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Plongés dans le cycle de douleurs permanentes qui constituent l’obstacle à la réalisation du rêve de 1958, les Guinéens ont vécu des moments d’une histoire intense au dénouement funeste en janvier et février 2007. A l’occasion du premier anniversaire de ces douloureux événements, il n’y a aucune raison, aucun motif, mieux encore, aucune agitation ou précipitation ne peuvent contrarier, à plus forte raison s’opposer à la célébration de cette journée de souvenir et de mémoire. C’est pourquoi, j’invite personnellement Madame l’ambassadrice à éviter d’introduire la chancellerie dans le jeu des opportunistes tel que celui du Président de la CAGF qui confond tout en ce moment en tentant de se servir de sa couverture pour mener sa lutte contre ses adversaires. Seul l’intérêt de la Guinée et de ses populations doit primer sur des considérations d’ordre personnel, si noble soit-il ! Or, face à la commémoration du premier anniversaire de la tuerie barbare de nos fils et compatriotes les 22 janvier et 9 février 2007, il ne peut pas y avoir une autre position que celle d’une manifestation unitaire. L’on comprendrait très mal que l’ambassade accepte une sorte de contre-manifestation mal inavouée, mais relevant malencontreusement et inconsciemment de la stratégie de ce triste personnage. Si ce principe sous-tend la vision et l’action de l’ambassade, il serait un acte hautement patriotique que Madame l’ambassadrice annule la réunion programmée aujourd’hui, 26 janvier 2008 et qu’elle invite tous ses invités à rejoindre leurs compatriotes à la Place de la République pour, qu’ensemble et de manière unitaire, nous célébrions dans la dignité et le respect de la mémoire de nos jeunes héros, le premier anniversaire du carnage dont l’identification des responsables tardent à s’effectuer. Ces enfants, qui sont prématurément et précocement arrachés à la vie, sont l’expression du patriotisme. Aucun d’entre nous, les survivants, ne peut mieux aimer la Guinée plus qu’eux. Ils ont donné leur vie pour la Guinée comme Jésus Christ avait donné la sienne pour sauver l’humanité. Ils ont éveillé un nouveau sentiment en nous qui trace une nouvelle voie qui conduira immanquablement à la transformation de notre beau pays en un havre de paix. Alors Madame l’ambassadrice, le regard de nos jeunes héros et leur esprit qui n’a pas connu le repos qu’il mérite nous fixent tous. Faisons de cette journée, celle de leur repos éternel. Vous et votre personnel êtes invités à la Place de la République où nous vous attendons à 14 heures précises. Merci de clore le malaise dont on veut vous rendre responsable dans le milieu guinéen de France en annulant cette réunion qui ne commande ni urgence, ni précipitation. Jacques KOUROUMA jacques.kourouma@yahoo.fr
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