mardi 17 novembre 2009
Ambassades guinéennes
Donzo Elhadj Aboubacar

Le moins qu’on puisse dire sur nos diplomates et leurs personnels locaux, c’est qu’ils ont faim ; ils ont très faim !

Pour survivre, ils sont prêts à tout, usant de leur immunité, pour faire du n’importe quoi !

Faisons un tour de certaines missions diplomatiques :


Tripoli, grande jamahiria arabe libyenne
, socialiste et populaire :

Au pays de tonton Mouammar khadaffi, nos diplomates sont des tenanciers de maquis clandestins et des vendeurs d’alcool.

Ils le font à leurs risques et périls, car la police diplomatique du guide, ne blague pas.

Vous êtes libre d’aller acheter votre consommation en alcool à Jerba, Bengarden ou Sfax, sur le territoire tunisien, mais en respectant les conditions suivantes :

1-  Vous ne devez prendre que la quantité écrite et déclarer aux services du protocole des affaires étrangères (wazaratoul kharijia). Tout dépassement constitue la fraude.

2-  Vous n’avez pas le droit de vendre, ni consommer hors de votre résidence ou donner à un Libyen ou une tierce personne.

Le non respect de ces consignes constitue une grave violation de la loi et la conséquence, c’est la chicotte.

Les diplomates pris en flagrant délit son normalement chicotés, tout leurs biens saisis et renvoyés dans leur pays.

La Libye a raison parce que personne n’acceptera que les lois de son pays soient violées par des étrangers, diplomates fussent-ils.


Abuja, Bamako, Accra :

C’est encore vilain ; ils sont des hommes d’affaire. A Abuja aucun diplomate n’est à son bureau, après dix heures ; à Bamako, vu la proximité, ils sont transporteurs et d’autres ont même des taxis reliant Conakry à Bamako. A Accra, c’est plus vilain surtout quand on entend un diplomate dire « je n’ai pas de carburant ». Pourtant, personne ne l’a obligé de se payer une grosse voiture. Une voiture de six cylindres, en plus, qui consomme de l’essence avec une boîte automatique. Foutaise !

Je reviendrai sur le cas d’Accra très bientôt pour parler de la Coupe d’Afrique 2008.


Monrovia 
:

Chez Tante Hélène J., c’est très simple ; son excellence monsieur l’ambassadeur, a créé une société d’eau minérale, ADICO. Ces pick-up, direction à droite, sont visibles aux coins de rues de monstérado city. Congratulation, sir ! Pendant ce temps, l’aveugle attaché radio, multiplie les accidents de route, n’ayant pas sûrement, les moyens de se prendre un chauffeur. I am sorry, captain ! Au même moment, le consul et le conseiller qui sont en outre des voisins à leurs résidences, se déchirent et se cassent les gueules, pour….. ? Please, don’t fight for bobaraba !


Ab
idjan :

La perle de la lagune. Au bord de la lagune Ebrié, c’est plus dur, plus difficile. Une visite de quinze minutes m’a permis, il y a quelques mois, de constater les conditions de vie des fonctionnaires guinéens en Côte d’Ivoire.

L’ambassade de Guinée à Abidjan, grouillant de monde il y a moins de dix ans, ne ressemble plus à quelque chose. C’était le pôle de la sécurité extérieure de la Guinée.

Sur invitation d’un ami, je suis venu à Abidjan, participer à la réception des représentants des forces vives, de retour d’Abuja.

Après la cérémonie qui a eu lieu à la bourse du travail, nous sommes allés à l’aéroport Félix houphouet boigny, accompagner ceux qui devaient rentrer sur Conakry, le même jour.

Mon ami et moi nous sommes engouffrés dans sa voiture pour retourner en ville. Je devais retourner le même jour à Monrovia.

Mais Abidjan, c’est aussi chez moi, car ma maman en est originaire et j’ai la nationalité ivoirienne. Je suis donc un « OU », comme on le dit en Côte d’Ivoire de façon amicale. L’ambassade de Guinée et moi, c’est aussi une longue histoire, pour y avoir servi « officieusement ».

