samedi 8 mai 2010
Amadou Diaby, Président de Foot Afric Management : «C’est le travail fait depuis des années qui est aujourd’hui récompensé par ce trophée»
Amadou Diaby

La semaine dernière Amadou Diaby, le président de la structure « Foot Afric Management » a reçu son prix de « Meilleur manager » de l’Afrique de l’Ouest. Dans cette interview, il revient sur les tenant et les aboutissant de cette distinction et parle plus de son parcours souvent jonché d’obstacles.

L’Indépendant : Quelle impression ça vous a fait de recevoir une distinction de meilleur manager du foot africain ?

Amadou Diaby : Ma première réaction est une réaction de joie. Donc, je suis très satisfait puisque c’est comme un enfant qu’on a envoyé à l’école en lui demandant de revenir avec le Bac. C’est le travail fait depuis des années qui est aujourd’hui récompensé par ce trophée. Je suis surtout satisfait pour la jeunesse guinéenne qui m’a beaucoup soutenu.

Pourquoi avoir dédié ce prix au président de la Transition?

Aujourd’hui, vous savez que tout le monde cherche le changement dans notre pays. Mais, il faut reconnaître que c’est le général Sékouba Konaté qui incarne ce changement. J’ai donc mis cet évènement à profit en Côte d’Ivoire devant tous les ambassadeurs des pays africains pour lui dédier ce trophée. Grâce à la détermination de cet homme, la Guinée va pouvoir faire des élections libres et démocratiques pour la première fois de son histoire. Donc pour moi, il était évident que si je reçois un titre de meilleur manager de l’Afrique de l’Ouest, il est à dédier au président pour le combat qu’il est en train de mener.

Il y a eu une forte mobilisation lors de cette remise à Abidjan. Quels sont ceux qui ont pris part à la cérémonie ?

J’étais moi-même surpris. On m’a fait passer le message par un de mes jeunes qui s’appelle Aly Badara Sagna. Il m’a dit la veille que les Associations des formateurs des jeunes footballeurs en Guinée sont en train de me réserver un accueil à l’aéroport. Ces jeunes apprécient beaucoup mon engagement pour eux à travers notamment les tournois de détection que j’organise chaque année. Donc, ils ont voulu me rendre hommage.

On vous voit de moins en moins du côté de la présidence de la République. Est-ce dire que votre rôle d’Ambassadeur itinérant a pris fin ?

Pas du tout. Moi, je reste toujours Ambassadeur itinérant. Sachez qu’un Ambassadeur itinérant, c’est quelqu’un qui est à l’étranger, c’est une personne qui cherche des investisseurs. Actuellement, il y a des investisseurs que j’ai amenés d’un peu partout. Il y a des investisseurs que j’ai amenés et qui sont en train de construire. Ils vont bientôt faire un hôpital militaire de cent vingt (120) lits. Je suis la personne qui apporte beaucoup plus de présidents de club qui arrivent ici en Guinée. Il ne s’agit pas d’aller s’asseoir, je pose des actes.

Amadou est perçu comme étant discret surtout pour ce qui est de la chose politique. Vous ne militez donc pas dans un parti politique?

Non, parce que moi mon parti c’est la jeunesse guinéenne. Moi, je me dis toujours que ce que cette jeunesse m’a tout donné et je suis passé par-là d’abord. Donc, je pense qu’aujourd’hui mon combat c’est de toujours aider les jeunes guinéens à être heureux. C’est pour les satisfaire que je suis en train d’évoluer du côté du sport et surtout en particulier le football. Je pense que la Guinée manque d’infrastructures. Donc, mon souci majeur est de contribuer au progrès des gens de mon pays. Je suis loin de la politique.

Revenons un peu sur la mutation que vous avez opérée en passant du showbiz qui vous a révélé au public, en tant que promoteur culturel, au football comme agent de joueurs. N’est-ce pas là un revirement?

Oui, cela s’explique par l’amour que j’avais pour le football comme tout enfant africain. Je jouais très bien au ballon quand j’étais jeune. Mais ce qui m’a le plus motivé à jouer le rôle de manager est lié à l’histoire d’un jeune guinéen qui était abandonné en Belgique par un agent. Ce jeune qui n’avait pas où aller m’a croisé. Il m’a expliqué son problème auquel j’ai été très sensible. J’ai reçu le jeune chez moi à Bruxelles. J’ai fini par le convaincre de revenir à Conakry. Aujourd’hui, le jeune est devenu transitaire. Voici donc le déclic à ma nouvelle vocation. Aussi, il est évident que la Guinée n’avait pas d’agent recruteur FIFA de la trempe de Pape Diouf, Basile Boli, etc. Il fallait donc combler ce vide pour la Guinée. C’est ce qui m’a donné aussi le courage de venir assimiler pour pouvoir défendre les intérêts des Guinéens.

Amadou Diaby n’a pas que des amis et vos détracteurs tentent parfois de vous mêler à des scandales comme des affaires de joueurs en fuite en Europe, etc.

