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La Guinée ne peut être bâtie ni sur l’impunité, ni sur la haine, encore moins sur la vengeance. Elle ne peut, non plus, s’édifier dans la méfiance et la suspicion réciproque.
Suite aux premières déclarations du Conseil National de la Démocratie et du Développement (CNDD) que dirige le capitaine Moussa Dadis Camara, il est évident que des bonnes intentions existent, mais les Guinéens doivent être très prudents.
Il ne faut pas juger les nouveaux maitres du pays à travers les intentions mais plutôt par ses actes, ses accomplissements. Mais aussi, il faut leurs accorder le bénéfice du doute en les soutenant jusqu'à ce qu’ils montrent qu’il n’y a pas de raisons de les soutenir.
Les Guinéens doivent juger le Conseil National de la Démocratie et du Développement à travers les actes et à travers la façon dont il gère l’après Conté.
Pour le moment, ils ne sont reprochables de rien, mais sont plutôt à féliciter pour avoir mis fin à un régime illégal dans un pays devenu un « État-néant », où toutes les institutions républicaines étaient illégales, caduques et périmées.
Après 50 années, le pays a entendu trop de promesses. Depuis 1958, on loue les richesses du pays et l’on projette des illusions. Je me rappelle très bien, depuis mon enfance, l’on parlait des potentialités hydroélectriques de la Guinée, notamment le barrage de Konkouré. L’on disait que c’est la Guinée qui allait donner de l’électricité aux pays voisins comme le Sénégal, le Mali, la Côte d’Ivoire, et autres…
Second exportateur de bauxite après l’Australie, la Guinée devrait être un pays de bonheur mais, en lieu et place, le pays est devenu synonyme de l’enfer, un pays de pénitence.
En 50 ans, la Guinée offre l’image d’un pays sinistré. Le pays est mis à genou ou plutôt, à plat ventre, à travers une gestion calamiteuse, orchestré et entretenu par une poignée d’hommes, de femmes et de clans tribalo-mafieux, qui n’ont ni foi ni loi.
Pendant les vingt cinq dernières années, le criminel et despote Lansana Conté a étranglé, asphyxié le pays à travers un pouvoir égoïste, dont le système de gouvernance ne se résume qu’à la division, à la haine et à la délation.
Qu’est-ce qui peut justifier cet état pitoyable de la Guinée, pitoyable à un degré que c’est le Sénégal qui prétend pouvoir nourrir la Guinée ? Quel paradoxe ! Quelle honte nationale !
Le Sénégal, un pays désertique, devrait être nourri par la Guinée, qui pouvait bien être le grenier de la sous région. Cette situation honteuse de la Guinée tient au fait que, le pouvoir incompétent et autocratique de Sékou Touré et de Lansana Conté, ont chacun, pendant plus de vingt ans, privilégié les intérêts égoïstes des copains et des coquins qui le composent, au détriment de l’intérêt supérieur du pays.
Les projets de développement sont mis à sec, sans résultats. Les richesses nationales, qui devraient contribuer au développement du pays sont systématiquement pillées, dilapidées et bradées par une clique familiale et mafieuse sans état d’âme, sans scrupule, mettant en péril ainsi l’avenir de toute une génération et mettant en danger l’existence même de la Guinée en tant que nation viable.
Il est temps, que le Conseil National de la Démocratie et du Développement (CNDD) ouvre la page de l’ère Conté, pour une vraie autopsie diagnostique pour mieux faire la part de responsabilité de tout un chacun, dans le calvaire, la mal gouvernance, les vols et viols, les détournements qui ont émaillés les 24 ans de gestion mafieuse de la Guinée.
Depuis son indépendance, la Guinée n’a jamais connu le bonheur et le rêve que lui projetaient les économistes, tenant compte des capacités et potentialités économiques du pays. Les pouvoirs qui se sont succédés ont tout simplement anéanti l’excellence et réduit les intellectuels à l’alimentaire (des ventriotes).
Sous Lansana Conté, la « médiocrité » a tout simplement triomphé sur la « Méritocratie » et le pouvoir a élevé et glorifié la corruption, le clientélisme, le népotisme, la gabegie et l’enrichissement illégal et illicite de certains proches du pouvoir au détriment de la majorité.
Le pouvoir sanguinaire Lansana Conté était basé sur la trahison, les mensonges, et est bâtie sur une administration clochardisée, formée de cadres hypocrites, incompétents et dont le seul dénominateur demeure la bassesse et la prostitution de leur conscience.
Les valeurs républicaines ont été purement et simplement bafouées. Toutes les institutions qui devraient être républicaines, au seul service de la défense des intérêts du pays, que cela soit l’armée, en passant par toutes les institutions d’État, la Justice, le Conseil Economique et Social, le Conseil National de la Communication, etc.…., ont été dérobées de leurs missions premières qui consistent à servir uniquement la nation et à défendre l’intégrité territoriale pour devenir des outils d’oppression et de pillage du pays entre les mains de Lansana Conté.
