mardi 6 octobre 2009
Apocalypse new : « autopsie d’un système criminel »
Abdoul Baldé

La tragédie du stade 28 Septembre 2009 à Conakry rappelle étrangement celle de Juin 1944 à Oradour-sur-Glane où les Nazis avec des lances flamme brulèrent vifs 642 innocents dont 210 enfants enfermés dans une église. A Conakry, des manifestants enfermés dans un stade sont massacrés à l’arme automatique. Les époques sont différentes, mais les méthodes et les buts visés sont semblables : des centaines d’innocents presque déchiquetés.

 

La bestialité du régime DADIS avec ses assassins drogués, a atteint son paroxysme. Le massacre [de plus de 157 citoyens et plus de 1200 blessés] illustre cette bestialité. Cette boucherie préméditée avec des grillages électrifiés pour la circonstance, a été un guet- apens horrible visant à faire le plus de victime possible. Des enfants poignardés sous le regard de leurs parents, des femmes violées et ensuite égorgées, vraisemblablement à l’instigation du clan Dadis-Moussa KEITA .

 

Avec DADIS, on peut simplement dire que la réalité a dépassé la fiction. Car rien ne peut justifier un tel acte, qui est un « crime contre l’humanité ». Dès lors, il est aisé de comprendre pourquoi, le Pr Ansoumane DORE dans une de ses sorties sur la toile écrivait à juste titre : « Je crois que ceux qui ont effectivement exercé le pouvoir politique en Guinée, jusqu’ici se sont comportés comme des hommes primitifs. La possession du pouvoir politique a tout annihilé dans leurs têtes y compris le pourquoi du pouvoir : qui y touche, crève, voilà la devise inscrite sur leur blason ».

 

L’acte de massacrer des innocents est monstrueux. Ce qui démontre que les monstres Guinéens sont décidés à se maintenir au pouvoir, même au prix du génocide, quitte à régner sur un cimetière. La liberté et la vie du Guinéen n’ont plus aucune importance pour DADIS et ses amis du CNDD. Après avoir échoué à une tâche, qu’il n’était d’ailleurs pas à mesure d’assumer, ils veulent briser les guinéens en tant que peuple, par leur jeu criminel tribal. Nous sommes donc là véritablement au cœur du problème guinéen.

 

Le Capitaine Dadis est un dégénéré qui dirige le pays, avec un vide intellectuel sur fond de terreur digne du moyen âge. Pour tuer de la sorte en souriant, sans la moindre culpabilité, il faut ne pas se mettre à la place de l’autre, ne pas se représenter ses souffrances, contenir son empathie, pour ne partager que les valeurs de son groupe criminel. Ce n’est ni dans la maladie mentale d’un individu, ni dans un trouble familial qu’il faut chercher l’explication de ces massacres, c’est dans le bonheur de se soumettre à une folie culturelle. Car, l’exercice du pouvoir en Guinée se fait toujours avec la culture de la violence extrême. Le fameux CNDD qui prône la Démocratie et le Développement en théorie jusque dans son sigle, confirme par ses menées actuelles, qu’il n’a jamais été favorable ni à la Démocratie [avec l’existence d’un Etat de droit] ni au Développement.

 

L’horreur et la barbarie qui ont prévalu lors de ses évènements tragiques doivent être sanctionnées, pour en finir désormais avec l’impunité en Guinée. Car, c’est connu l’impunité entraine la récidive. Feu, Williams SASSINE en 1984 dans une des ses chroniques assassines écrivait :- « Vous vous croyez libres, mais vos bourreaux se pavanent partout ».

 

On voit donc que DADIS et ses sbires sont des criminels récidivistes, c’est dans leur nature. Rien ne les affecte, ni les épreuves, ni tout ce qui, chez les autres est sujet d’affliction. A savoir, les échecs, la jalousie, la colère, les frustrations, la vengeance, la dépression… coulent sur eux comme l’eau sur les plumes du canard. Et pour cause, ils ont toujours trouvé des boucs émissaires pour leur renvoyer leurs propres responsabilités.

