophoniste, chef d’Orchestre

« C’est dommage qu’on ait perdu une grande figure comme Katoucha »

« Moi je l’ai connue quand je suis allé en France en 1986 avec sa sœur Fifi dans la pièce de théâtre ‘’l’Alphabet’’. J’ai trouvé une dame élégante, jolie, gentille, c’est dommage qu’on ait perdu une grande figure comme Katoucha qui avait décidé de venir faire plein de choses chez nous. Surtout à l’orée du cinquantenaire. Franchement c’est une perte. J’en suis vraiment meurtri. Parce que non seulement elle, mais beaucoup d’artistes qui se suivent comme ça,  c’est vraiment inquiétant ».


Monseigneur Albert Gomez, de l’Eglise Anglicane

« Sa mort est une grande perte »

« D’abord, j’ai le sentiment que sa mort est une grande perte sur tous les plans. D’abord par sa perte elle-même et puis la perte de sa famille. Je connais très bien son père et je sympathise avec eux avec tout le reste du peuple de Guinée. Parce que, c’est une perte pour tout le peuple de Guinée. Quelle que soit la représentation à l’extérieur, s’il y a l’empreinte guinéenne, c’est un plus pour nous. Donc je voudrais au nom de toute l’Eglise de Guinée, présenter à la famille toutes les condoléances. »


Mohamed Salif Kéïta, Journaliste à la RTG

« Notre jeunesse, surtout les filles, doivent s’inspirer de son œuvre »

« J’ai un sentiment de tristesse d’avoir perdu une si grande personnalité de la culture. Elle a bien représenté le mannequinat africain dans la haute société européenne et mondiale. On sort toujours d’un cimetière avec le sentiment de tristesse. Nous sommes heureux aussi de recevoir son corps ici et de l’inhumer en terre de Guinée. C’est une grande  personnalité que nous venons de perdre. Je pense que tout ce qu’elle a fait doit être remis sur scène pour que nos filles puissent prendre l’exemple sur elle dans le domaine du mannequinat ».


Mamadou Dian Diallo, Journaliste à la RTG

« Katoucha était très fière d’être guinéenne »

« En fait la mort de Katoucha est une grande perte pour sa famille. Mais aussi une grande perte pour moi. C’est une grande perte pour la culture guinéenne. Katoucha, je l’ai découverte au milieu des années ‘’80’’ et depuis, nous avions été de très grands amis. Quand elle venait à Conakry, elle demandait aux gens, où est mon Dian ? Tellement que nous étions amis. Quand on se rencontrait, soit à Abidjan ou à Dakar ou à Paris, elle m’a fait connaître le monde de la haute couture, le grand monde de la haute couture. C’est ainsi que moi-même, j’ai initié des émissions de promotion sur la mode en Guinée. Nous avons fait un certain nombre d’émissions avec les grands couturiers africains et mondiaux. Ce que je retiens d’elle, c’est surtout son attachement à son terroir. Elle m’a toujours parlé de la Guinée. Katoucha, contrairement à ce que certains disent aujourd’hui, ne m’a jamais dit quelle avait plusieurs nationalités. Elle m’a toujours dit qu’elle était Guinéenne et qu’elle était très fière d’être Guinéenne».

Propos recueillie par Camara Moro Amara
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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