J’ai alors décidé de rester vingt quatre heures de plus, afin de visiter l’avenue crossons duplesis, sise dans la commune du plateau, siège de l’ambassade de Guinée.

Déjà j’ai été vu à l’aéroport par certains vieux de la communauté guinéenne, dont monsieur Félémou Pépé, avec lequel j’ai échangé quelques minutes.

Le lendemain, me voici à l’ambassade.

C’est la désolation ; aucun visage reluisant, tout le monde est crispé.

Tout le monde a faim !

Je suis reçu par Bangoura, un agent du personnel local avec lequel j'ai eu de bons rapports. Je l’appelle affectueusement « papa ».

Il est content de me revoir et me conduit dans son bureau. Automatiquement il aborde mille et un sujets à la fois, mais, je ne suis pas intéressé parce que je veux savoir pourquoi la mission diplomatique ressemble à une poubelle.

Monsieur Bangoura me comprend.

En effet, tout le monde est rappelé.

Donc, c’est le service minimum !

Je cherche à voir monsieur Kolié Jean Baptise, un autre membre du personnel local, devenu diplomate du CNDD.

Il est sage et respectueux comme toujours. Dans son bureau, nous conversons et il est content de me revoir. Je remarque que Jean Baptise, malgré son entrée forcée dans la cours des grands, garde sa bonne éducation et surtout son sens élevé de communication.

Il m’indique les bureaux du consul, mais je ne veux pas le rencontrer car c’est un gendarme et je ne sais pas pourquoi il est rappelé. Je ne connais pas aussi la nouvelle nomenclature de l’ambassade, donc la prudence est de mise. Rendre visite à cet homme peut lui créer d’autres ennuis, car je suis flic en exil et activiste. Lui aussi, il est flic. Ses ennemis feront vite d’amalgamer sur cette visite.

Je rentre chez mon collègue de la radio. Ouf, il est là ; pis il a pris du poids, mais je sens qu’il a faim. Il a faim car il ne vit que de son salaire.

Soudain, un parent de Dadis s’introduit dans son bureau. Il est guerzé. Il est militaire ou est lié à l’appareil militaire.

Il claque les pieds et se met au garde à vous ; il transmet un message non confidentiel à l’attaché radio et se retire.

Nous échangeons quelques minutes et il me demande aussi d’aller dire bonjour au consul et aux autres. Je ne veux pas pour les raisons évoquées plus haut.

Je prends alors congé des trois et ressort de l’ambassade avec pincement au cœur. Je n’aurai pas dû venir voir cette triste situation.

En reprenant les escaliers, un jeune malinké taquine l’agent guerzé et ce dernier répond ainsi : les soussous ont fait pour eux et c’est notre tour. Les guerzés doivent avoir plus de responsabilités en Guinée. J’ai eu envie de le gifler.

Le chef de la diplomatie de Moussa Dadis, au lieu des offensives diplomatiques, nomme ses parents aux postes diplomatiques. Si un mécanographe devient consul à Abidjan, nul doute que le chauffeur de Cécé sera ambassadeur à Monrovia, sa servante consul à Freetown, ainsi de suite.

Vive la Guinée !