A charge pour eux de se débrouiller quitte à en payer le prix fort. Oui ! DADIS est ainsi, telle est sa vraie nature, il est de ces hommes qu’il est dangereux de soutenir, sauf si on le ressemble.

 

Depuis l’indépendance, le parcours de la Guinée est jonché de cadavres d’innocentes victimes, par la volonté satanique d’un « SYSTEME CRIMINEL ». D’ailleurs, DADIS lui-même à sa prise de pouvoir, nous avait édifié en disant : - « J’ai deux modèles les Présidents Sékou Touré et Lansana Conté, pour leur service rendu à la Guinée ».

 

Il fut un fidèle serviteur de Lansana Conté [pour preuve son implication personnelle dans les tueries de Janvier-Février 2007]. Or dans un pays comme le notre, les serviteurs singent le Chef en copiant surtout ses défauts, lesquels pour tout arranger, après quelques années d’autocratie incontrolée, sont à peu près tout ce qui surnage de ses traits de caractère. De sorte qu’en dehors des violations impunies des règles de la vie en société (code penal), les hommes et femmes du Président, Ministres ou Valets se sont accoutumés à trouver scandaleux d’avoir à payer leurs crimes patents ou même à les reconnaitre comme le fait actuellement DADIS. La déliquescence de tous les pouvoirs mais surtout du pouvoir judiciaire aggravée jusqu'à la catalepsie, parachève l’individualisation du pouvoir et l’impunité de ses protégés.

 

Aujourd’hui, dans leur malheur, les Guinéens réalisent avec les évènements du 28 septembre 2009, qu’il ya désormais deux camps bien distincts : d’un côté, l’immense majorité aspirant à la liberté, la sécurité et le progrès ; et de l’autre, une poignée d’arrivistes avec une culture de la violence inouïe [dont l’incarnation militaire est le CNDD] et qui est prête à toutes les ignominies pour confisquer le pouvoir.

 

Il ne fait plus l’ombre d’un doute, que DADIS pousse la Guinée vers un précipice. Avec le renfort de ses soutiens. Il se bande les yeux et joue de la musique douce sur les cordes de l’appareil de désinformation. Puisqu’il a déjà trouvé ses boucs émissaires, à savoir « les forces vives » et de surcroît il qualifie honteusement ses massacres « de dérapages malheureux » en espérant s’en tirer à bon compte et en sollicitant la formation d’un Gouvernement de Transition Nationale.

 

Aujourd’hui, notre priorité c’est de récupérer la dépouille de toutes les victimes, pour leur donner une sépulture digne de la cause pour laquelle elles ont été assassinées. Actuellement, les véritables enjeux sont d’une part, la formation d’un « Gouvernement de Rupture Nationale », et d’autre part, la tenue des élections crédibles et transparentes dans un délai raisonnable.

 

En définitive, il nous appartient de poser dès maintenant, les jalons de la « rupture » en tournant le dos à plus d’un demi-siècle de tragédie. Dans le cadre de ce tournant historique, cet autre 28 septembre, doit prendre la voie de la Démocratie et du Développement en s’attaquant inévitablement à tous les maux qui ont miné la société Guinéenne. Que chacun se rende compte, qu’il serait fatal de rater encore l’orientation de notre destin

 


Dr Abdoul Baldé, Rouen

 

 

www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Saran diallo molelouma, vendredi 9 octobre 2009
je pensais qu`on dit Apocalypse NOW et non NEW. Je vous remercie.
Youssouf Bangoura, mardi 6 octobre 2009
Merci mr Diallo pour ces belles propositions, mobilisons nous pour que ces criminels et leur chef soient pousuivis, arretés et condamnés. Surtout ne plus reculer, ne plus donner le temps à ces bandits de reprendre la situation. Soyons fermes et exigeants.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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