On ne peut rien contre les détracteurs. Ainsi va la vie. Mais ce que Dieu a donné, l’être humain ne peut rien contre. Chaque fois que j’ai fait le tournoi de détection en Guinée, c’est dans la transparence. Donc, je ne peux pas tricher en abandonnant les gens. Ces tournois sont toujours médiatisés par la presse nationale et internationale, et même parfois parrainés par l’ambassadeur de France. C’est dire que je ne peux pas aller abandonner les jeunes guinéens en Europe. Mais, il y a des gens qui sont jaloux suite à notre séparation. Donc, ils ne gagent plus de profits avec moi. Ils cherchent donc à m’abattre.

Comment se porte aujourd’hui votre club le Baraka FC dont vous êtes le manager général?

Le Baraka se comporte très bien parce qu’on a été éliminé au deuxième tour. Après six mois à la tête de ce club, j’ai un bilan très positif. Ce club jouait toujours au bas du tableau. La première fois dans l’histoire que ce club joue le haut du tableau. Non seulement le club a pris la Coupe nationale, mais il s’est qualifié pour la Coupe de la CAF. Il y avait plus de 15 ans que la Guinée n’avait pas participé au deuxième tour de cette compétition. Actuellement, nous sommes deuxièmes du classement dans le championnat national. C’est la preuve que le Baraka se porte bien.

Amadou Diaby est-il un homme riche?

Non! Amadou Diaby n’est pas un homme riche, mais Amadou Diaby est riche dans la tête. Amadou Diaby est quelqu’un qui a assez de rêves, et qui en a fait une réalité. C’est-à-dire que je suis un homme qui travaille beaucoup, qui pense et qui veut donner le bonheur à la jeunesse. Donc, je suis riche dans la tête. Mais, sur le plan matériel je ne suis pas riche.

Quelles sont vos perspectives en matière de business à court, moyen et long terme ?

D’abord, il faut reconnaître que je suis un homme d’affaire avant d’être ambassadeur. D’ailleurs, c’est un titre que j’ai accepté avec beaucoup de respect. Comme je l’ai dit tout au début, je fais venir des investisseurs et j’incite d’autres à venir investir dans notre pays.

A un moment donné Amadou Diaby était très proche du PDG de GETMA Guinée. Il avait même ses bureaux là-bas, mais aujourd’hui on a l’impression qu’il y a eu un divorce. Qu’en est-il à ce niveau ?

Je n’ai jamais voulu m’exprimer sur ce sujet, mais je crois que je vais pouvoir y mettre un terme. Les Guinéens m’ont connu avant tout promoteur artistique qui a amené de grands groupes ici. C’est le cas de Koffi Olomidé, Wengué Musica, etc. Je me suis toujours débrouillé, je me suis toujours battu tout seul. En 2005, Jean Jacques Grenier m’a appelé parce qu’il voulait me voir. Il m’a dit qu’il aimait bien ce que je faisais. J’ai accepté volontiers parce qu’il est avant tout l’ami à mon père. Donc, moi que tout le monde connaît, je n’ai jamais eu de problème avec quelqu’un en Guinée. Je l’ai mis dans le milieu du Football parce qu’il vivait discrètement en Guinée. Personne ne le connaissait. Il a fallu que je l’amène dans le milieu du football. C’est-à-dire que je l’ai lancé dans le milieu du football. Je lui ai permis d’être connu par la jeunesse guinéenne loin de chez lui en France. J’ai essayé de l’aider parce que c’est moi encore qui je suis allé avec lui au stade Geoffroy Guichard pour le montrer pour la première fois au public français. J’ai également présenté à beaucoup d’autres personnalités en France. Je suis content aujourd’hui que la plus part des gens qui travaillent avec lui dans le milieu du football soient mes collaborateurs. Maintenant, moi j’évolue de mon coté et je ne pouvais pas marcher avec quelqu’un qui ne veut pas mon évolution. Ils sont même allés plus loin en m’accusant d’avoir abandonné en Europe un enfant qui s’appelle Amara Camara. Il est vrai qu’on est séparé aujourd’hui et chacun évolue de son côté. Aujourd’hui, je fais ce que je peux pour mon pays. Je resterai en Guinée et moi je ne partirai jamais de la Guinée.


Propos recueillis par Kadiatou Barry
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
 

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Vos commentaires
beka, dimanche 9 mai 2010
Bravo Mr Diaby et felicitation pour ce prix bien merité. Tu es un symbole pour la jeunesse guineenne. courageux, entreprenant, bosseur et certainement honnete. continues tes efforts pour le bien etre de tes compatriotes car nombreux sont les personnes qui t`admirent et suivent avec attention tes differentes realisations.
TANIKO, dimanche 9 mai 2010
un petit activiste analphabete et arriviste quin`a aucun contenu.ce sont des personnes de cet accabit qui encadrent Sekouba et qui sont nos itinerants pour vendre la Guinee ,qu`ils ignorent et meprise.Ce qui les interesse c`est de piller le pays .
A. Diallo, samedi 8 mai 2010
Cette interview ressemble beaucoup a celles de Dadis apres son prix de "l`UNESCO". Memes organisateurs?

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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