Il faut que les hommes et femmes du Conseil National de la Démocratie et du Développement (CNDD) du Capitaine Moussa Dadis Camara réfléchissent au delà de leur nez. Les hommes naissent pour accomplir une mission. La vie ne se résume pas simplement à la trilogie : naître, grandir et mourir. En lieu et place, l’essence de naître, de vivre et de mourir sur cette terre, est de donner un sens à sa vie.
Les hommes et femmes du Conseil National de la Démocratie et du Développement (CNDD) du Capitaine Moussa Dadis Camara ne doivent pas rester les bras croisés, regarder et vivre passifs, face au péril causé par les dérives et l’effacement de l’autorité de l’État républicain. Ils doivent désormais prendre leurs responsabilités et sauver ce qui leur est de plus cher : la République de Guinée.
Si le Conseil National de la Démocratie et du Développement (CNDD) du Capitaine Moussa Dadis Camara entre en hibernation politique et se laissent engloutir, phagocyter par cette racaille de politicards (politiciens véreux, sans foi ni âme) qui ont excellé par leurs manques de vision et de projet de société, alors, la galère de la misère guinéenne a encore devant elle de longues années à voguer sur l’océan de corruption, de concussion, de mégestion, d’intérêts égoïstes, de vol au sommet de l’État, de crimes, et de pillages de tous genres.
Le salut ne viendra que si les hommes et femmes du Conseil National de la Démocratie et du Développement (CNDD) du Capitaine Moussa Dadis Camara se réveillent, prennent leurs responsabilités avec le plus grand sérieux, pour former un gouvernement de rêve, composé de technocrates, tirés parmi les meilleurs des meilleurs, pour relever le défi immense qui s’érige devant leur mission.
Il est temps, que les Guinéens et Guinéennes de tout bord, la jeunesse oubliée et abandonnée à elle-même, les élèves sans orientation, diplômés au chômage, fonctionnaires sans issue, intellectuels de la nouvelle génération, les soldats patriotes, les aînés de tout bord, qui ont été contraint, à un moment ou à un autre, de se taire ou de s’exiler loin de la mère patrie, de se joindre à l’appel du Conseil National de la Démocratie et du Développement (CNDD) du Capitaine Moussa Dadis Camara qui inspire un nouveau réveil de prise de conscience qui était en gestation en Guinée pour qu’ensemble, les Guinéens puissent débarrasser la Guinée à jamais de vestiges du pouvoir sanguinaire et de prédation qu’incarnait le pouvoir de Lansana Conté.
C’est l’ultime et unique chance pour les Guinéens de doter leur pays des véritables institutions républicaines et démocratiques, gage d’un développement durable.
Pour l’amour de la nation, et de grâce, pour la mémoire de tous ces morts tués par ces chiens errants de Lansana Conté, les Guinéens n’ont plus droit à l'erreur pour se laisser endoctriner par les chants de sirène de passation de services, les litanies de promesse et sombrer au charme des oiseaux de mauvaises augures qui sèment la confusion, la haine et la division pour assouvir leur dessein macabre.
Soutenons les nouvelles autorités militaires et prenons-les dans leurs paroles et engagements, tout en gardant nos yeux ouverts, nos oreilles à l’écoute et nos intelligences plus aiguisées.
Depuis des années, l’Alliance Nationale pour la Démocratie et le Développement (ANDD) n'a jamais cessé de tirer la sonnette d’alarme sur la manière déficitaire et chaotique dont la Guinée est gérée.
Ce n’est pas le moment d’applaudir ou de se laisser hypnotiser, au risque de voir la Guinée vendue en pièces détachées, et de provoquer une catastrophe humanitaire, politique, sanitaire, économique, intellectuelle, écologique et sociale.
Les Guinéens et Guinéennes ont étés témoins de cette mort honteuse de Lansana Conté, de son gouvernement et son système esclavagiste, dictatorial, génocidaire et prédateur, inauguré depuis le règne du général Lansana Conté et élevé aujourd’hui au paroxysme de l’humiliation du Peuple de Guinée dans un pays exsangue.
« On juge le maçon au pied du mur » dit un adage Africain. Les Guinéens doivent juger le CNDD du Capitaine Moussa Dadis Camara à travers les résultats concrets enregistrés dans les domaines de la réduction de la pauvreté, la bonne gouvernance, la lutte contre l’impunité de toute catégorie, la démocratie et la liberté d’expression.
Il est prématuré et suicidaire de juger le CNDD à travers les bonnes intentions dans cette fièvre émotionnelle de « l’après Coup d’État » contre la dépouille de Lansana Conté. Les bonnes intentions ne se transforment pas nécessairement en acquis de bienfaits et les guinéens, à moins qu’ils ne soient frappés par de l’amnésie, en connaissent certainement.
Au lendemain du 4 Avril 1984, Lansana Conté et son CMRN avaient promis monts et merveilles, du lait et du miel au Guinéens.
La Guinée a un sérieux problème, précisément un problème d'Hommes et de femmes de paroles et de conviction, couplé de problème de vision.
