lundi 21 janvier 2008
Ansoumane Doré réagit à l'exposé de Sidoux Barry
Ansoumane Doré

Alpha Sidoux BARRY réalise un corps de suggestions et de propositions solides auxquelles j`adhère et auxquelles, je pense, chacun tentera d’apporter des compléments pour le rendez-vous que les Guinéens veulent se donner. En attendant de m`y atteler, comme réactions immédiates au « corpus » d`Alpha Sidoux BARRY, voici une ou deux remarques de peu d`importance:

·        La constitution d’un Gouvernement d’unité nationale de transition pour une durée maximale de dix-huit mois? Cette durée me paraît courte car les problèmes guinéens sont pour l’essentiel de nature structurelle et non conjoncturelle, par conséquent le facteur temps doit s’imposer à nous avec force dans les recherches de solutions à nos problèmes. Un Gouvernement de ce type doit disposer de temps pour non seulement l’apprentissage du travail en commun de l’équipe de ses membres mais aussi pour pouvoir fixer des axes solides d`orientations et d`actions gouvernementales. Dans le cas de la Guinée, je ne vois pas un tel Gouvernement accomplir ce travail en moins de deux à trois ans. En effet, le travail à réaliser dans ce domaine ne devra pas apparaître comme une course de vitesse mais comme une course de fond. C`est à ce prix que ce Gouvernement d’unité nationale de transition aura des chances de succès.

·        Je ne vois pas bien le lien de remplacer le Comité Economique et Social (CES) par une Cour des Comptes. Dans une précédente discussion, BARRY soulignait l`inutilité du CES de Guinée et proposait sa suppression et je me suis déclaré tout à fait d`accord avec lui. En effet, un CES, où cela existe, est une assemblée consultative constituée des représentants de toutes les catégories socioprofessionnelles de la nation. Il rend des avis sur tout sujet d`intérêt pour la nation, sans être une structure gouvernementale comme en Guinée. Alors pourquoi demander de remplacer une telle assemblée par une Cour des Comptes?

      Celle-ci est une juridiction administrative à compétence financière seulement. Elle contrôle l’exécution des opérations financières de l`Etat et l’emploi des deniers publics. Il existe du reste, en Guinée, un "Ministère du Contrôle Economique et Financier et de l`Ethique" qui doit sûrement assurer des services d’un type d’une Cour des Comptes.  

·        Changer le nom de la Guinée et créer une capitale politique? Je rejoins ici la réaction d`Abdoulaye BAH des USA qui indique à juste titre que des pays africains ont changé de nom sans que ce changement ait été suivi de retombées positives: Congo-Léopoldville, Congo-Kinshasa, Zaïre, République Démocratique du Congo, pour le même pays qui ne semble pas avancer; Haute-Volta devenue Burkina Faso; Dahomey devenu Bénin. Tout cela ne paraît pas sérieux.

C`est vrai que dans notre cas, il arrive dans des conversations, on vous demande le nom de votre pays et à la réponse Guinée, l’interlocuteur ajoute: "Guinée Bissau?", ce qui, s’il paraît normal au Portugal, est vexant en France dont notre pays est une ancienne colonie. Donc même en France, il faut, le plus souvent, ajouter Guinée-Conakry. Dans certains milieux économiques et financiers, quand vous dites Guinée, l`interlocuteur a tendance à ajouter: « ..Equatoriale? ». C’est dire qu’effectivement, le déficit d’image dont est porteur aujourd’hui notre Guinée est criant, après avoir été la seule Guinée connue du continent africain jusqu`en 1975. Ce déficit d’image est lui aussi conséquence des cinquante années de gabegie et de cruauté que nous avons subies. Cependant, malgré tous ces aspects négatifs, il faut conserver le si doux nom de Guinée. Il fait partie de notre patrimoine et de notre identité même avant 1958 nonobstant son qualificatif de « française ». Le nom de guinéen est porté par les habitants de ce pays d’Afrique de l’Ouest depuis 1893, quand l’appellation Guinée française a remplacé celle de colonie des « Rivières du Sud » (1889-1891).

Ce n’est pas le nom du pays qu’il faut changer, mais les mentalités et le cours des choses. C`est ce qui redonnera une meilleure image de la Guinée. Cela est possible et vite dans un monde où des Etats considérés comme voyous ont en peu de temps, effacé la mauvaise image que l`extérieur avait d’eux. Quant à la création d’une nouvelle capitale politique, cette idée sans être prioritaire peut être une piste à creuser.

Ansoumane Doré
 

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Vos commentaires
diallo madiou, jeudi 24 janvier 2008
Merci de votre contribution Mr Doré, mon Dieu qu`on a besoin de gens qui reflechissent bien dans ce pays. Aujourd`hui l`heure aux debats qui meneront notre pays vers la democratie. Création d`un gouvernenment d`union national composé de la société civile et de tous les patis politiques (qui souheteront), qui organisera un debat national sur le passé et qui fixéra les voies de l`avénir, l`organisation d`élections libres et transparentes. l`venir de la guinée en dépend!
DIALLO, mardi 22 janvier 2008
C`est important cet article qui invite les guinéens à changer de mentalité et la façon de discuter pour notre pays.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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