Donzo Elhadj Aboubacar


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Lamine KOMAH, jeudi 19 novembre 2009
Je ne sais de quel ciel sont descendus les guineens. Quelle malediction qui s`abbat sur nous. Il n`ya aucun secteur en guinee ou l`on peut degager un ouf de aoulagement. Cette fois-ci c`est le tour des diplaumates, chasseurs de mouches. Depuis fort longtemps ce departement est transforme en domaine des affairistes. Des diplaumates hommes d`affaire qui ont reussi par tous les moyens et a tous les coups a faire partir leurs parents ou d`autres a l`etranger. J`en connais beaucoup mais je ne cite pas de noms. Mais c`est pas etonnant et ce n`est pas de nouveau en guinee. Depuis le temps de sekou cet affairisme diplaumatique a commence, devenu surtout inquietant au temps de lansana conte. Et si ca galere aujourd`hui cest la faute au departement. Nous sommes dans un pays
AHMED, mercredi 18 novembre 2009
je ne vois pas le sens de cet article. c plus un carnet de voyage qu` une piece d` info.si tu cherches a informer, tu te rends a conakry et cherches a placer la part de responsabilite des autorites. pour avoir plus de poids, tu aurais essayer par exemple de decrire comment les missions diplo de Guinee sont privees de salaire pendant des mois et des mois( 7 mois sans salaire etant la moyenne).tu manques d`objectivite et tes motifs sont questionnables. c` est dommage pour toute la nation que nos missionnaires aient recours a des pratiques nauseabondes et illicites. j` ai bien envie de voir des propositions concretes de reforme. fais le tour des departements concernes a conakry et fais ton article apres avoir essaye de trouver la cause principale du mal dont souffrent nos diplomates abandonnes a eux memes le clair du temps
Sanoussi Kaba, mercredi 18 novembre 2009
Encore DON QUICHOTTE qui continue, malgré tout, a croire qu`il est le prochain DADIS,toujours flanqué du drapeau guinéen.Le rêve,ça soulage quelques fois.
Aissatou diallo, mercredi 18 novembre 2009
Tout ce que vous denez de dire est vrais et, est connu de tous les guineens .Mais y a une chose que j`entend les gens dire je ne sais pas si c`est vrais ces diplomates peuvent rester 4 mois sans salaire et , la seule source de recette que je connais c`es le visa que l`on paye mais je sais seuls les patriotes conscients le font .Tout le mondde cherche a avoir une connaissance a l`ambassade pour eviter de payer.Donc prions un bon gouvernement et que les fonctionaires soient bien payees.Merci
m diallo, mercredi 18 novembre 2009
merci mr donzo aboubacar pour vos efforts a eclairer les guineens sur les situations de nos salles des prostitutions a l`etranger communement appelle des ambassades,c`est des realites a la guineenne,en effet personne n`a besoin d`aller a l`etranger pour constater ces realites la,il suffit just d`aller faire un tour dans nos celebres ministeres a conakry pour etre au courant que notre pays est completement malade,que voulez vous quand les cles du tresor et de la banque centrale de la republique se trouve au camp alpha yaya diallo dans les poches du chef autoproclame de la republique bananiere de la guinee ? une republique de tous les paradoxes,je crois la guinee est maudite sinon apres les colons,sekou toure,et lansana conte c`est ne pas cette bande de voyoux qui serait a la tete de la guinee,peut etre il faudrait aussi changer le nom du pays et meme le drapeau pour voir si la malediction va enfin nous quitter,je m`excuse c`est juste une suggestion de ma part.merci et a la prochaine.
samba barry, mercredi 18 novembre 2009
toi petit narco trafrican si tu rentre en guinée on alpague contitu a dealer dans la sous region seulement attention
Romeo Aramac, mercredi 18 novembre 2009
Cher concitoyen, Merci pour le descriptif et l`objectivité. J`ai également eu l`opportunité de visiter quelques unes de nos chancelleries. C`était choquant. Que Dieu sauve la Guinée de la médiocrité! Amen.
Diane, mercredi 18 novembre 2009
MERCI de ton ecrit tu mets la lumiere de tous ceux que nous ignorons de nos embassades. maleureusement que notre presi n`est pas interesse par le net. Bon courage etque nos embassades prennent prennent consciences apres ton passages chez certains d`entre eux.
ee, mercredi 18 novembre 2009
alors tu es un flic de victor traore?
soumaoro, mercredi 18 novembre 2009
Voila le genre d`articles qui nous manquent. Tu nous décris la réalité, loin des attaques ethniques qui sont la préference des médiocres. Je te conseille juste de ne pas citer les noms des cadres et leurs fonctions car le malade mental de Conakry peut les punir uniquement pour t`avoir rencontré . Merci et mes encouragements.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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