Le Conseil National de la Démocratie et du Développement (CNDD) du Capitaine Moussa Dadis Camara offre t-il la solution ? Les Guinéens le souhaitent.
Le Capitaine Moussa Dadis Camara serait-il le « Jerry Rawlings » Guinéen ?
Le Capitaine Moussa Dadis Camara sera t-il le « Amadou Toumani Touré » Guinéen ?
Le Capitaine Moussa Dadis Camara sera-t-il le « Nelson Mandela » Guinéen ?
En tout les cas, il devra éviter d’être le « Robert Guei » Guinéen, le « Samuel Doe » Guinéen.
Nous savons tous que la situation en Guinée n'est pas facile. Mais ce n’est pas parce que la situation est difficile que les Guinéens et Guinéennes doivent baisser les bras, rentrer en hibernation politique pour oublier que « personne d’autre ne fera à leur place ce qui est de leur devoir patriotique ».
C’est pour cette raison que l’Alliance Nationale pour la Démocratie et le Développement (ANDD) lance un appel à tous les compatriotes Guinéens et Guinéennes de pouvoir taire les égoïsmes et ouvrer à la réhabilitation de ce pays que nous pensions que Dieu avait tout donné pour être un pays de bonheur et paix.
L’Alliance Nationale pour la Démocratie et le Développement (ANDD) croit fermement qu'il est grand temps que les Guinéens et Guinéennes se ressaisissent pour qu'il y ait unité entre les fils et filles du pays pour sortir la Guinée de l'ornière.
Pour accomplir cela, les Guinéens doivent ouvrir leurs cœurs et leur intelligence, travailler, initier et avoir des visions qui dépassent l'intérêt immédiat, personnel et égoïste.
Il ne faut pas oublier que, malgré la mort de Lansana Conté, l’architecte de la misère du pays et des massacres de Janvier et Février, son système, ses hommes et femmes, ses clans militaro-mafieux sont toujours vivants dans le pays, ils continueront à injecter systématiquement le venin de la division, de l’égoïsme pour récupérer ou conserver leurs privilèges acquis pendant les dernières 24 années.
Tant que le système de Lansana Conté n’est pas neutralisé et extirpé du mode de gouvernance, le problème sera toujours là et rien ne sera résolu malgré la volonté affichée du Conseil National de la Démocratie et du Développement (CNDD).
Il faut surtout que l’élite intellectuelle guinéenne, qui n’a jamais été à la hauteur de ses responsabilités historiques, se mue et départe de la médiocrité qui l’a caractérisée pendant ces 24 dernières années.
Il faut que les Guinéens et Guinéenne apprennent à rentrer dans la politique par la grande porte, nourrir des ambitions, affirmer leurs convictions politiques et lutter pour la mise en place d’un système politique démocratique leur permettant d’arriver au pouvoir et réaliser leurs objectifs pour l’intérêt supérieur du pays.
« La médiocrité qui caractérise la majorité de l’élite Guinéenne trouve ses racines d’une part, au déficit de la pensée et de vision et, d’autre part, à l’absence d’une véritable spiritualité et moralité ».
Il faut faire en sorte à travers la pression que le Conseil National de la Démocratie et du Développement (CNDD) du capitaine Moussa Dadis Camara, ne soit une perche aux « pouvoiristes » (les affamés de pouvoir pour le pouvoir) de s’asseoir à la hâte autour de la table de mangeaille (mangeoire) gouvernementale.
Si tel en est le cas, alors, très tôt le Conseil National de la Démocratie et du Développement (CNDD) sera victime de crise de confiance, de rupture de cohésion, des velléités irrédentistes et rebelles à une simple question de partage du gâteau guinéen. Cela engendrerait un climat politique de la crise à répétition qui va constituer une « nouvelle bombe à retardement ».
L’avenir de la Guinée dépendra en grande partie de ce que voudra le Conseil National de la Démocratie et du Développement (CNDD) du Capitaine Moussa Dadis Camara, qui doit œuvrer pour mériter de l’adjectif de « démocratie et de développement » en vue de consolider la paix, la démocratie, la liberté d’expression et la sécurité.
Peu importe les dictionnaires choisis pour expliquer la Démocratie et l’État de Droit. Tous commencent par les deux mots ultra-sacrés: « Respect et Liberté ».
Respect de l’autre et liberté d’exprimer ses opinions;
Respect de la dignité humaine et liberté de se choisir les dirigeants; etc.
Les concepts de Démocratie et l’État de Droit, aussi inépuisables soient-ils, s’accordent sur une chose: tout citoyen a DROIT de dire NON.
La vie politique en Guinée continuera-t-elle éternellement d’être réglée par le mensonge et la haine de l’autre ?
« La Guinée ne peut en effet être bâtie ni sur l’impunité, ni la haine et encore moins sur la vengeance. Elle ne peut non plus s’édifier dans la méfiance et la suspicion réciproque : d’où la réconciliation s’impose comme l’unique rempart pour sauver le pays de la destruction par ses propres fils et filles».
Dr. Mamadou Diallo, MD Membre de l’ANDD et Guinea-Forum pour www.guineeactu.com
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